Ce n’est pas un récit dont voudrait Bernard Fixot & Co, un récit qui emporte les foules, les faisant rire ou pleurer parce que non seulement le style relève de la prose poétique mais en plus, il n’y a gère de trame narrative. Il s’agit, je le répète, d’un récit, celui que l’humanité ferait aux hommes si elle en avait la possibilité. Elle observe ainsi ses enfants, devenus des êtres égoïstes, destructeurs, pollueurs et irresponsables. Les courts chapitres s’enchaînent dressant un constat catastrophique de la situation actuelle de notre planète. Tous les thèmes sont abordés : de la passivité des hommes face aux injustices sociales au déni de l’engagement politique, de l’avachissement général à la bêtise ambiante en passant par les guerres et la mondialisation. La colère gronde à travers ces pages véhémentes et poétiques. C’est un chant lyrique que nous offre l’auteur, exalté par ses sentiments de rage et de désespoir. Dans une langue sophistiquée, il nous met en garde contre ce monde qui s’amollit, s’abêtit passivement, s’installe dans un discours fade et consensuel. Pour résister à ce règne de la laideur, l’auteur a choisi un style propre à dire la beauté de la langue par opposition à l’enlisement des hommes dans la vilénie, la pollution et la destruction. Il pèse chacun des mots, les fait rimer, compte chaque syllabe pour obtenir des structures de phrases bien balancées et faire de ce texte plaidoyer un moment de poésie :
« Chaque nuit le même rêve…
… Chaque nuit, à grandes enjambées, je cours à perdre haleine, implorante, implorée. Chaque nuit, quand je suis endormie, je cours pour tenter d’exorciser la réalité ; je cours pour essayer d’arracher mes enfants au bourbier où ils sont enlisés… ».
ajouter un commentaire commentaires (4) recommander









Commentaires