Très sensible au temps, et aux intempéries, c’est dans la lecture que je trouve une échappatoire, un réconfort. Fugue d’Anne Delaflotte Mehdevi (Gaïa) est une bulle de douceur et de tendresse qui m’a aussitôt fait penser aux livres de Marie-Hélène Lafon. Clothilde mène une vie bien rangée auprès de ses quatre enfants, son mari et son chien. Pour s’occuper de sa progéniture, elle ne travaille pas… Tout semble réglé, ordonné. Ne vous attendez pas à l’arrivée d’un bel inconnu, ce n’est pas l’objet du livre ! Un événement, la fugue expresse de sa fille Madeleine, lui provoque un tel choc qu’elle en perd sa voix. Elle rencontre un phoniatre qui tente de l’aider et trouve la solution par le […]
Il y a quelques jours, Ph.J. m’interpellait ici pour défendre Virginie Despentes, affirmant que « Baise-moi est une merveille de style, qui enfonce tout ce qui a été publié en France ces trente dernières années. » Vous avez bien lu : le meilleur roman français de ces trente dernières années. Pourtant, je viens de lire une petite « merveille de style » qui devrait sans doute aucun, remettre en cause ces propos catégoriques. Bien sûr, on me rétorquera que je triche, je propose un roman dans une veine bien classique. C’est vrai, sous la plume de Romain Verger, on retrouve Flaubert, Rimbaud, Alain-Fournier, Michaux… Souvenez-vous, Grande Ourse est un roman qui m’avait émerveillé… Sa beauté […]
Étant très occupée par diverses activités littéraires ces derniers mois, je prends moins le temps hélas, de passer du temps, avec vous, sur ce blog. Mais aujourd’hui, il me semble important de sortir de ma tanière pour vous faire part de mon agacement… Eh oui, cela faisait longtemps ! En septembre, j’ai lu le dernier roman de Virginie Despentes, Apocalypse bébé. J’ai trouvé une certaine énergie dans les premières pages, sentiment qui remettait en cause un premier jugement que je m’étais forgé de cet auteur après avoir lu, consternée, Baise-moi il y a quelques années. Tout y était pauvre, dénué du moindre intérêt. Provocation gratuite, style plat. Bref, je ne m’étais depuis plus attardée […]
Comment vous dire combien Écrivains d’Antoine Volodine (Le Seuil) m’a touchée, émue, bouleversée ? Dans ce roman, l’auteur imagine des biographies d’écrivains maudits. Pour ceux qui ont eu la chance et le bonheur de lire en 2006, L’Ami Butler (de Jérôme Lafargue), je suis sûre que cette idée ne peut vous laisser indifférents. Ici, il n’est pas question de faire le portrait du « grand écrivain » avec tous les clichés sous-entendus. Volodine imagine des situations critiques, extrêmes qui ont poussé ces hommes et ces femmes à abandonner, de gré ou de force, leur activité, du moins aux yeux de la société. Ce sont des prisonniers, des malades, des mourants, souvent analphabètes. Pas un ne […]
Il est temps de revenir vers la littérature, avec un écrivain, trop peu connu, hélas, Jacques Abeille. J’ai découvert cet auteur il y a près de quatre ans, grâce à la revue Le Nouvel Attila qui publiait des extraits de son œuvre. La revue est aujourd’hui devenue une maison d’édition – Attila – et en cette rentrée, elle réédite Les Jardins statuaires, déjà paru en 1982 chez Flammarion puis en 2004 chez Joëlle Losfeld… Étrange destin éditorial, aussi étrange que son contenu même… Lorsque l’on découvre l’écriture dense et poétique de Jacques Abeille, on quitte immédiatement le monde réel pour se lancer dans une aventure imaginaire peuplé d’êtres étranges et de créatures merveilleuses. Dans […]
Difficile en ce moment d’animer régulièrement ce blog : je dois honorer plusieurs contrats éditoriaux, poursuivre mes activités à l’Éducation nationale… Toutefois, je reviens vers vous, non pas pour vous faire part de mes lectures (encore que… Cosmoz de Claro ou Écrivains de Volodine valent vraiment la peine d’être lus), mais pour évoquer une rencontre que j’ai faite avec les lecteurs de Thourotte lors d’une soirée autour du film The ghost writer et des nègres littéraires. J’ai été invitée pour parler du sujet. Non seulement la soirée fut fort bien organisée, mais la discussion qui en découla fut riche et passionnante. Les jours qui ont précédé cette rencontre ont été consacrés en […]
L’humour est un atout essentiel, surtout lorsque l’on fait un boulot ingrat. Souvenez-vous de Stupeur et Tremblements d’Amélie Nothomb (certains frémissent en lisant cette référence, mais je vous assure que c’est un roman très valable) : la narratrice, en stage, au Japon, exécute des tâches plus absurdes les unes que les autres. Elle parvient à survivre à cette expérience grâce à sa dérision. Nombreux sont les boulots qui méritent que l’on soit bardé d’humour pour ne pas s’effondrer dès les premiers jours. Prof, dans certaines banlieues, peut relever du véritable parcours du combattant. Il est des jobs plus ingrats, sans aucun doute, mais celui-ci m’est le plus familier. Hélas. Vous […]
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