
Il est un lieu propice à la rencontre de livres et d’auteurs : la librairie ! L’éditrice Joëlle Losfeld me confiait, à juste titre, que la situation des librairies indépendantes devenait précaire, en partie à cause de la vente des livres par Internet, mais pas seulement. Pour attirer les clients et donner une image plus moderne des librairies, celles-ci doivent innover. En région parisienne, quelques unes parviennent à se distinguer parce qu’elles proposent des cafés littéraires, des rencontres avec les auteurs ou tout simplement donnent de précieux conseils (c’est le cas de la librairie Mille pages à Vincennes). C’est le cas bien sûr en province où dans certaines villes, les librairies sont très actives. Ce qui est certain, c’est que le petit libraire, se cantonnant à vendre des livres, et n’ayant pas pris soin de sélectionner quelques ouvrages qui lui tiennent particulièrement à cœur ou qui n’est pas au fait de l’actualité littéraire, aura des difficultés à survivre. Ces librairies sont désertées. Il m’arrive parfois, parce que j’aime visiter ces lieux, d’y entrer, de fureter, de scruter attentivement les rayonnages… Je repars, immanquablement les mains vides. Ces libraires se plaignent du désintérêt des gens pour la lecture. Ils n’ont pas tout à fait tort : on lit de moins en moins. Pourtant, moi-même qui passe mon budget en livres, sans le moindre remords, je n’ai rien envie de m’offrir dans ces lieux glauques, où les ouvrages ne sont pas mis en valeur, le vendeur incapable de me conseiller une lecture.
Je vous invite régulièrement à découvrir une librairie, située dans le 20ème arrondissement de Paris : Le Merle moqueur. Chaque semaine, plusieurs manifestations sont organisées, en semaine comme le dimanche. Des lectures faites par des professionnels, des rencontres avec les auteurs, des débats… Les libraires sont avenants, affables, ont des goûts sûrs mais différents, ce qui me permet, en fonction de ce que je recherche, de m’adresser à la personne avec qui j’aurais le plus d’accointance en la matière.
C’est ainsi que dimanche, je suis allée écouter Sophia Chikirou, une jeune femme politique, candidate à l'investiture des militants de la 21e section du Parti socialiste. Elle vient de publier un livre, Ma France laïque (pour en finir avec les communautarismes), publié aux Editions la Martinière. C’est son éditeur, Willy Persello, qui a animé la rencontre. Je suis toujours séduite par ces rencontres hebdomadaires au Merle moqueur : le public, attentif et passionné, est fidèle. Comme de sages écoliers, nous avons nos places attribuées ! Certains prennent des notes ou des photos, d’autres n’hésitent pas à participer, à poser des questions, à polémiquer. Et il y a les timides, ceux-là se tiennent debout, au fond de la salle, dans l’espoir de n’être pas remarqués.
Je ne vais pas vous rapporter cette rencontre car ce n’est pas le lieu. Prochainement, je ferai un compte rendu de Ma France laïques sur mon site politique. Je suis très sensible, comme vous le savez, à la relation auteur/éditeur. Ces rencontres permettent ainsi aux deux protagonistes d’expliquer leurs motivations - l’un d’avoir écrit son livre l’autre de le publier - d’ouvrir le débat, d’expliquer des points polémiques ou problématiques. J’ai été particulièrement touchée par la complicité visible entre Willy Persello et Sophia Chikirou. Ensemble, ils poursuivent leur travail de collaboration. L’élaboration du livre n’est pas suffisante, désormais, il faut le faire connaître auprès du grand public. Grâce à cette rencontre, Sophia Chikirou a pu parler de son livre, expliquer quels en sont les enjeux (laïcité, mixité, intégration des hommes et des femmes, problème de la discrimination positive…). Le public était particulièrement dynamique puisque des questions politiques ont été posées, concernant notamment la situation de notre arrondissement et plus largement les sujets abordés au cours de la campagne présidentielle comme l’identité nationale, mai 68… Sophia Chikirou est parvenue à nous convaincre de l’importance de son livre, même si, comme me l’a confié Willy Persello après le débat, " le sujet n’est pas sexy"
Si vous voulez assister à ces rencontres, venez jeudi soir au Merle moqueur à 20 heures : l’écrivain sud-africain, André Brink parlera de son dernier roman (une sorte de parabole sur le désir), La Porte bleue (Actes sud). Moi, j’y serai !

Le Merle moqueur se situe au 51 rue de Bagnolet dans le 20ème à Paris, au métro Alexandre Dumas.
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