Lalettrine.com

Anne Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
Mail : annesophiedemonchy
                   @ hotmail.fr



163 195 lecteurs depuis
 le 21 Août 2006


Dernières vidéos



Calendrier

Février 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29    
<< < > >>

Recherche

Commentaires

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Jeudi 28 février 2008

livre.jpgPromis, juré, j’ai essayé de le lire ce fameux livre que tout le monde attend, mais je n’ai pas pu… Lundi soir, tandis que je venais de finir un très beau roman de Denton Welch, Soleils brillants de la Jeunesse (Viviane Hamy), à la fois très sensible et angoissant, je me suis dit que j’allais me détendre avec ce roman… Je me suis engagée à le lire pour Le Magazine des Livres. J’avais vraiment envie de le lire pour savoir si mes a priori étaient fondés ou si au contraire, j’étais passée à côté d’un auteur dont j’ignorais les qualités littéraires.

Je me suis donc installée confortablement au fond de mon lit, callée entre deux coussins, bien au chaud sous ma couette, dans l’espoir de passer un bon moment. J’ai ouvert le livre avec une certaine impatience. Mais dès la première ligne (je n’exagère pas), toutes mes appréhensions ont rejailli : pas de sujet, pas d’effort dans la mise en forme… le narrateur écrit comme il parle, ou plus exactement comme il pense, passe d’une idée à l’autre sans transition… C’est une véritable catastrophe ! Je m’accroche… tourne les pages espérant un miracle. L’auteur a peut-être voulu surprendre son lecteur… Au bout de la trentième page, toujours pas d’amélioration et j’ai la désagréable impression qu’il n’y a pas d’intrigue, les personnages se rencontrent, discutent mais il ne se passe rien, ne se dit rien. Le livre est long certes, il peut réserver encore des surprises. Mais… toujours rien à la cinquantième page. Je me désole et commence à m’impatienter. Alors je triche : j’ouvre le livre en plein milieu pour savoir ce qui se passe, si je vais subir le même traitement. Hélas… oui… L’auteur est cohérent. Je lui reconnais cette qualité. Il a poursuivi sur la même lancée. Je voulais écrire « style » mais dans ce livre il n’en est guère question. D’ailleurs, dans l’argumentaire que j’ai reçu avec le livre, l’auteur sait qu’on lui reprochera ce défaut mais s’en moque. Evidemment, il peut écrire ce qu’il veut, sa réputation est faite et ce n’est pas un article de plus ou de moins dans un magazine qui aura le moindre impact sur ses lecteurs fidèles. A quoi bon d’ailleurs écrire un article pour démolir ce livre… Ce n’est pas le genre de textes que j'apprécie… Je voulais en avoir le cœur net. A présent, je sais…

 

par Anne-Sophie publié dans : A priori... mais
ajouter un commentaire commentaires (28)    recommander
Mardi 26 février 2008

undefinedLa littérature et la politique sont deux domaines qui nourrissent chaque jour mon existence. Pourtant, et cela semblera peut-être paradoxale pour certains, je mêle rarement l’un et l’autre. Voyez-vous, j’aime des auteurs comme Céline ou Drieu la Rochelle, mais en aucun cas, je ne partage leurs idées politiques. J’admire Jean Genet que je considère comme l’un des meilleurs auteurs français, mais son mode de vie et de pensée me révulsent. D’ailleurs, je parie que vous-mêmes aimez tel ou tel auteur sans approuver pour autant ses valeurs. La littérature peut être politique, mais elle est d’abord concernée par les mots, le style, l’émotion.

Je suppose que vous n’êtes pas tous sarkozystes et que vous n’aimeriez pas être assimilés à lui. Il mène une politique qui a été approuvée démocratiquement mais qui ne fait pas l’unanimité. Il en a été de même avec tous les présidents de la République. Et vous, en tant que français voire artistes, n’avez pas envie d’être associés obligatoirement à Nicolas Sarkozy. Vous êtes français, certes, mais vous ne vous définissez pas uniquement ainsi. Et lorsque vous êtes invités à l’étranger, vous n’avez pas obligatoirement envie que l’on vous réduise à la politique menée en France.

Alors pourquoi devrait-on boycotter des auteurs au Salon du livre de Paris sous prétexte que leur chef d’Etat ne respecte pas les valeurs et les droits fondamentaux entre Israël et la Palestine ? Non, je n’approuve pas la politique israélienne ; oui, je souhaite la paix entre les peuples. Mais, le Salon du livre n’est guère un événement politique sinon littéraire.

Vous l’aurez compris, en ce qui me concerne, le Salon du livre demeure une rencontre entre lecteurs et auteurs, un lieu de débat autour de la littérature et des idées. J’assisterai donc à cette manifestation sans arrière-pensée politique.

par Anne-Sophie publié dans : Salon du livre 2008
ajouter un commentaire commentaires (20)    recommander
Dimanche 24 février 2008

undefinedPour débuter la série sur les écrivains israéliens, j’ai choisi de lire La Mariée libérée d’Avraham B. Yehoshua, un roman magnifique et poignant sur les relations entre les israéliens et les palestiniens. Il n’est pas question de guerre ni de conflit dans ce texte, mais plutôt de relations humaines et culturelles entre les deux peuples qui ne s’affrontent pas mais s’observent, s’étudient et se viennent mutuellement en aide.

Vous résumer l’histoire serait vraiment réducteur puisque ce roman de 1000 pages foisonne de thèmes et de pistes. Le fil conducteur néanmoins nous tient d’un bout à l’autre : Rivline ne se résout pas au divorce de son fils, répudié par sa femme après seulement un an de mariage. Il profite de la mort soudaine du père de Galia, l’ancienne épouse, pour retourner voir cette famille et essayer de comprendre l’objet de la rupture. Vous voyez, si l’histoire se résumait à cela, ce serait bien pauvre et très vite ennuyeux car Rivline agace son entourage ainsi que sa belle-fille à poser sans cesse des questions sur la vie intime de celle-ci et de son fils. A cette trame se tissent de nombreux thèmes.

D’abord, Yehosha prend plaisir à nous raconter le quotidien d’un couple, Rivline et sa femme, qui vivent ensemble depuis trente ans : l’organisation des repas, les habitudes et travers de l’un et de l’autre, leurs disputes et remises en cause de leur union sont racontés avec sensualité et parfois avec un certain humour.

Rivline est un professeur à la Faculté, spécialiste de la littérature arabe. Il s’intéresse donc aux relations entre arabes et juifs. Il tente sans cesse de décrypter les agissements des uns et des autres. Selon lui, la situation linguistique des arabes qui utilisent quatre langues (le berbère, l’arabe dialectal, l’arabe littéraire et le français) « est problématique et n’est pas sans rapport avec le fait que l’Etat algérien se précipite dans la violence… »

A différents moments, une étudiante traduit des légendes et des poèmes arabes. Le roman offre alors des allégories, parfois difficiles à comprendre immédiatement, sur l’identité nationale. Ces poèmes et ces textes qui nous sont donnés à lire sont très beaux et enrichissent une lecture déjà très nourrissante. Une simple lecture, comme je viens de le faire, me semble insuffisante, pour pénétrer complètement ces différentes couches d’interprétation.

Le thème de la mémoire tient enfin une place de choix puisque Rivline, contrairement aux autres, veut comprendre la raison de la rupture amoureuse inattendue. Il justifie cet acharnement par sa profession : en tant que chercheur et historien, il ne peut oublier ou accepter, il veut aller au fond des choses, comprendre. Il ne se contente pas de la fatalité. La fin lui donnera raison. Au-delà de cette résolution de l’énigme intime apparaît en filigrane l’histoire de l’Etat d’Israël et encore une fois de l’identité.

Ce magnifique texte est une introduction (un peu longue toutefois) sur le monde oriental, ses rites, son Histoire. Un passage particulièrement intéressant propose une réflexion sur le métier de chercheur : celui-ci doit-il travailler sur le passé uniquement ou croiser les événements actuels avec l’Histoire ? Rivline a pris le parti de la seconde voie mais le roman laisse le débat ouvert.

 la-mari-e.gif

par Anne-Sophie publié dans : Salon du livre 2008
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 24 février 2008

serie-israel.jpgIsraël est l'invité d'honneur du Salon du livre qui s'ouvre début mars à Paris. 39 auteurs israéliens viendront présenter leurs ouvrages et les spécificités de la littérature israélienne. Cette littérature, encore très méconnue en France, puise ses thèmes dans l'histoire d'Israël. Etudier l'évolution de la littérature israélienne, c'est plonger au cœur de l'histoire d'un peuple qui a vécu dans toute l'Europe avant de retourner sur sa terre d'origine. L'indépendance, la construction d'une identité nationale sont les premiers thèmes abordés par ceux que l'on considère comme les "pères fondateurs" de la littérature israélienne. Mais celle-ci ne débute pas en 1948 avec la création de l'Etat d'Israël. La littérature israélienne s'inspire d'une culture millénaire et des thématiques de la littérature hébraïque. Pour comprendre la littérature israélienne d'aujourd'hui, il faut donc remonter le fil de l'histoire. 
 

 

Un patrimoine littéraire juif très riche

 

Si la littérature hébraïque désigne la prose et les poésies rédigées en hébreu, elle ne représente qu'une petite partie de la production littéraire des Juifs. La particularité du peuple juif est de s'être approprié très tôt différentes langues. La Bible hébraïque comprend par exemple quelques passages en araméen. A l'époque antique, l'hellénisation de la Palestine est à l'origine d'une production littéraire juive écrite en grec. A l'époque médiévale, les juifs vivant dans le monde arabophone ont produit une abondante littérature en langue arabe. Enfin, aux XVIII et XIXe siècles, sous l'influence des philosophes des Lumières, les juifs d'Europe ont fini par adopter la langue des pays où ils résidaient. C'est donc l'ensemble de cette production littéraire qui constitue le patrimoine littéraire juif.

 

 

 

De la littérature hébraïque à la littérature israélienne

 

Alors que la littérature juive allemande, polonaise, française était à son apogée à l'époque moderne, des auteurs juifs ont souhaité revenir aux origines de la culture juive en écrivant en hébreu, seule garantie d'assurer la cohésion d'un peuple dispersé dans toute l'Europe. Cette littérature hébraïque moderne s'est donc développée en marge des autres littéraires juives. Issus du mouvement des Lumières (La Haskala), ces auteurs ont réutilisé l'hébreu non plus pour rédiger des textes sacrés mais pour écrire des textes profanes.

 

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, plusieurs milliers de juifs d'Europe s'installent en Amérique et en Palestine. La littérature hébraïque est alors à son apogée avec des auteurs comme Haïm Nahman Bialik ou Ahad Haam, considérés comme les Pères de la littérature israélienne moderne. On retrouve dans cette littérature hébraïque les références à la Palestine, terre du peuple juif.

 

L'idée d'un retour sur cette terre est donc déjà très présente dans ces textes de la fin du XIXe. Langue de prière, l'hébreu devient alors la langue du quotidien et la littérature hébraïque le support d'une construction nationale en marche. Avec la création de l'Etat d'Israël, la littérature hébraïque devient la littérature israélienne

 

 

 

Les premiers auteurs israéliens (des années 1920 aux années 1950)

 

Les premiers ouvrages de la littérature israélienne sont donc marqués par l'importance de la construction d'une identité commune. Agnon et Brenner, père de la littérature israélienne moderne, ont développé cette thématique dans leurs ouvrages. Dans cette construction, les auteurs tentent de réconcilier croyants et non croyants pour démontrer qu'il est possible de créer une culture commune. Dans ces ouvrages, Agnon décrit les doutes et les crises d'identité de ces personnages. En 1966, il recevra le prix Nobel de littéraire pour un ouvrage sur la Shoah et la disparition du monde juif d’Europe centrale.

 

La deuxième génération d'auteurs israéliens qui prend le relais des pères fondateurs dans les années 1940 et 1950 est marquée par l'obsession de l'indépendance d'Israël. Ce sont les premiers écrivains ayant l'hébreu comme langue maternelle. Leurs œuvres sont très idéologiques. Soldats pendant la guerre d'indépendance, ils défendent la création d'un Etat dont l'existence est déjà contestée par les pays arabes.

 

 

 

Les écrivains israéliens des années 1960 et 1970

 

Un groupe d'écrivains va rompre avec cette génération de l'indépendance en délaissant l'idéologie et en prenant l'individu comme thème principal du roman. Amos Oz, Avraham Yehoshua, Yoram Kaniuk vont marquer  la littérature israélienne des années 1960 et 1970. Ils vont influencer le roman israélien moderne en expérimentant de nouvelles formes d'expression : les thèmes politiques sont désormais abordés sous forme d'allégorie et les héros de roman ne sont plus des immigrés obsédés par le retour sur la terre d'Israël et l'indépendance mais des personnages issus des villes israéliennes et des Kibboutz.

 

 

 

L'apogée de la littérature israélienne dans les années 1980 et 1990

 

La percée des auteurs israéliens sur la scène internationale date des années 1980. Amos Oz, Avraham  Yehoshua, Yoram Kaniouk et quelques autres, sont traduits dans le monde entier. La Shoah tient une place particulière dans cette littérature. Elle est racontée du point du vue des survivants mais aussi de la deuxième génération qui a dû assumer le poids du passé. Les relations conflictuelles entre israéliens et palestiniens sont également abordées dans cette production littéraire foisonnante. Pour ces auteurs, à la différence des Pères fondateurs, l'Etat juif n'est plus un idéal mais une réalité quotidienne avec les difficultés inhérentes à la cohabitation difficile entre juifs et palestiniens. Plusieurs écrivains se battent aujourd'hui pour un retour à la paix entre les deux peuples.

 

 

 

L'émancipation d'une nouvelle génération d'écrivains

 

La dernière évolution en date de la littérature israélienne moderne est l'émancipation d'une nouvelle génération d'écrivains avec le poids de l'histoire. Aujourd'hui, la littérature israélienne ne se résume plus aux problématiques de l'indépendance, de l'identité, à la Shoah et au conflit israélo-palestinien. La nouvelle littérature israélienne s'émancipe du passé. Les écrivains de  nouvelle génération ont les mêmes préoccupations que les autres écrivains du monde entier : l'amour, la mort, la solitude. Cette évolution symbolise une littérature arrivée à maturité, qui n'ignore pas le passé mais sans en être écrasée par son poids.

 

 

 
Bien évidemment, résumer ainsi la littérature israélienne est forcément un peu réducteur. A chaque époque, de nombreux auteurs se sont démarqués de ces grandes tendances, ont refusé de se voir imposer des thématiques et ont exploré d'autres formes de récits. Mais il est intéressant de noter que dans cette littérature, peut-être plus que dans toutes les autres, le poids de l'histoire a été l'élément moteur de la construction de la littérature israélienne.
par Anne-Sophie publié dans : Salon du livre 2008
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander

Publicité

Infos

Après La lettrine, j'ai également lancé un journal en ligne consacré à la politique : www.politique.net

 



Retrouvez mes articles et chroniques
dans Le Magazine des Livres 


mag-nothomb.jpg


ECRIVAINS SUR LA LETTRINE

David Abiker

Martin Amis

Stéphane Audeguy

Honoré de Balzac

Jules Barbey d'Aurevilly

Christophe Bataille

Dominique Bauby

Pierre Bayard

Pierre Belfond

Nina Berberova

Philippe Besson

T.C. Boyle

André Brink 1
André Brink 2

André Bucher

Emmanuel Carrère

Jean-Marie Catonné

Javier Cercas

Eric Chevillard

Sophia Chikirou

Stéfan Coïc

Mary Dollinger

Bernard Fillaire

Timothy Findley

David Foenkinos

Christian Gailly

Gabriel Garcia Marquez

Jérôme Garcin 1
Jérôme Garcin 2

Maurice Gouiran

Julien Gracq

J.H. Griffin

Philippe Grimbert

Mikaël Hirsch 1
Mikaël Hirsch 2

Nancy Huston

Serge Joncour

Pierre Jourde

Fabienne Kanor

Nicole Krauss

Agota Kristof
La Trilogie des jumeaux

Philippe Labro

Jérôme Lafargue

Marc Lévy

Jonathan Littell
Les Bienveillantes 1
Les Bienveillantes 2
Les Bienveillantes 3
Les Bienveillantes 4
Les Bienveillantes 5

David Lodge

Alain Mabanckou

Naguib Mahfouz

Héléna Marienské

Laurent Mauvignier

Léonora Miano
L'intérieur de la nuit
Contours du jour qui vient

Haruki Mirakami

Yukio Mishima

Naulleau et Domecq

Cees Nooteboom

Nuala O'Faolain

Antonio Pennacchi 1
Antonio Pennacchi 2

Sylvie Perez

Rainer-Maria Rilke

Knud Romer

Jean-Christophe Rufin

Eric-Emmanuel Schmitt

Patrick Süskind

Vincent de Swarte

Tarun Tejpal

Tzvetan Todorov

Enrique Vila Matas 1
Enrique Vila Matas 2

Vocation nègre

Marc Weitzmann


Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus