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Anne Sophie Demonchy
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 11:56

grande-ourse-couv-1-.gif J’ai aperçu Romain Verger en septembre dernier au Merle moqueur. Son éditeur, Pascal Arnaud, faisait une présentation de sa maison d’édition : Quidam. Romain Verger a lu de larges extraits de son nouveau roman, Grande Ourse. Les mois ont passé, et l’histoire aurait pu s’arrêter là si je n’avais pas profondément aimé ce roman puissant et mystérieux. J’ai proposé à l’auteur de nous rencontrer pour une interview. Il a posé ses conditions : pas d’enregistrement ni de caméra. Il préférait pouvoir écrire ses réponses, avoir le temps dé réfléchir. En attendant l’interview, je vous propose de découvrir son livre.

 

Le résumé peut décontenancer voire détourner le lecteur de Grande Ourse, peu habitué à des histoires si originales et se déroulant à deux époques aussi éloignées que la préhistoire et la nôtre. Il aurait tort. Deux histoires se mêlent et se font écho : d’abord, Arcas, homme préhistorique, doit survivre seul dans une grotte, dans le froid et la faim. D’autre part, Mâchefer est modeste gardien à la Galerie d'anatomie comparée du Jardin des Plantes. Passionné par la minéralité des grands corps fossiles issus de la Préhistoire, il cherche à épurer son corps dans l’espoir de leur ressembler.  

On a donc deux histoires qui sont en étrange résonance : tandis que Arcas vit dans une grotte, seul et affamé, Mâchefer, anorexique, vit dans un pavillon de banlieue qu’il partage avec une horrible voisine. Tandis que l’un ne pense qu’aux plaisirs de la chair : manger, s’accoupler, dormir ; l’autre cherche une vie d’ascète, à l’écart des hommes.

Dans les deux histoires, Romain Verger veut faire jaillir les besoins les plus archaïques dans des scènes sauvages, violentes, parfois primitives, notamment dans les accouplements sexuels. Pour Arcas, ces scènes sont festives, pulsionnelles ; tandis que pour Mâchefer, elles sont destructives. L’un recherche la jouissance, l’autre l’anéantissement.

Avec un certain appétit, Romain Verger fait le récit, à travers des phrases amples et poétiques, des désirs fondateurs de l’homme. Certains épisodes peuvent choquer tant le corps et ses matières fécales tiennent une place importante. Il ne s’agit que de nourriture et de chair, de sexe et de besoins physiques. C’est par cette langue foisonnante et précise mêlant fantasmes et réalité que l’auteur nous renvoie à notre inconscient collectif et primaire.

 

 

Demain : l’interview de Romain Verger !

Publié dans : Vraiment bien !
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Commentaires

Cela n'a pas pas de sens immédiat avec "La grande Ourse de Romain Verger
J'aimerai lire votre écriture intime.
Peut-être un jour ...Mais sous quel nom?
Sensibilité quand tu nous tiens...
Commentaire n°1 posté par laurent le 12/03/2008 à 14h24
Merci de nous faire découvrir un auteur et une maison d'édition dont j'ignorais tout. Cette "grande ourse" a en effet l'air très originale, j'aime bien les principes d'écriture et de structure, tels que tu les évoques en tout cas; il y a une originalité intéressante dans le projet. Et puis sa volonté de répondre à une "interview" par écrit, calmement, alors que l'époque est à la spontanéité forcenée, au direct et au visuel à tout prix, ça me plaît bien. Vivement demain! :)
Commentaire n°2 posté par Marco le 12/03/2008 à 15h46
Assez etonnant... j'attends l'interview...
Commentaire n°3 posté par Gambadou le 13/03/2008 à 14h09
Dans le sujet, et en même temps hors du sujet. Peine, violence et écœurement de partout et dans le monde. « La Tragedia Dei Sogni » A la mémoire de Katoucha Niane, Les traditions ont la vie dure « Il faut apprendre et encore apprendre à l’homme, que les êtres naissent égaux, nus et sans chaîne. Nul ne peut, ne doit pour satisfaire sa volonté, imposer à un autre humain de devenir sa chose, son objet. "Qui parle de liberté ? Qui ose mutiler cette même liberté ?" Niane Destinée d’une Madone en révolte. La belle panthère ne fut pas désinvolte, Tremblante, meurtrie à neuf ans par l’excision, A l’âge d’or, on ne rêve pas de soumission. Les tabous sont la disgrâce des peuples et, Le silence cloisonne l’obscurantisme effréné. Une voix, un cri, une souffrance, s’est éteinte. Mais sa lumière brille et laisse entendre sa plainte Pas un jour, pas une joie, ne lui on fait oublier sa douleur. Elle a gardé en son âme un stigmate du Christ. Ô sueur ! Ô odeur ! Et pourquoi vous tiennent-elles ? Vous coupent ? Katoucha dite-vous est morte, non ! Katoucha n’est pas morte ! Elle continue son combat ! Parcourt le monde, le regarde a la loupe. L’armure d’aujourd’hui la rend indestructible. L’invincible l’escorte. Peut-être dimanche au salon du livre.
Commentaire n°4 posté par salamone giuseppe le 14/03/2008 à 15h16

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