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Anne Sophie Demonchy
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Samedi 29 septembre 2007

publibook.jpgVous allez dire que je suis naïve… Dans ce monde merveilleux de l’édition, on en apprend tous les jours. Certains, avides d’argent, profitent du désir irrépressible d’auteurs en quête d’éditeurs pour s'enrichir. Ainsi, un collègue hier, apprenant que je consacrais mes après-midi à différents travaux d’écriture, me confia qu’il avait publié un recueil de poésie l’année dernière. Il n’avait pas été entièrement satisfait de la façon dont sa publication s’était passée. Il avait accepté la première offre sans attendre la réponse d’autres éditeurs. Souvent, les auteurs ne sont pas complètement satisfaits de leur contrat mais n’y connaissant rien, acceptent de signer, heureux d’avoir trouvé un acquéreur. Je lui demandais quel était son éditeur. Publibook, tu connais ? En effet, ce nom me disait vaguement quelque chose. Il ne m’en dit guère plus à ce sujet mais ajouta que pour le roman qu’il est en train d’écrire, il chercherait mieux.

Curieuse, j’ai fait quelques recherches sur Internet. Je comprends que mon collègue ne soit pas satisfait de son « éditeur », parce que ce n’en est pas un.

Le principe est simple. Vous, jeunes auteurs inexpérimentés, envoyez votre manuscrit par mail à Publibook qui s’engage à vous répondre dans un délai d’un mois. Si vous êtes accepté (à mon avis, on a tout intérêt à le faire), vous devez « participer aux frais d’éditions pour un premier ouvrage », en clair, vous devez verser 399 euros. Mais ce n’est pas tout, si vous souhaitez une couverture blanche, cela ne vous coûtera rien, en revanche, si vous désirez y ajouter une image, il faudra encore débourser 80 euros (et une illustration élaborée par un professionnel, ce sera 240 euros !). Bien sûr, si vous ne souhaitez pas de mise en page particulière, cela ne vous coûtera rien, si en revanche, vous en souhaitez une, il faut payer la modique somme de 77 euros. On continue… Pour la préparation de vos épreuves (travail de correction, etc), si vous voulez qu’on vous l’envoie par la poste il faut encore mettre la main au porte-monnaie et dégoter 40 euros (16 euros si c’est sur une disquette !). Enfin, si vous voulez être distribué à la fnac (sinon vous ne serez référencé que sur Amazon et dans la base de données des librairies Dilicom), cela vous coûtera 50 euros. Au total, vous allez payer 646 euros pour voir votre ouvrage relié, avec une image, corrigé par vos soins. J’ai oublié de vous préciser que c’est vous-même qui écrirez votre quatrième de couverture. Vous n’êtes plus à ça près !

L’éditeur se justifie ainsi : « Les éditions Publibook se caractérisent par une importante souplesse éditoriale, et laissent à leurs auteurs une grande liberté dans la conception de leur ouvrage. L'auteur perçoit des royalties sur les ventes de son livre. Les éditions Publibook assurent ainsi pour l'auteur, et sur ses instructions, la réalisation technique et artistique de l'ouvrage, et lui fournissent un support logistique et commercial pour la diffusion de celui-ci ».

Dans ces conditions, vous êtes à la fois auteur et éditeur. Publibok se contente uniquement d’imprimer un ouvrage. Cela vous coûte une fortune, vous n’avez aucune chance en plus de vous faire connaître, d’éveiller l’intérêt des libraires et des journalistes, et Publibook ne prend aucun risque financier : « Les éditions Publibook n'assurent pas de tirage minimum sur les ouvrages. Maîtrisant parfaitement les dernières technologies d'impression numérique, les éditions Publibook impriment les ouvrages au fur et à mesure des commandes VPC et des mises en place librairie. Cette technologie permet des réassorts rapides et évite le pilonnage massif ».

Je ne remets pas en cause les auteurs qui ont fait confiance à Publibook mais payer pour se faire publier est une belle arnaque. S’ils n’ont guère osé, pour un premier livre, s’adresser à de véritables éditeurs, ils risquent d’être victimes de préjugés par la suite, s’ils veulent être publiés de façon plus traditionnelle. Ce n’est donc pas une bonne stratégie.

par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine passe à la moulinette...
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Jeudi 27 septembre 2007

Amis lecteurs, ce message s’adresse à Bertrand Guillot alias Second Flore (mais si le cœur vous en dit, vous pouvez jeter un coup d’œil à ce qui suit…).

 

Bertrand, malgré la publication de ton premier roman Hors jeu en août, afin de briguer le prix de Flore, tu n’as hélas guère été retenu sur la liste. Tu n’auras donc pas le privilège de boire ce fameux Pouilly-Fuissé (que tu m’as fait découvrir) au Café de Flore pendant un an dans un verre gravé à ton nom. Tu n’auras guère l’honneur de figurer parmi les lauréats à savoir entre autres Ravalec, Houellebecq, Jaenada, Virginie Despentes ou Christine Angot. Et pourtant, tu l’aurais mérité, toi qui as eu l’audacieuse idée d’offrir, en 2004, ta nouvelle « La faune on the Flore » à ceux qui sortaient du célèbre café germanopratin, le soir de la remise du prix.

verreSans-titre-3.gif

 

Tu voulais connaître la liste, pour savoir si tu devais « en rire ou en pleurer ou mettre cette histoire derrière [toi] », la voici :

 

 

 

Mouss Benia : Chiens de la casse (Hachette Littératures)

 

Boris Bergmann : Viens là que je te tue ma belle (Scali)

 

Emmanuel Carrère : Un Roman russe (POL)

 

Benoît Duteurtre : La Cité heureuse (Fayard)

 

David Foenkinos : Qui se souvient de David Foenkinos ? (Gallimard)

 

Yannick Haenel : Cercle (Gallimard)

 

Dorothée Janin : La Vie sur terre (Denoël)

 

Lola Lafon : De ça je me console (Flammarion)

 

Simon Liberati : Nada exist (Flammarion)

 

Alizé Meurisse : Pâle sang bleu (Allia)

 

Christophe Ono-dit-Biot : Birmane (Plon)

 

Mathieu Terence : Technosmose (Gallimard)

 

 

 

Qu’en dis-tu ?

 

 

 

 

 

Pour tous ceux qui auraient lu ce billet malgré tout, voici en lien la nouvelle de Bertrand, « La faune on the Flore ».

par Anne-Sophie
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Dimanche 23 septembre 2007
Demain, je vous propose de nous retrouver sur une péniche, "Le Bateau fantôme",  pour écouter des poèmes d'auteurs contemporains publiés aux éditions du bout de la rue et de chansons inspirées de Charles Baudelaire et interprétées par Peggy Van de Ponseele.  Si vous passez dans le quartier et avez envie de partager avec moi ce petit moment de poésie, je vous attends sur le quai de Seine à partir de 20h30.


vaisseau-2-.gifLe Vaisseau fantôme c'est au 65 quai de la Seine, métro Riquet.

par Anne-Sophie publié dans : Sorties
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Mercredi 19 septembre 2007

Je dois être mal lunée ou avoir un humour snobinard (vous ai-je conseillé le Dictionnaire de Littérature à l’Usage des snobs, chez Scali ?), mais j’ai été très déçue par Le Potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos, le chouchou de ces dames dans la zone. Je n’ai pas été conquise ; j’attendais mieux…

 

Le début s’annonçait bien. Un type, Hector, qui « avait une tête de héros », décide de se suicider. Mais il rate complètement son projet en faisant un malaise dans les couloirs du métro ! Il passe six mois en maison de repos, histoire de se remettre et de soigner ses pulsions pour les collections de toutes sortes : « les timbres, les diplômes, les peintures de bateaux à quai, les tickets de métro, les premières pages des livres, les touilleurs et piques apéritif en plastique… » (je vous épargne la liste entière). Il croit guérir en rencontrant une certaine Brigitte…

 

L’histoire est assez originale : un homme, après avoir collectionné des objets, collectionne les mouvements du quotidien de sa femme qu’il trouve terriblement érotiques. Pourquoi pas. Mais, certaines situations m’ont ennuyée, et la fin du livre s’essouffle un peu.

Sans-titre-2.gif

En découvrant le livre, j’ai été séduite, comme vous certainement, par l’humour de David Foenkinos. Le narrateur ne cesse de s’immiscer dans le récit et certaines réflexions sont vraiment plaisantes. Pourtant, si certaines situations m’ont amusée, les comparaisons sont vraiment tordues. Par exemple, quand Hector revient chez lui après six mois d’absence, la concierge feint de s’être inquiétée pour lui : « vous savez, cette façon d’être faussement inquiet, cette façon de se rêver en 1942, avec une voie si aiguë qui, tout près d’une voie, ferait dérailler un train ». Si vous avez compris, n’hésitez pas à m’expliquer…

 

Néanmoins, j’ai pris plaisir à lire certains passages, notamment quand le narrateur comprend que son frère est le préféré de la famille et paradoxalement « se sent presque bien ; il faut le comprendre, c’est la première fois de sa vie qu’il se trouve face à une évidence ». J’ai beaucoup aimé le portrait des parents, complètement décalés. Je suis restée encore très attentive quand Hector et Brigitte se rencontrent. Mais une fois que le quotidien s’installe dans leur couple, ainsi que l’ennui, je me suis installée à mon tour dans la routine et les « bons mots » du début du roman m’ont lassée…

Je sais bien que ce roman n’est pas au coeur de l’actualité, mais comment aborder Qui se souvient de David Foenkinos, si je ne connais pas l’auteur !

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des livres
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