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Anne Sophie Demonchy
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Mercredi 23 avril 2008
Suite à l’enquête sur les agents littéraires que j’ai faite pour Le Magazine des livres (publiée dans le numéro en kiosque actuellement), j’ai reçu des mails me demandant les coordonnées de ces fameux agents. Il est vrai qu’il n’existe pas d’annuaire, et le guide « Comment se faire éditer » donne, sans les distinguer, les adresses des agents littéraires et celles des agents (« subagents » plus exactement) qui s’occupent de vendre les droits des auteurs français à l’étranger. On peut citer Michelle Lapautre, La Nouvelle Agence, l’Agence Hoffman, Arabela Cruze… Inutile de s’adresser à ces agences car elles ne travaillent qu’en collaboration avec les éditeurs, une fois que le livre est publié.

 

Si vous voulez passer par un agent afin qu’il s’occupe de placer votre manuscrit chez un éditeur, je vous propose quelques agences sérieuses. « Sérieuses » signifie que celles-ci vont lire votre texte, l’accepter si elles pensent pouvoir le proposer à des éditeurs, et ne vous faire payer aucun frais avant que le livre ne soit accepté chez un éditeur. A partir du moment où vous signez un contrat, vous partagez vos droits d’auteur avec votre agent.

 

Les deux agences les plus connues sont celles de Susanna Lea et de François Samuelson (Intertalent). Toutes deux travaillent uniquement avec des grosses pointures de l’édition comme Tahar Ben Jelloun, Fred Vargas et Emmanuel Carrère (pour les droits audiovisuels), Marc Lévy, etc.

 Pour contacter François Samuelson :

Intertalent   48, rue Gay Lussac  75005 Paris

Téléphone : 01.47.23.40.00

Email : info@intertalent.fr

 

Et Susanna Lea :

Susanna Lea Associates

28 rue Bonaparte

75006 Paris

01 53 10 28 40

 
Il existe depuis quelques années des agences plus modestes qui souhaitent travailler avec de jeunes auteurs. J’en connais trois (si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part) :

- Virginia López-Ballesteros. Elle est implantée à la fois à Madrid et à Paris. Il ne faut pas lui envoyer le manuscrit dans un premier temps, juste un synopsis de l’histoire et un bref CV par mail. Dans un second temps, elle peut demander d’envoyer les trente premières pages. Enfin, si ces pages sont satisfaisantes, il faut envoyer le manuscrit entier par la poste. Attention, Virginia López-Ballesteros n’accepte pas les recueils de poésie ni les pièces de théâtre.

Virginia López-Ballesteros a travaillé chez Gallimard et dans plusieurs maisons d’édition espagnoles avant de décider de monter son agence littéraire en janvier 2005.


Agence littéraire Virginia López-Ballesteros

Avda. Menéndez y Pelayo 15, Escalera Dcha, 3º 4

28009 Madrid

agencelitteraire@vlopez-ballesteros.com


- Pierre Astier était éditeur au Serpent à plumes avant que la maison ne soit rachetée par les éditions du Rocher. Depuis, il a décidé de devenir agent littéraire.

Pour s’adresser à lui, il faut d’abord lui envoyer par mail un CV, un résumé du livre et un ou deux chapitres. Si ça lui plaît, il demande à recevoir le manuscrit. Enfin, il corrige les textes : « tout manuscrit que je soumets à un éditeur aura d’abord été retravaillé par moi-même : je peux corriger des problèmes de structure, de rythme, de grammaire et d’orthographe. Or, c’est un travail que ne font pas les autres agents ».


Pierre Astier & Associés

Adresse:

4, rue Frédéric-Schneider, Hall 10

75018 PARIS France

Tél: 01 53 28 14 52

E-mail: contact@pierreastier.com


- Marie-Sophie Du Montant est agent littéraire depuis deux ans. Global Literary Management est dirigé par l’ancien Directeur général des éditions du Masque, Didier Imbot. Il est parti s’installer aux Etats-Unis pour créer une agence littéraire. Marie-Sophie Du Montant s’occupe de la succursale à Paris, c’est-à-dire des auteurs français à destination des éditeurs français. Elle accepte divers genres : romans, BD, cuisine, documents… Concernant le manuscrit, elle déclare : « Je ne veux pas retravailler le texte alors que la maison le retravaillera avec l’auteur. Mais les éditeurs me demandent maintenant de leur rendre un manuscrit abouti. Mais pour moi, c’est à l’éditeur de faire ce travail. Donc, je fais de mon mieux sans pour autant me substituer avec eux ». 

Global Literary Management, llc

Marie-Sophie du Montant:

tél. : 01 76 00 59 75 

e-mail: marie-sophie@globallit.com

 

 

par Anne-Sophie
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Lundi 21 avril 2008

 


Je ne suis pas une grande amatrice de polars pour la simple et bonne raison que la plupart du temps c’est l’intrigue qui est mise en avant au détriment de l’écriture. Très rapidement, même si je suis prise par l’histoire, je m’ennuie parce que le style est trop relâché.

C’est un peu le reproche que je ferai à Lilian Bathelot, l’auteur de La Théorie du K.O. L’idée de départ n’est pas très originale mais intéressante : un flic, Lopez, découvre les magouilles politiques de Sète et décide de les dénoncer dans la presse locale. Immédiatement, les politiques concernés se mettent en branle pour éliminer le commissaire et ses complices par n’importe quel moyen, pourvu que ce soit rapide et efficace et que les rumeurs cessent de s’ébruiter.

L’histoire est haletante, c’est vrai, on se laisse prendre par la cavale de Lopez et de ses amis. Bathelot dépeint ses personnages avec une certaine empathie si bien que le lecteur s’attache à eux et veut savoir s’ils vont parvenir à trouver une issue de secours. Mais, je n’ai pas été touchée par l’écriture privilégiant la rapidité des actions, leur enchaînement… De même, il n’y a pas de recherche dans la construction du roman, linéaire et si différents événements ayant peu de rapport au premier abord, se croisent, le lecteur comprend vite leurs enjeux et l’intrigue ne repose plus que sur cette course-poursuite entre Lopez et la police. En revanche, la fin du roman est surprenante, révoltante et laisse un goût amer.

 

 

La théorie du K.O. a déjà été publié en 2000 aux éditions Climats et réédité en mars 2008 chez Jigal.

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des livres
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Jeudi 17 avril 2008

J’ai attendu quelques jours, histoire que la colère retombe avant de vous faire part d’une mauvaise expérience qui m’est arrivée il y a quelques jours chez un revendeur de livre parisien bien connu : Gibert Joseph.

Je reçois, comme vous le savez, un certain nombre de livres, c’est vrai. Mais j’en achète surtout. Des fictions comme des essais politiques (pour mon site) fraîchement parus, des poches, des ouvrages parascolaires, des classiques… Certains livres sont intéressants, d’autres nettement moins et mon appartement (c’est ainsi) n’a pas de murs extensibles. Il m’arrive donc quelques fois l’an de revendre les livres sans intérêt en échange de bons d’achat (je ne compte pas sur ce troc pour me faire de l’argent de poche !). Certains livres sont repris, d’autres non. En règle générale, je comprends la logique : les livres achetés d’occasion et les éditions vieillies sont refusées. Il en est de même pour les romans ou les livres politiques périmés au bout de huit semaines maximum. Pour ces ouvrages, il est donc préférable de les revendre le plus rapidement possible si l’on ne veut pas qu’ils encombrent ses étagères.

Tout fonctionnait parfaitement jusqu’à présent. Mais il semble que les règles aient changé. Lundi, je suis arrivée avec un sac contenant divers ouvrages. Le vendeur, très rapidement, me demande si j’ai une carte de presse. Je suis étonnée, ne comprends pas la question.

« Non, je n’ai pas de carte de presse, pourquoi ?

- Ces livres sont neufs, on ne peut pas les reprendre » 

Je suis atterrée… Je demande des explications étant donné que les livres que je lui présente ont été achetés ces deux derniers mois chez Gibert Joseph.

« Nous n’avons pas le droit de reprendre des livres neufs. Nous avons des contrôles stricts. Si les représentants nous demandent des comptes, nous devons leur présenter les preuves que ces livres ont bien été achetés ou bien que la personne qui les revend possède une carte de presse.

- Puisque vous ne voulez pas me reprendre mes livres « neufs », prenez au moins mes poches.

- Impossible : on prend le lot ou rien. Puisque vous n’avez pas de carte de presse, et que vous avez des livres récents, nous ne regardons pas la suite.

Notez la mauvaise foi du vendeur qui n’avait pas envie de passer plus de temps à s’expliquer. Mais, j’ai voulu aller jusqu’au bout de cette histoire… J’ai donc rencontré le responsable qui n’était guère plus commode. Selon lui, il faudrait, si je souhaite vendre mes livres les plus récents, garder à l’intérieur de chacun d’eux, mes tickets de caisse.

- Et les pigistes, comment font-ils ?

- C’est la même chose : ils n’ont pas le droit de revendre ces livres s’ils n’ont pas de carte de presse.

 

Finalement, il n’y a que les journalistes, qui ne sont pas en situation précaire ou simples lecteurs, qui sont autorisés à vendre des livres récents. Les autres sont priés de s’adresser ailleurs. Alors tant pis, je ne dépenserai plus mes sous chez Gibert Jospeh. Vu la concurrence dans le quartier, je ne devrais pas avoir de difficulté à trouver mieux ! 

 

par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine passe à la moulinette...
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Dimanche 13 avril 2008

 

Comme je vous l’avais signalé au moment de la fête du Printemps des poètes, je connais peu la poésie contemporaine. Une âme généreuse a entendu ma parole et a eu envie de me faire découvrir un très bel auteur en la matière : Ariane Dreyfus, qui vient de publier au Castor Astral un recueil de poèmes intitulé : Iris, c’est votre bleu. La fleur, c’est l’homme, et plus précisément son sexe qui s’ouvre et qui éclôt au contact de son amante. L’amour charnel s’inscrit dans le temps et l’espace. Il est à la fois union des corps et de union de l’être à l’univers. Il est enfin une réconciliation entre soi et l’Autre :

 

 

Je te serre dans mes bras la nuit commençant.

Serrer, mais non,

Trop sombre elle ne nous laisse même pas les arbres.

Je me rapproche. Je vois encore, peut-être encore un peu, je vois le dessin d’une feuille près d’une autre.

Chacun existe, même par terre et je ne vois plus quoi, c’est ici.

La nuit donc, au cas où on aurait oublié.

 

Dans l’obscurité, je vais voir tes yeux ouverts

Très doucement et très vivants.

C’est nous pas engloutis, la montagne noircie garde une seule courbe,

Et la mer, quand le soleil descend la mer brille tellement

Si l’on reste près d’elle,

Pour voir encore.

 

Que ton sexe se détende ou se rende

-Fente infime, lueur soulevée –

Ta douceur demande ma douceur.

 

On a peur qu’il suffirait d’une seule fois,

Alors se coucher

Se coucher autant de fois qu’il faudra

Pour apprendre le mouvement de l’amour sur la terre.

 

 

Si l’Amour est au centre du recueil, d’autres thèmes sont abordés comme celui des maltraitances faites aux femmes dans certains pays ou aux enfants. Ariane Dreyfus croque en quelques mots lapidaires un événement tragique, comme celle par exemple d’ Atefeh Rajabi, une jeune iranienne, exécutée pour avoir été violée à plusieurs reprises par un ex gardien de la révolution de 51. Se sachant condamnée à mort et désespérée, elle retira son hijab et lança sa chaussure à la figure du juge qui la pendit lui-même :

 

Atefeh Rajabi Sahhaleh,

Etre Iranienne. Avoir seize ans.

 

Pas eu le temps, sauf quelques pas,

Une porte qu’elle voulait ouvrir.

 

Pour vivre, quelques pas.

Le regard échangé serait la première clef qui tourne,

L’ouverture d’un baiser,

Une chambre amoureusement.

 

*

Le juge a rugi.

 

Sera pendue et très haut, d’une grue pour bien détacher de la terre. C’est parfait.

C’est quelque chose qu’on voudrait montrer à Dieu.

 

Dieu n’est jamais là. Pas besoin.

Il ne dit rien à une fille qui se débat

- si furieuse qu’elle crie, criant aussi.

*

 

Calmement bougent une corde, une grue, un ciel s’écartant toujours plus.

Qu’ils le fassent,

Un baiser est d’une lenteur plus haute.

 

Plus la mort commence, plus c’est la vérité seulement

Qui caresse le cœur.

 

Une jeune fille qui se balance,

La mort a lieu en dessous.

 

 

Pour en savoir plus sur Ariane Dreyfus et sa façon de composer ses poèmes, je vous conseille de lire l’entretien, en plusieurs parties, qu’elle a accordé au site Poezibao.

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des livres
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