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Anne Sophie Demonchy
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Mercredi 30 janvier 2008

Lundi, j’ai déjeuné avec Christine Spadaccini, l’auteur d’Existe en ciel, publié chez [Mic_Mac]. Le rendez-vous était pris : Bastille. Autour d’une bonne soupe chaude, l’auteur a bien voulu me faire découvrir son univers.

Je n’ai guère pris l’auteur en photo. Eprouvant quelques remords, je lui ai demandé de m’en envoyer. Mais Christine Spadaccini préfère le rêve et la poésie à la crudité du réel : « Plutôt que des photos de ma trombine que j'ai en petit nombre parce que je fuis les objectifs, que dirais-tu d'une série de photos qui relèvent plus d'une recherche artistique même si elles évoquent bien mon univers présent (j'habite dans le passé, chez ma grand-mère !) entre nostalgie et poussière et procèdent un peu comme l'écriture : sublimer le quotidien et le pas beau, trouver une dimension onirique à la triste réalité ! »

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Tes nouvelles foisonnent d’idées, tu mêles différentes histoires et types de documents si bien que l’on est un peu frustré parfois que tu ne t'étendes pas sur  davantages de pages.

En fait, je n’aime pas tellement les nouvelles, c’est mon éditeur qui m’a suggéré d’écrire un recueil puisque j’avais gagné un concours de nouvelles. Mais je préfère écrire des romans. J’en ai trois de prêt. Je suis une avaleuse d’histoires. Je retiens des trucs de tous les jours qui me servent ensuite dans mes livres. Tu as bien senti cette frustration car c’est un peu la mienne.


J’ai beaucoup aimé « Pigalle et la fourmi » mais j’aurais aimé que l’histoire continue. On  sent que tu aurais voulu en dire plus.

Je n’aime pas connaître la fin d’une histoire, j’aime bien me lancer dans l’écriture comme ça. Mais du coup, ça s’étale. Comme je n’aime pas les personnages secondaires, il faut que je lui invente à lui aussi une histoire. Ce qui me frustre dans les nouvelles que je lis c’est que c’est trop linéaire. Il n’y a pas assez de personnages ni de situations. Moi j’aime des auteurs comme Patrick Chamoiseau et Garcia-Marquez qui sont des auteurs oniriques, qui partent d’une réalité pour s’en éloigner. A la fin, ce n’est même plus la réalité ! J’aime leur liberté avec le langage. Chamoiseau mélange le français et le créole, joue avec les mots. C’est un peu ce qu’on me reproche d’ailleurs de faire. On me dit que j’en fais trop. Mais j’aime bien m’amuser quand j’écris. 

 
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Quelles sont tes nouvelles préférées, celles où tu as pris le plus de plaisir à écrire ?

Peut-être les petites parce que justement, je croyais que je n’y arriverais jamais. Au départ, j’écrivais des textes très longs et je me disais que ce n’était pas des nouvelles. C’est le blog qui m’a permis de faire plus court. Je pensais aux lecteurs qui lisaient mes nouvelles sur le blog. Ca ne pouvait pas être trop long. De toute façon, je vais progresser en écrivant. Parfois des gens te reprochent d’écrire des textes trop longs mais moi j’aime bien déborder. Ca me fait plaisir d’en rajouter, de compliquer les choses.

 

Tu trouves que les blogs aident à écrire ?

Oui, le mien me permet de me corriger. Je veux y présenter quelque chose de créatif. Je veux y donner une image de mon écriture. Le blog m’incite à écrire.

 

Tu sembles souvent faire référence à des faits divers

Oui, je retiens des faits qui me choquent. La première nouvelle, « Existe en ciel » est inspirée d’un fait réel que j’ai après incorporé à des événements personnels ou pas. Par exemple, j’ai été jurée et je raconte cette expérience dans « Concerto pour la mineure ». Je me compare souvent à une éponge. On s’en prend tellement plein la gueule dans la vie que je digère tout ça et j’en fais des histoires sans que le lecteur puisse distinguer le vrai du faux ensuite. Je relie des événements. C’est ça qui me plaît dans la littérature. Je n’aime pas les histoires linéaires, j’aime bien croiser des événements, des personnages… J’ai donc été jurée en 1996. Je ne pouvais pas raconter ça comme ça, ça n’a aucun intérêt. Il fallait qu’il y ait plein d’autres événements autour pour rendre l’histoire intéressante.


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Comment écris-tu ?

En général, j’écris une phrase et toute l’histoire se déroule et se met en branle d’un coup. Je ne fais pas de plan, j’écris tout d’un bloc. Par exemple, j’étais témoin d’un accident piéton que je raconte dans « Existe en ciel ». Ca m’a traumatisée. Mais l’écrire comme ça, abrupt, ce n’était pas possible. Il a fallu du temps pour que ça sorte. Parce que si tu racontes comme ça « j’ai vu un camion écraser quelqu’un », ça ne se dit pas, c’est plat. Il faut trouver la façon de le raconter. Ensuite la référence au tee-shirt, c’est en feuilletant un catalogue que j’ai vu un coloris : « existe en ciel ». Quand toutes les idées se mettent ensemble, par association d’idées, je peux écrire ma nouvelle.


Est-ce que le fait d’être traductrice (anglais et espagnol) t’aide à écrire ?

Oui, ça me donne une discipline. Il faut que je me corrige en permanence. Souvent je me dis que l’auteur pourrait en dire plus, qu’il développe davantage ses idées. En anglais, les répétitions sont nombreuses, ça m’oblige à trouver des synonymes. Ca te fait travailler ta langue.

 

Quels sont tes projets ?

Je suis en train de relire et corriger deux romans sur la Colombie et un sur les Etats-Unis, pays où j’ai passé du temps. Le dernier évoque ma grand-mère. Finalement, je n’aurai pas vécu pour rien !

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par Anne-Sophie publié dans : Rencontres
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Lundi 28 janvier 2008

Sans-titre-1.gifChristine Spadaccini est l’auteur d’un recueil de nouvelles, Existe en Ciel (publié aux éditions [Mic_Mac]), vraiment étonnant. Refusant de se plier aux règles du genre, elle aime raconter des histoires multiples, les croiser, mêler la narration à des lettres, des pages de blogs, des articles de presse. Elle nous surprend avec son style inimitable où elle prend un réel plaisir à jouer avec les mots et la syntaxe.

Dans une de ses nouvelles, « Terminaisons nerveuses », tandis qu’un de ses amis, à qui elle a présenté son manuscrit, veut absolument traquer les répétitions, se référer à la norme, elle, au contraire plaide la liberté de s’exprimer au gré des mots : « ces répétitions, ces allitérations, je les ai faites exprès, pour la musicalité du texte, parce que, à moi, ça me plaît d’entendre les mots chanter, chahuter, se répéter, bégayer, rebondir, jouer, se crier dessus, se marcher sur les syllabes, ça fait de la vie, du vent, du bruit, ça se lit à haute voix, ça se dit, les mots, ce sont aussi des sons… »
Cette nouvelle permet de définir le style du recueil dans son ensemble et la quête de Christine Spadaccini : « Ecrire, c’est offrir sa sensibilité. Parfois, elle en croise d’autres, c’est beau, c’est tout. Un texte, c’est une rencontre. Anodine, marquante, touchante, éphémère, durable, banale, vénale, amoureuse, violente, douce, qui peut le dire, le prévoir, l’écrire à l’avance ? »

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des livres
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Samedi 26 janvier 2008

Je ne voudrais pas me montrer rabat-joie mais les fautes d’orthographe dans les livres m’irritent au plus haut point. Bien sûr, je ne suis pas infaillible et il m’arrive (trop souvent, hélas) de ne pas me relire et de laisser quelques coquilles impardonnables sur mon blog. Mais lorsqu’il s’agit d’une publication papier, qui a fait l’objet de plusieurs lectures, je suis beaucoup moins indulgente. J’ai parlé plusieurs fois de ce problème avec des éditeurs et des auteurs et je me souviens notamment d’Emmanuelle Pagano qui m’assurait, que même après plusieurs relectures très attentives, il demeure toujours quelques fautes. Lisant constamment crayon en main, je ne peux m’empêcher de traquer la coquille. Que voulez-vous, ce doit être un réflexe de prof !

 

Les grandes maisons ont un correcteur chargé de relire les manuscrits puis les épreuves. Les petites n’ont pas toujours les moyens d’en payer un et le font elles-mêmes. Souvent, elles s’en sortent bien.

 

Il y a quelque temps, j’ai reçu un récit publié par une petite maison d’édition que je connais de nom uniquement. Je partais avec un a priori plutôt positif. La couverture n’est guère affriolante contrairement au choix de la typographie. L’auteur est un inconnu, il signe son deuxième roman, une sorte d’autobiographie sur son arrivée en France et les difficultés à s’intégrer.

 

C’est donc avec un certain enthousiasme que je me suis plongée dans cette lecture, crayon à la main. Hélas… dès la première page, mon attention s’est focalisée sur trois fautes énormes. Cela m’a aussitôt agacée. J’ai poursuivi la lecture mais la situation ne s’est guère arrangée. A la cinquième page, j’en ai recensé 7 ! Je ne lisais plus, je corrigeais… Très vite, et à regret, j’ai abandonné le livre.

 

Je trouve cette négligence terriblement néfaste non seulement pour l’auteur mais aussi pour l’image de la maison d’édition. Il s’agissait d’une œuvre littéraire, le lecteur potentiel aime donc les mots et s’attache à la syntaxe comme à l’orthographe. Se pénaliser pour un obstacle si facilement amendable, quel dommage !

par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine passe à la moulinette...
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Jeudi 24 janvier 2008
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Dimanche dernier, je me suis rendue chez Nathalie Cachin, une blogueuse très discrète qui pourtant, peut être fière de son parcours. Il y a un an, un certain David Abiker repère son blog « Chroniques parisiennes et d’ailleurs » et, parce qu’il aime sa prose, ses petits textes rondement menés et plein d’humour, il l’encourage à écrire un recueil de nouvelles.

 

Le livre est paru la semaine dernière aux éditions Le Bord de l’eau et s’intitule Les Trophées de Constance et autres objets de désir.

 

J’ai beaucoup aimé l’humour, la légèreté et la fraîcheur de ces nouvelles qui analysent finement les rapports de séduction entre les hommes et les femmes. En refermant le livre, j’ai éprouvé un sentiment de bien-être tant ces histoires apaisent, consolent, amusent…

 

 

 

 




par Anne-Sophie publié dans : Rencontres
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