Anne Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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A priori Eric-Emmanuel Schmitt est un écrivain qui
m’agace. A l’instar d’un Paolo Coelho, il veut apporter la bonne parole à ses lecteurs, lui qui a eu la révélation une nuit dans le désert. Ces textes plein de bons sentiments m’irritent voire
m’effraient un peu en général. J’avais une image plutôt négative d’un auteur mièvre, illuminé. Les romans racontant la vie de Jésus, même s’ils sont très bien écrits comme La
Dernière tentation de Jésus de Níkos Kazantzákis, me gênent un peu parce qu’ils me rappellent trop les prêches de certains curés de mon enfance. Mais, bien décidée à tenter
une nouvelle fois l’expérience, pour vous, chers lecteurs, j’ai lu L’évangile selon Pilate de Schmitt.
A priori, donc, ce livre avait tout pour me déplaire : un auteur illuminé, un sujet sensible… Mais je l’ai dévoré ! La première partie m’a un peu inquiétée… Elle est consacrée à Jésus qui prend la parole pour raconter son enfance et les péripéties qui l’ont mené à son arrestation fatale. J’ai appris que l’auteur a commencé à écrire, adolescent, en faisant des pastiches, il affirme même avoir un don pour cela. Je ne puis qu’abonder dans ce sens. En lisant sous sa plume les paroles de Jésus, j’avais l’impression de lire les Evangiles eux-mêmes. Ces paroles pleines de bonté et d’amour ont le don de me mettre mal à l’aise profondément.
Mais, plusieurs aspects positifs m’ont donné envie de poursuivre ma lecture. D’abord, contrairement à ce que je m’imaginais, c’est très bien écrit. L’incipit décrit un lieu, Israël, où Jésus est né et où il va mourir dans les prochaines heures : « Israël est une terre d’oliviers, de cailloux, d’étoiles et de bergers, une terre où les dattes sèchent sur la paille des greniers, une terre d’angoisse où les cœurs mûrissent dans l’attente du sauveur, une terre d’orange, de citron et d’espoir, Israël est mon jardin, le jardin où je suis né, ce jardin même où je dois bientôt mourir ». Dans la seconde partie, Ponce Pilate, préfet en Judée, rapporte la mort du condamné Jésus et le mystère qui l’entoure. Les premières pages débutant cette partie sont enthousiasmantes : Pilate y décrit avec mépris Jérusalem, description en opposition totale avec celle de Jésus. « Je hais Jérusalem. L’air qu’on y respire n’est pas l’air mais un poison qui rend fou. Tout devient excessif dans ce dédale de rues qui ne sont pas faites pour se diriger mais pour se perdre, sur ces chaussées où l’on se cogne au lieu de circuler, parmi ce fracassement de langues qui arrivent de tout l’Orient et qui ne parlent que pour ne pas s’entendre. On crie dehors, on chuchote trop dedans. On ne respecte l’ordre romain que parce qu’on l’exècre ».
Ensuite, je n’ai pu lâcher le livre parce que l’auteur a beaucoup d’humour. Il prévoit la réaction des lecteurs lisant ces « paroles d’amour » et raconte avec truculence la façon dont réagissent les gens quand Jésus, à tout bout de champ, leur lance : « Je vous aime ». Ceux-ci s’enfuient en courant, effrayés !
Dans cet Evangile selon Pilate, il est question de comprendre qui était Jésus. Selon Schmitt, il était mauvais charpentier et mauvais Juif, incapable de respecter shabbat et les textes sacrés. Peu à peu, la rumeur court qu’il est le messie tant attendu, lui qui sans s’en rendre compte, réalise divers miracles. L’auteur émet des hypothèses : Judas ne serait pas le traître que l’on croit mais au contraire le plus fidèle des disciples de Jésus, qui par amour pour lui, accepterait de le dénoncer pour qu’il pût accomplir son destin ! De même, la femme de Ponce Pilate aurait été présente lors de la crucifixion et de la mise au tombeau de Jésus. C’est parce qu’elle a cru en lui et en sa résurrection que son époux mène l’enquête sur le mystère de la disparition du corps.
En ces temps de fêtes, je suis ravie d’avoir débuté cette nouvelle catégorie, « a priori… mais » avec L’Evangile selon Pilate car, contre toute attente, j’ai passé un très bon moment de lecture et de réflexion.
Excellentes fêtes.
Jésus est le personnage central du roman de Kazantzakis...
Joyeuses fêtes également !
La veillée de Noël 2007 n'est plus qu'a quelques heures.
Pour un grand nombre d'entre-nous, réunion familiale suivi de festin et de cadeaux enchanteurs, et l'on a tous besoin de ces moments de quiétude et de chaleur intérieure qui nous caresse l'âme et nous conduisent inlassablement vers le passé.
A t'on besoin de ces livres de Jésus, a t'on besoin de sa science, de sa bonne parole lorsque l'on est quelque peu béni des dieux ? Et pourtant je le crois profondément, oui ! Même si sa parole, son idéologie, sa bonté sont avant tout un hymne à la tolérance... son vécu de joie et de souffrance, pour apporter le plus de réconfort possible, à des mals lotis, aux faibles et aux malades, et à toutes ces âmes que l'on ne cesse de condamner avant qu'elles ne viennent au monde.
Coelho est un sage de la littérature comme d'autres qui nous paraîssent être illuminés. Ce que j'aime dans leur écriture, c'est cette niaserie de mots angéliques qui possèdent le pouvoir immense de nous transporter vers la douceur d'un monde plus acceuillant, plus beau et qui devient de plus en plus immatériel.
Très bonne inspiration de lecture, on va se laisser bercer durant nos douces nuits de fin d'année et qui sait chasser pour un temps les inspirations du malin.
AUGURI DI BUON NATALE... Joyeux Noël à tous ces enfants que la vie acceuille durant les incantations de paix.
Joyeux Jésus, qui vit en nous et qui réchauffe le coeur du monde.
Bonnes fêtes
Eh bien, ce livre semble vous avoir inspiré, Saolone Giuseppe.
Je ne sais si Noël symbolise les mêmes valeurs pour vous comme les internautes, mais, vos paroles apportent certainement espoir et chaleur en nous tous. Merci et joyeux Noël à vous aussi.
Bonnes fêtes les filles et à très bientôt
roman qui m'avait aussi agréablement surprise....
Sans l'adorer, j'ai passé un très bon moment avec ce livre
bonnes fêtes
@ Nicolas : je n'ai pas lu La Part de l'autre. Je m'aventure peu à peu dans la littérature qui, a priori, ne m'emballe pas. Désormais, je peux lire avec moins d'appréhension les autres livres de Schmitt.
A y être, faire aussi un crochet par "Lorsque j'étais une oeuvre d'art" , vision romancée et rocambolesque de l'art contemporain futuriste...
Trés bonne Année de livres à tous...
Et j'ai dévoré ce livre...
Cdlt
Géraldine
La Secte des égoïstes, c'est bon aussi. Mais j'avais été refroidie par des trucs tel que Oscar et la Dame rose.
En fait, il semble que Schmitt ait tout de même conservé son talent...