Je ne répèterai jamais assez combien j’aime les livres-objets, ceux dont on admire à la fois la forme autant que le fond. L’Atelier In8 a eu l’ingénieuse idée de faire paraître un coffret de quatre nouvelles sous la forme de dépliant. Le « recueil-coffret » s’intitule Travelling et pour cause : le coffret se déplie et offre une sorte de panorama livresque. A l’intérieur, quatre nouvelles, signées par des auteurs offrant quatre univers fort distincts : Anne-Marie Garat (La diagonale du square), Frédéric Villar (Habana, tangente), Claude Chambard (Allée des artistes) et Olivier Deck (La voie ferrée) que je ne vous présente plus. Point commun de ces quatre nouvelles : ancrer le récit dans […]
Quand on demande à Tarun Tejpal pourquoi il écrit des romans, l’auteur répond : « La presse travaille à grands traits, elle simplifie, elle décrit vite, elle réagit à l'événement. La littérature montre le terreau qui voit naître l'actualité, elle peut entrer dans la psyché d'un meurtrier. Elle rend l'existence de chacun plus riche, plus émotionnelle, plus compliquée. La littérature arrive à montrer qu'un assassin est aussi une victime, que le pire d'entre eux a été innocent un jour. Qu'un oublié d'une caste pauvre possède une personnalité, une subjectivité aussi complexe qu'un homme de pouvoir, que les deux sont à égalité en humanité. Seulement, pour arriver à décrire de façon juste, […]
L’éloge funèbre est un genre littéraire à part entière pratiquée depuis toujours. Exercice délicat, il peut vite verser dans le larmoyant. Bossuet est parvenu à écrire des éloges pathétiques et maîtrisés. Bien plus tard, Albert Cohen a rendu un magnifique hommage à sa mère disparue dans Le Livre de ma mère. A son tour, et dans un tout autre genre, Marc Pautrel s’est essayé à l’éloge d’un être disparu, un être cher : son oncle. Dans L’Homme pacifique (Gallimard), l’auteur veut rendre hommage à un homme né en 1926, et mort d’un cancer, veuf et sans enfant, 80 ans plus tard. Un homme argenté et pourtant qui a voulu vivre chichement car « il ne sait pas dépenser. Dans sa jeunesse, ses […]
Ne vous fiez pas à la douceur de ce prénom, Róża, ce premier roman de l’écrivain polonais, Hubert Klimko est d’une cruauté extraordinaire. Il dépeint une maison de retraite telle que l’on ose à peine se l’imaginer dans ses pires cauchemars : vieillards abandonnés dans leurs excréments, violentés voire violés par du personnel malveillant… Tout cela pue le rance, le vieux et la mort. Et pourtant, le narrateur sait titiller notre curiosité malsaine, lui, jeune aide-soignant, qui assiste hébété à toutes ces horreurs et qui tente de son côté de prodiguer les meilleurs soins pour ses protégés. Au lieu de démissionner, il persévère et découvre les différents services : celui des vieillards […]
Certains me demandent régulièrement pourquoi je n’évoque jamais la poésie sur ce blog. C’est vrai. En partie. Quand j’en ai l’occasion, je le fais, et avec plaisir. C’est le cas aujourd’hui avec un roman, écrit comme un long poème en prose : Liquide de Philippe Annocque (Quidam éditeur). Liquide, c’est la métaphore filée de ce flux vital que l’on retrouve à la fois dans notre corps et dans la nature et qui traverse d’un bout à l’autre le livre. Dans de courts chapitres, semblables à de petits poèmes (à la ponctuation adéquate), le narrateur observe l’eau qui coule, se souvient de son enfance, de ses parents, de son premier amour, Alexandrine, puis de Suzanne et de ses enfants : -l’eau […]
Mexicali city blues est le troisième roman de la nouvelle collection de polars « ¾ ». L’auteur est encore Gabriel Trujillo Muñoz. C’est ce qu'on pourrait reprocher aux Allusifs : publier un seul et même auteur pour lancer une collection. On aimerait plus de diversité… Je crois savoir, de source sûre, qu’en automne paraîtra encore un roman de Gabriel Trujillo Muñoz mais qu’il sera suivi d’auteurs italiens, mexicains… Je les attends avec impatience car l’idée est intéressante : écrire des romans autour d’une intrigue policière, mais décrivant une société plus ou moins corrompue. On retrouve cette atmosphère délétère également présente dans les romans de Castellanos Moya, auteur publié […]
Les Allusifs que je suis toujours avec beaucoup d’intérêt viennent de lancer une nouvelle collection, consacrée aux polars, et baptisée « ¾ polar ». Parce que, à vrai dire, il ne s’agit pas vraiment de polars… un peu, mais pas à 100%, d’où le titre. Les trois premiers titres sont parus en même temps et proviennent d’un seul et même auteur, un certain Gabriel Trujillo Muñoz. L’homme a exercé la médecine comme un hobby, considérant l’écriture comme sa véritable profession. Auteur de poèmes, essais romans et critiques littéraires, il est traduit en Italie, Espagne, Allemagne et désormais en France. Dans les trois petits romans (de moins de 90 pages), on retrouve Miguel Angel Morgado, le […]
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