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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 15:07

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Mary Dollinger est un auteur anglais qui a fait le pari risqué d’écrire en français. Elle s’en explique : « lorsque je suis en phase d'écriture, je me plonge dans les classiques français, particulièrement le dix-neuvième siècle pour lequel j'ai une véritable passion. Comme je fréquente beaucoup ces grands auteurs, l'idée m'est venu de les placer face à l'édition du vingt et unième siècle pour voir ce qui se passerait ».

Dans Journal désespéré d’un écrivain raté, elle met en scène les grands écrivains du XIXème siècle face aux éditeurs d’aujourd’hui. Evidemment, les rencontres sont impossibles : les uns ne comprenant pas les démarches littéraires des autres. Ainsi, Stendhal se retrouve-t-il dans le bureau d’Anne Carrière. Celle-ci apprécie son manuscrit de La Chartreuse de Parme mais déplore le fait qu’ « il soit trop long et trop embrouillé ». L’éditrice met en évidence les incohérences du texte et estime qu’en 52 jours seulement pour rédiger ce manuscrit, il est logique qu’il ait cet aspect « bâclé ». L’auteur est donc prié de reprendre son texte. Autre problème avec Flaubert chez l’éditeur Jacques André : le prénom d’Emma Bovary n’est pas assez moderne et selon lui, il faudrait que les services sociaux viennent au secours de la petite Berthe au lieu de rester avec sa nourrice. De même, Jacques André aimerait plus de sexe entre Emma et Rodolphe. Enfin, les éditeurs reprochent aux auteurs leurs trop longues descriptions qui ralentissent la lecture.

Ce petit texte est amusant et pose différents problèmes liés à l’édition aujourd’hui. D’abord, selon Mary Dallinger, aujourd’hui les auteurs du XIXème siècle n’auraient pas la moindre chance d’être publiés. D’abord, plus personne n’écrit comme Flaubert ou Maupassant. La langue et la pensée ont évolué. Est-ce qu’au XIXème siècle, on aurait publié La Princesse de Clèves sans le remanier un peu pour le rendre « plus moderne » ?

Ensuite, Mary Dollinger laisse entendre que les éditeurs veulent des textes concis, peu descriptifs mais plus d’action et d’ « explicit sex ». Je ne suis pas tout à fait d’accord. Même s’il est vrai que nombreux sont les lecteurs qui aiment plutôt ce genre de livres, des éditeurs prennent des risques et publient des textes exigeants sans se préoccuper du goût de la majorité. D’ailleurs, dans le genre roman très long, « embrouillé » (tel que l’entend le personnage d’Anne Carrière dans ce Journal) et descriptif, Les Bienveillantes en est un bel exemple.

 

Mary Dollinger a publié ce petit roman chez l’éditeur Jacques André dans sa nouvelle collection « en attendant le bus ». L’auteur précise que « c’est un ancien imprimeur, passionné de littérature, qui a tout laissé tomber il y 6 ans pour se lancer dans l'édition ». Il imprime tous ses livres. On pourra déplorer simplement quelques coquilles. C'est un éditeur auto-diffusé,  il est référencé chez Electre, FNAC, Decitre, Amazon.

 


Le blog de Mary Dollinger

Le site de l’éditeur André Editeur

 

Publié dans : Sans intérêt
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