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Anne Sophie Demonchy
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Jeudi 3 avril 2008


Il y a quelque temps, je vous racontais que j’aimais beaucoup griffonner dans mes livres, souligner les passages qui me plaisent, noter des idées sur la page de garde… Ce plaisir n’est guère possible avec les éditions Finitude. Donner un coup de crayon à de si beaux livres serait un crime. Le plaisir réside cette fois dans le toucher du beau papier, l’observation des illustrations… Au lieu de prendre des notes, j’ai glissé des morceaux de papier en guise de marque page dans le très esthétique livre de Jean-Pierre Enard, La reine du technicolor. Après réflexion, ce n’est guère pratique et j’aurais mieux fait de me munir, comme l’a conseillé Thierry Richard, d’un carnet pour y consigner citations et pensées fugaces.

L’histoire se passe à Paris dans les années 1950. Une femme, l’actrice Lola Cortez, engage le détective privé, Jean Vernet, pour la protéger car elle se sent menacée. Quelques jours plus tard, encore ému par la présence de cette très belle femme dans son bureau, et tandis qu’il se prépare à aller la voir au cinéma, en compagnie de son fils et de son épouse, dans Les Pirates des Caraïbes, il apprend sa mort. Immédiatement, il mène l’enquête pour savoir si véritablement elle a fait une crise cardiaque ou bien si quelqu’un l’a assassinée.

Ce roman est fascinant parce qu’il dépeint avec une certaine gouaille le Paris de l’après-guerre. A cette époque, les enfants s’habillent avec des pantalons de golfe à la Tintin, boivent du coca-cola et découvrent le cinéma hollywoodien.

Les titres des chapitres font également référence au cinéma ou à la chanson des années 1930 (« avoir un bon copain » de Georges Brassens ; Lola Lola, héroïne de L’ange bleu incarnée par Marlène Dietrich…). Le narrateur, qui est le petit garçon du privé, admire Lola Cortez, ses productions, son physique avantageux, et envie son père de pouvoir côtoyer les stars du cinéma pour trouver la clef de l’énigme.

La Reine du technicolor est moins un roman policier qu’un hommage rendu au cinéma des années 1950, où les noms d’Humphrey Bogart, Jean Gabin et les autres émaillent un texte drôle et léger.

Deux bonus pour les amoureux du beau livre : les titres des chapitres apparaissent dans un cadre dessinant une pellicule de film rappelant ainsi la thématique dominante du roman et deux photos de Maria Montez (actrice qui a inspiré à Enard l’héroïne de La reine du technicolor) illustrent la couverture ainsi que la première page.

 

Publié dans : Pas mal...
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