Pour faire connaître les horreurs de l’Histoire, un auteur peut avoir recours à deux possibilités : le document ou la fiction. Le premier offre l’avantage de s’appuyer uniquement sur le réel et le second celui d’introduire une intrigue… Nombreux sont les auteurs qui ont ainsi choisi la voie du roman pour raconter un événement historique tragique en s’appuyant sur des faits précis en alliant à la fois histoire personnelle et Histoire collective. C’est le choix qu’a fait le journaliste et écrivain Loïc Barrière dans son récent roman : Le Chœur des enfants khmers, publié au Seuil. Avant d’ouvrir ce livre, du Cambodge, je n’ai en tête que quelques évocations vagues : Pol Pot, les Khmers […]
Je ne pensais pas vous parler de ce récit, Contact de Cécile Portier (coll. Déplacements, Seuil), non pas que je ne l’ai pas aimé, mais parce que sur le coup, il m’a laissée indifférente. Je l’ai lu sans déplaisir, mais je n’ai pas été particulièrement touchée par ce récit. Et pourtant… Cela fait plus d’un mois que j’ai refermé le livre, et je continue à penser encore à cette femme dans sa voiture, sur l’autoroute, voyant défiler les kilomètres et sa vie. Cette femme, dont on ne connaîtra pas le nom, et qui est peut-être l’auteur lui-même, mais peu importe ; cette femme donc hésite entre deux routes à prendre : celle qui la conduit vers un amant qu’elle vient de rencontrer et qui est […]
Il y a quelques heures à peine, j’ai appris le décès de FP Mény, l’auteur de Conquête du désastre (aux éditions Sulliver). FP Mény n’est guère connu du grand public. C’est un sans abri, un marginal. C’est la gendarmerie d’un village de Corrèze qui a averti ce matin l’éditeur de sa mort. Son corps a été retrouvé dans une grange : il s’y était sans doute réfugié pour se protéger du mauvais temps. L’auteur avait 43 ans. J’ai relu le livre avec un regard nouveau au vu de cette annonce. Conquête du désastre est un récit autobiographique mettant en scène le personnage FP Mény, sorte de vagabond errant de ville en ville, à l’affût de rencontres littéraires et d’expositions. Contrairement à ce […]
Jusqu’à présent, les éditions Sulliver se concentraient essentiellement sur les sciences humaines, depuis quelque temps, elles commencent à publier des fictions. C’est ainsi que j’ai découvert un texte d’André Bonmort, L’âge de cendre. Ce n’est pas un récit dont voudrait Bernard Fixot & Co, un récit qui emporte les foules, les faisant rire ou pleurer parce que non seulement le style relève de la prose poétique mais en plus, il n’y a gère de trame narrative. Il s’agit, je le répète, d’un récit, celui que l’humanité ferait aux hommes si elle en avait la possibilité. Elle observe ainsi ses enfants, devenus des êtres égoïstes, destructeurs, pollueurs et irresponsables. Les courts chapitres […]
Comme je vous l’avais signalé au moment de la fête du Printemps des poètes, je connais peu la poésie contemporaine. Une âme généreuse a entendu ma parole et a eu envie de me faire découvrir un très bel auteur en la matière : Ariane Dreyfus, qui vient de publier au Castor Astral un recueil de poèmes intitulé : Iris, c’est votre bleu. La fleur, c’est l’homme, et plus précisément son sexe qui s’ouvre et qui éclôt au contact de son amante. L’amour charnel s’inscrit dans le temps et l’espace. Il est à la fois union des corps et de union de l’être à l’univers. Il est enfin une réconciliation entre soi et l’Autre : Je te serre dans mes bras la nuit commençant. Serrer, mais non, Trop sombre […]
Il y a quelque temps, je vous racontais que j’aimais beaucoup griffonner dans mes livres, souligner les passages qui me plaisent, noter des idées sur la page de garde… Ce plaisir n’est guère possible avec les éditions Finitude. Donner un coup de crayon à de si beaux livres serait un crime. Le plaisir réside cette fois dans le toucher du beau papier, l’observation des illustrations… Au lieu de prendre des notes, j’ai glissé des morceaux de papier en guise de marque page dans le très esthétique livre de Jean-Pierre Enard, La reine du technicolor. Après réflexion, ce n’est guère pratique et j’aurais mieux fait de me munir, comme l’a conseillé Thierry Richard, d’un carnet pour y consigner […]
Je devais rencontrer David Descamps il y a plus d’un mois pour une interview, en tête à tête, à l’occasion de la sortie de son premier roman, L’Apéritif des faibles, publié chez les Allusifs, mais au dernier moment, j’ai eu un empêchement. N’habitant pas à Paris et après avoir fait une émission pour France Culture (« A plus d’un titre »), l’auteur a dû rentrer le soir même à Marseille. Je lui ai donc proposé un échange par mail. Il a eu la gentillesse non seulement de répondre à mes questions mais surtout de prendre le temps de les développer. Avant de vous proposer l’interview, quelques mots sur L’Apéritif des faibles : En apparence, il s’agit d’un roman autobiographique : l’auteur […]
Derniers Commentaires