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Anne Sophie Demonchy
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Jeudi 30 novembre 2006

    La liste des prix littéraires s’allongent un peu plus chaque année. Un nouveau prix est né : celui du Livre incorrect. Et en effet, à regarder les membres du jury, tendance droite conservatrice, on comprend l’intitulé du prix. Jean Sévillia, rédacteur en chef adjoint du Figaro Magazine et auteur de l’essai Historiquement correct, en est le président. Les autres membres sont entre autres Christine Clerc, journaliste au Figaro Magazine et au Figaro, Éric Zemmour, journaliste politique français, attaché au Figaro.

            L’objectif de ce prix est de récompenser un écrivain subversif, marginal, original. Il peut avoir publié un roman ou un essai. Dores et déjà, on connaît la première sélection et en effet, les titres induisent la polémique :

 

- Supplément au roman national, Jean-Eric Boulin (Stock)

- Les tabous de la gauche, Renaud Dély (Bourin Editeur)

- Etre et parler français, Paul-Marie Coûteaux (Perrin)

- Pour en finir avec la repentance coloniale, Daniel Lefeuvre (Flammarion)

- Le Devoir de déplaire, Eric De Montgolfier (Michel Lafon)

- Immigration, Maxime Tandonnet (Flammarion)

 

            Prix intéressant puisque ces livres sont choisis pour leur caractère incisif et non consensuel, mais il est dommage que la majorité du jury appartienne au même clan politique, dès lors le débat n’a plus lieu.

par Anne-Sophie publié dans : Les archives de l'ancienne Lettrine
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Mercredi 29 novembre 2006

                Souvenez-vous, la semaine dernière, j’ai annoncé l’attribution du prix France Télévisions à Nancy Huston pour Lignes de Failles (Actes Sud), déjà distinguée par le prix Femina. Certains commentaires ont noté, avec certaine ironie, que sur 683 romans publiés en septembre, deux d’entre eux avaient obtenu deux prix. Une lectrice de blogs littéraires, que vous devez certainement connaître, Sylire, a évoqué alors l’existence d’un prix littéraire qui se caractérise par le fait qu’il ne sélectionne que des romans publiés chez des petits ou moyens éditeurs. Il s’agit du prix Inter-CE, c’est-à-dire, Inter Comités d’Entreprise. Trois cents comités d’entreprises françaises participent à ce prix créé à Nantes et à Angers en 1997. Quatre mille lecteurs s’engagent à lire les dix romans, francophones, sélectionnés pour le prix par deux bibliothécaires professionnelles. Enfin, ces comités d’entreprise organisent des rencontres avec les écrivains et diverses manifestations littéraires.

 

            Voici la liste des romans, peu médiatisés en effet :

- Courir dans les bois sans désemparer, Sylvie AYMARD (Éditions Maurice Nadeau)

- Comment immigrer en France en 20 leçons, Luc BASSONG (Éditions Max Milo)

- Bleu, blanc, vert, Maïssa BEY (Éditions de L'Aube)

- Et le ciel a oublié de pleuvoir, BEYROUK (Editions Dapper)

- Les yeux des chiens ont toujours soif, Georges BONNET (Editions Le temps qu'il fait)

- Le théâtre des rêves, Bernard FOGLINO (Éditions Buchet-Chastel)

- Scream test, Grégoire HERVIER (Éditions Au diable vauvert)

- L'heure et l'ombre, Pierre JOURDE (Éditions L'Esprit des péninsules)

- Le chien tchétchène, Michel MAISONNEUVE (Gaïa Éditions)

- Les doigts écorchés, Sylvie ROBIC (Éditions Naïve)

           

            Un prix à suivre, donc !

par Anne-Sophie publié dans : Les archives de l'ancienne Lettrine
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Mardi 28 novembre 2006

    Jeudi dernier, Frédéric Ferney recevait sur le plateau du « Bateau livre » deux auteurs en marge de la mode et qui ont publié sur le tard : Sorj Shalandon et Sylvie Aymard. Le premier est journaliste reporter à Libération. Il vient de recevoir le prix Médicis pour son second roman, Une promesse (Grasset). La seconde a écrit son premier roman, Courir dans les bois sans désemparer (Maurice Nadeau).

    J’aime beaucoup cette émission où journalistes et chroniqueurs ont vraiment lu les œuvres proposées, tout comme les invités. En tout cas, ce fut le cas ce jour-là : S. Aymard et S. Shalandon ont lu et apprécié mutuellement leur livre. L’auteur de La Promesse d’ailleurs avoue que lorsqu’on lui a expliqué le concept de l’émission - lire le roman de l’autre invité et donner ouvertement son point de vue - il trouvait l’idée « casse-gueule ». En lisant l’incipit de Courir dans les bois sans désemparer, il s’est dit que c’était mal parti. Et puis, il s’est laissé transporté par la lecture.

    Comme chaque dimanche, Ferney réunit deux auteurs autour d’un même thème. Il s’agit de l’histoire de deux amours fous, d’univers hantés par des fantômes, de deuils surmontés.

    Le roman de Sylvie Aymard commence par un deuil, celui de l’amant de la narratrice. Celle-ci décide de surmonter cette épreuve et poursuivre sa vie en cherchant la sérénité. Pour Shalandon, ce livre est une sorte de confidence que l’on murmure à l’oreille.

    La Promesse est, selon Ferney, un roman « fragile comme les ailes d’un papillon ». C’est l’histoire d’un vieux couple qui s’aime toujours et cherche les moyens de repousser la mort. Ce roman se distingue par le fait qu’il n’a pas de « salauds, de cynisme ni de violence ». Shalandon est journaliste, le jour, il doit rapporter l’horreur du monde. La nuit, en revanche, il écrit.

    Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire ces deux romans mais la prestation des deux auteurs ainsi que l’enthousiasme de Ferney m’ont donné envie de les découvrir.  

par Anne-Sophie publié dans : Les archives de l'ancienne Lettrine
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Lundi 27 novembre 2006

       C’est un bien curieux roman que je viens de lire : Perdu le Paradis du néerlandais Cees Nooteboom. L’histoire mêle les époques, les pays et les genres. Dans le prologue, un homme, assis dans un avion, observe une jolie femme lisant. Il voudrait connaître le titre mais elle s’arrange pour ne pas le montrer. S’ensuit une réflexion sur la manipulation des livres par les femmes. Selon l’observateur, celles-ci sont extrêmement discrètes quant à ce qu’elles lisent. De leur côté, « les hommes ne lisent plus ». le prologue prend fin quand l’homme atterrit. 

       Sans transition, deux jeunes femmes brésiliennes, d’origine allemande, Alma et Almut, sont présentées. Toutes deux sont passionnées par la culture australienne. Elles sont étudié l’histoire de l’art et Alma s’est spécialisée dans la Renaissance et la représentation des anges dans les scènes d’Annonciation.

         Un jour, elles se décident à réaliser leur rêve : partir en Australie, à l’aventure. Alma rencontre un vieil homme, Cyril Clarence, spécialisé dans la culture aborigène. Grâce à lui, est posé le problème de la colonisation, des réserves, sortes de musées où sont regroupés les aborigènes, refusant le progrès. Ce passage est très intéressant car il n’affirme rien, il interroge. Les aborigènes ont-ils raison de vouloir garder leurs coutumes, et demeurer en dehors du monde moderne ?   Alma va également rencontrer un peintre, un aborigène, inaccessible dont elle va tomber éperdument amoureuse. A travers cette rencontre fugitive, elle perd son innocence et ses illusions et sa vision angélique du monde.

         Arrivée en Europe : c’est désormais la vie d’un critique littéraire, Erik Donzak qui nous est racontée. Mais ne vous inquiétez pas : à la fin, le puzzle est reconstitué !

          Dans Perdu le Paradis, l’auteur nous entraîne dans un univers vaporeux, léger mais étrange. On est quelque peu déboussolé par ces différents récits et narrateurs et par une histoire qui tarde à se mettre en place. Mais Nooteboom, qui n’en est pas à son premier essai (près d’une vingtaine de romans sont traduits en français), écrit un roman poétique et féerique, finalement bien ficelé.
par Anne-Sophie publié dans : Les archives de l'ancienne Lettrine
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