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Anne Sophie Demonchy
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /2008 11:26

Jeudi dernier, Le Figaro littéraire publiait une enquête sur les nègres littéraires (merci In cold blog de m’avoir avertie). Le sujet me passionne pour différentes raisons et l’an dernier j’ai eu l’occasion d’en savoir un peu plus grâce à une enquête que j’ai menée pour Le Magazine des Livres. J’ai rencontré de nombreux nègres qui ont bien voulu me faire des confidences. J’espérais, un peu naïvement, apprendre de nouvelles anecdotes dans Le Figaro littéraire mais j’ai été très déçue. Dans un premier temps. Mais en y réfléchissant, j’ai réalisé combien il est difficile de rendre compte d’une enquête sur ce sujet : les nègres vous livrent toujours le même discours maintes fois répété.

Un nègre, normalement, est tenu par le secret. Il ne devrait pas avouer dans les journaux qu’il a « collaboré Â» avec tel ou tel auteur. Il devrait se contenter de dire qu’il est nègre. Et encore…  Selon Anne Carrière, les nègres, qui ont signé un contrat, doivent respecter leur engagement.  Ce ne sont pas eux qui doivent se mettre en avant, mais les auteurs qui signent les livres. Ce sont eux que l’on veut lire. L’an dernier, j’ai connu deux déconvenues : deux auteurs ne voulaient pas témoigner parce qu’ils venaient de publier un roman et ne voulaient pas être discrédités en avouant qu’ils étaient ou avaient été nègres. Finalement, l’un des deux a accepté de me rencontrer à condition que je parle de son livre dans Le Magazine des Livres et que je ne cite pas son nom dans l’enquête. L’autre a refusé, voulant se concentrer sur la promotion de son livre (un best-seller).

Une enquête sur les nègres littéraires est à la fois passionnante et très frustrante. Passionnante parce que l’on pénètre dans les coulisses de l’édition. On apprend ainsi comment fonctionnent certaines grandes maisons, comment se fabrique un best-seller, et l’on découvre aussi que certains doutes que l’on avait à l’égard d’auteurs, très occupés, s’avèrent justes. C’est grisant, c’est scandaleux aussi parfois. Enquête frustrante surtout car si les nègres acceptent sans difficulté de parler de leur travail ou de la relation qu’ils ont avec leurs collaborateurs, dès qu’ils vous glissent des indiscrétions, ils vous demandent de couper l’enregistrement.

Les nègres aiment jouer. Leur plus grand plaisir est de lancer des rumeurs, affirmer que tel auteur a un collaborateur. On questionne un autre prête plume qui, la main sur le cœur, vous jure le contraire en vous avertissant que si vous écrivez cette révélation, vous risquez un procès. Même si vous avez réussi à remonter à la source, en trouvant qui écrit pour cet auteur, jamais vous ne pourrez l’écrire dans votre enquête…

Un nègre, en particulier, m’a raconté des balivernes et j’ai tout gobé. A ma décharge, j’étais au début de l’enquête. Il ne savait pas non plus que j’allais creuser tout ce qu’il m’avait dit et me rendre compte que c’est un véritable affabulateur. Il m’a raconté, par exemple, qu’il n’avait jamais écrit et n’écrirait jamais de romans pour quiconque. Quelque temps plus tard, je me rends chez un grand éditeur qui me dit, en passant, que le nègre en question, vient de leur remettre le manuscrit d’un roman signé par un autre !

Il faut savoir que les nègres sont censés ne rien dire de leurs activités. Ils peuvent, à la limite, avouer qu’ils ont écrit pour Loana, Michel Drucker ou Jean-Marie Bigard, cela n’étonnera personne. On ne demande pas à Zidane de savoir écrire mais de remporter des matches. En revanche, qu’un nègre avoue écrire des romans à la place d’un auteur est un sacrilège. Bien peu ont osé le faire et cela ne leur a pas porté chance. Les éditeurs d’ailleurs ne font plus confiance aux bavards puisque c’est non seulement l’image de l’auteur qui est entachée mais également la leur. Jamais par conséquent un nègre ne vous avouera avoir écrit un roman pour un autre.

Finalement, les romans sur le sujet en disent peut-être plus que les articles qui sont toujours prudents. Tout le monde étant tenu au secret, il n’y a que par le biais de la fiction que les nègres peuvent donner quelques révélations, même si jamais, aucun nom ne sera lâché.

Publié dans : La littérature en question
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Commentaires

Billet très intéressant, merci Anne Sophie.
Je me demande souvent ce qu'un "nègre" littéraire a dans la tête: l'argent ou la possibilité de mettre un pied dans l'édition me paraissent des motivations bien faibles par rapport à la contre-partie: voir un nom à la place du sien, cacher sa paternité... (je parle bien sûr des oeuvres "un minimum" littéraires, pas des autobiographies de Loana et autres:)
Par ailleurs, comme tu le montres bien ici, ce qu'il y a de vicieux avec cette notion, c'est que ça peut donner lieu aux rumeurs les plus folles, les mythomanes peuvent s'en donner à coeur joie, surtout qu'on est dans le demi-mot (au fait, saviez vous que j'avais donné un coup de main à Muriel Barbery, pour son Hérisson, elle bloquait au milieu de l'histoire, j'ai dû lui écrire la fin... mais chuuuut... je ne peux pas en dire plus... pour la réputation de Muriel et pour moi même...vous comprenez, hein). Sérieusement, tout "témoignage" doit être pris avec des pincettes, on imagine les réglements de comptes qui peuvent expliquer ce type de rumeurs. Du coup, j'ai tendance à penser que ce phénomène est très marginal en littérature, même pour les best sellers, mais sans doute suis-je (encore une fois) trop naïf.
Commentaire n°1 posté par Marco le 06/04/2008 à 13h11
En fait tes questionnements sont légitimes. Les nègres qui acceptent d'écrire des romans ont vraiment besoin de fric. Et dans le milieu éditorial, son nom se passera discrètement de maison en maison. Ce sera la consécration pour lui après.
D'autre part, il ne faut pas comprendre nègre et rewriter. Le nègre écrit une histoire à partir d'une page blanche tandis que le rewriter corrige, propose de nouvelles pistes, voire réécrit certains passages. Il peut donc arriver à n'importe quel auteur de voir son texte "réécrit" avec la collaboration d'un pro, voire de l'éditeur lui-même mais c'est une chose courante.
Pour le nombre de livres écrits par des nègres, cela concerne à peu près 20% de la production éditoriale (essais, documents, romans...). Tu vois, cela n'a rien de marginal !
Commentaire n°2 posté par Anne-Sophie le 06/04/2008 à 13h19
Vingt pour cent ? C'est incroyable cela. Ceci dit, je me demande aussi la satisfaction que le nègre peut éprouver dans ce genre de métier. Il fait tout le travail et c'est un autre qui en reçoit les lauriers. J'ai eu l'occasion de discuter un jour avec quelqu'un qui se disait nègre. Selon lui, il écrivait des pans entiers de romans et il aurait même plus que collaboré au scénario du film « la Discrète » (1990), de Christian Vincent (avec Fabrice Luchini). Difficile de savoir s’il disait vrai ou si c’était un mythomane. Il insistait beaucoup sur le fait qu’il connaissait des gens célèbres, comme Daniel Auteuil ou Juliette Binoche, avec qui il entretenait, selon lui, une correspondance régulière. Quand je lui ai demandé pourquoi il n’écrivait pas de livres sous son nom, il s’est embarqué dans une longue explication sur l’impossibilité qui était la sienne de revendiquer la paternité d’une œuvre (problèmes liés semble-t-il à sa relation avec son propre père et au fait qu’il n’avait pas lui-même d’enfants). Il se pourrait bien qu’il ait dit vrai. Ce qui est sûr, c’est qu’il « montait » régulièrement à Paris le week-end avec la voiture de la société où il travaillait (un grand syndicat, en fait) et qu’il était en relation avec les milieux de l’édition. Mais la question que je me pose est la suivante : un nègre peut-il espérer devenir un jour un auteur reconnu ? On aurait tendance à dire que oui, surtout s’il a fait ses preuves et que les romans qu’il a écrits pour d’autres se sont bien vendus. D’un autre côté, on sait qu’il faut être connu pour se faire éditer, or par définition le nègre ne l’est pas. Va-t-on miser sur lui, sur son génie propre ou préférera-t-on le laisser dans l’anonymat afin de continuer à profiter de ses services ?
Commentaire n°3 posté par Feuilly le 07/04/2008 à 08h49
J'avoue que c'est un boulot qui m'a souvent tenté, nègre.
Commentaire n°4 posté par LVE le 07/04/2008 à 09h44
Je n'ai jamais bien compris quel peut être l'intérêt pour un auteur de signer l'oeuvre d'un autre. Où se trouve la satisfaction personnelle, le plaisir de la création ? Faut-il vraiment manquer d'amour-propre à ce point ?
Commentaire n°5 posté par Marie le 07/04/2008 à 09h58
L'argent en grande partie...
Réponse de Anne-Sophie le 07/04/2008 à 22h31
I y a un problème dans votre article, Anne-Sophie. On apprend - pour qui l'aurait ignoré - qu'il existe des prête plume (concédez-moi de ne pas utiliser le mot nègre, même consacré par l'académie. Il est un peu trop chargé d'histoire)
Donc vous dites, il y a des prete pume. C'est tout.
J'attendais beaucoup en entamant ma lecture. Je n'ai rien appris. Je me doutais un peu que les prete plume voulaient garder l'anonymat, voyez-vous. Je comprends bien que vous ne puissiez en dire plus. Mais alors pourquoi le dire ? "Je sais des choses, mais je ne peux vous les dire...."
J'aime bien votre blog, Anne-Sophie, mais là, je trouve que ce genre d'article dessert sa propre cause. Il amplifie les rumeurs, augmente les paranos et les suspicions sans rien apporter de plus. Comme dit ailleurs : "C'est là où on sait le moins qu'on fait soupconner le plus."
Bien cordialement
Commentaire n°6 posté par redonnet le 07/04/2008 à 12h19
Je comprends votre frustration et c'est exactement celle que j'ai ressentie en lisant l'enquête sur les co-auteurs (si vous préférez) dans Le Figaro : on est toujours déçu parce qu'on voudrait avoir des noms, or la règle est le silence. D'accord avec vous sur le fait qiue cela génère des rumeurs de toutes sortes et j'en ai été victime moi-même en menant l'enquête : l'un vous dit un tel a écrit pour Untel qui vous juree le contraire mais vous apporte une nouvelle info. Ca devient un véritable méli-mélo de vraies et de fausses révélations.
Quant à ce billet décevant, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois !

Cordialement,
Réponse de Anne-Sophie le 07/04/2008 à 22h31

Une question que je me suis toujours posé : comment fait-on pour devenir nègre littéraire ?
Ce sont des auteurs ratés ? Des auteurs qui ne vendent pas et auxquels on fait ce genre de "propositions" ? Des gens qui traînent dans les cercles fermés parisiens ? 
Comment sont-ils choisis ? On leur fait passer des tests, comme les correcteurs ? 

Bon d'accord, ça fait six questions ;-) 

Commentaire n°7 posté par newton le 07/04/2008 à 14h17
Moi aussi, tu sais que j'écris sous d'autres noms:).
Mais on ne peut rien dire!

Un de mes amis a effectué cette tâche durant près de 25 ans, aujourd'hui il publie des livres sous son propre nom mais les grandes maisons avec qui il a travaillé lui refusent ses textes. Pourquoi?
Parce qu'ils ont peur que l'on reconnaisse son style! Il recommence tout à zéro parce qu'il aime écrire par-dessus tout.
Mais quelle ingratitude envers lui je trouve...
Commentaire n°8 posté par Elisabeth Robert le 07/04/2008 à 15h44
Et avez-vous accepté de parler dans Livres Hebdo du livre officiel du nègre en question ?
Commentaire n°9 posté par Jeanne le 08/04/2008 à 15h15
@Jeanne,
vous voulez sans doute dire "Magazine des livres" et noin "LIvres Hebdo". J'ai accepté de parler de son livre qui m'a beaucoup plus. Sinon, je l'aurais lu mais n'en aurais rien dit... Il se trouve que le livre était vraiment bien, donc le deal a fonctionné. Vous voulez mener l'enquête pour se cache derrière cet anonyme ?!
Commentaire n°10 posté par Anne-Sophie le 08/04/2008 à 17h46
@Newton,
j'ai oublié de répondre à vos questions.
1) On devient nègre parfois par hasard : un éditeur vous propose de collaborer avec un auteur pour lui écrire son bouquin. Il vous connaît donc. Ou bien parce que vous l'avez décidé : vous écrivez par exemple pas mal dans la presse, vous êtes journaliste, vous avez une plume...
2) Ce ne sont pas des auteurs ratés, enfin je crois. Rambaud, Dan Franck ont été primés par des prix littéraires reconnus. D'autres, et je réponds ainsi à MARIE entre autres, ne veulent pas écrire sous leur propre nom pour rester libres, écrire des trucs dont ils ne seraient pas particulièrement fiers d'être auteurs...
3)Les nègres qui écrivent aussi sous leur propre nom veulent souvent pouvoir vivre de leur plume et bpar conséqwuent acceptent d'écrire pour d'autres. Mais ce n'est pas parce qu'ils ne ven,dent pas qu'on leur propose ce job.
4) Ce sont souvent des gens qui connaissent bien le milieu. Mais pas toujours. Ils sont en tout cas là au bon moment et savent flairer le bon coup. Il peut même arriver que des nègres présentent des auteurs à leur(s) éditeur(s).
5) Ils sont choisis par l'auteur et l'éditeur à partir d'un CV et d'un book : les nègres présentent leurs différents travaux.
6) On ne leur fait pas passer de test mais parfois un entretien



Merci de ces questions Newton, j'y reviendrai donc plus tard dans un billet, de façon plus développée.
Commentaire n°11 posté par Anne-Sophie le 08/04/2008 à 17h55
Merci pour toutes ces infos intéressantes - il y a effectivement plus de "ghostwriters" (désolée pour le terme anglais, mais je le préfère franchement à l'autre !) qu'on croit et la plupart du temps, c'est une question d'argent (quand on sait ce que rapportent les droits d'auteur en général...) Certains publient sous leur vrai nom et écrivent simultanément pour d'autres, histoire de ne pas avoir à vivre du rmi...
Commentaire n°12 posté par Blandine le 08/04/2008 à 18h26
Désolée, je me suis mal exprimée. J'entendais par auteur celui dont le nom figure sur la couverture et non celui qui en est le maître d'oeuvre. Autant je peux concevoir que des "people" fassent appel à un "nègre", autant j'ai de la peine à saisir l'intérêt de ceux qui disent "avoir sué sur leur oeuvre", alors que leur seul effort fut d'apposer leur nom en bas des pages écrites pas un autre.
Commentaire n°13 posté par Marie le 09/04/2008 à 13h20
Merci beaucoup pour ces précisions !
Nègre, une profession décidément bien mystérieuse...
Commentaire n°14 posté par Newton le 09/04/2008 à 14h19
bonjour,

pour ma part le mot "nègre" aurait tendance à me géner, et ce qui me gêne le plus c'est le fait que ça n'a pas l'air de gêner beaucoup. Il n'y a que quelques rares remarques. Le statut du nègre est proche de l'esclave sans identité, sans capacité d'avoir une parole revendiquée. Sans doute vit il une improbable liberté. Sans doute y a t 'il queque chose de grisant de créer dans l'ombre.

Je préfère le mot "plume". Les maisons engageraient des "plumes". ça n'a rien de scandalisant. Il y a des auteurs que j'imagine mal écrire, je ne serais pas étonné qu'ils aient une plume, et ça ne me scandiserais pas, je pense même que ça me rassurerait. L'écrivain a tant cette aura d'une certaine perfection que cela me donne à douter.
Commentaire n°15 posté par jan abbie le 11/04/2008 à 12h15
Le terme me gène également, mais peut être n'est-ce qu'à cause de sa connotation péjorative. Je ne crois pas que si l'usage avait choisi un autre terme, celui ci serait autant rejeté. (combien de personnes ne demandent pas de "tête de nègre" au salon de thé ... à cause du nom ? )
Ce qui me gène également c'est le côté "je fais faire mon travail par un autre, mais c'est moi qui ait les honneurs". Que certains auteurs souhaitent rester anonymes, veuillent faire un exercice de style, aient besoin d'argent ... je veux bien comprendre tout cela.
Mais que penser de l'auteur qui signe quelque chose qu'il n'a pas écrit, et qui touche les droits d'auteur  y afférents ? Que penserait on du peintre qui se contenterait de signer des toiles sans toucher un pinceau ? du chanteur qui n'utiliserait que le play-back ... ? Le droit d'auteur est censé rémunérer le travail de l'auteur, pas le droit à l'image ... Où ces gens placent ils leur fierté  ?
Que penser également des maisons d'éditions qui tolèrent ou suscitent de tels procédés ? Si le signataire de l'oeuvre écrit si mal, ou si peu ... ou si ... je ne sais quoi, pourquoi le contrat est il à son nom ?  et si celui qui écrit le fait si bien, pourquoi n'est-ce pas lui que l'on voit en 4° de couverture ?  Cela ne sert qu'à rendre le système plus incompréhensible  - et donc plus criticable - au néophite.
Pour ma part, je me considère comme une "apprentie écrivaillone" plus que comme un auteur. Et je pense que toute peine mérite salaire et que le droit d'auteur doit revenir à l'auteur réel, pas à celui qui fait plus joli sur la photo et qui parle bien à la télé. Mais sans doute suis-je une idéaliste ...
Commentaire n°16 posté par Valérie le 14/04/2008 à 13h21
Je n'y connaissais rien, merci pour ce beau papier !
Commentaire n°17 posté par ecaterina le 17/04/2008 à 22h19
Je trouve votre billet excellent. Aussi bon que celui du Figaro Littéraire qui m'avait laissé sur ma faim. Le vôtre aussi me laisse sur ma faim, mais c'est une faim plus salivante.
Oui, les nègres sont de fascinants personnages littéraires.
J'ai récemment passé une journée avec un nègre, qui était mon voisin de stand dans un salon du livre. Il venait d'écrire, et de bien écrire, un premier roman, et m'a dit qu'il vivait déjà de sa plume. Devant mon étonnement, il m'a précisé qu'il était nègre de deux auteurs connus. Il m'a instamment demandé de ne pas citer son nom - demande que j'ai toujours respectée.
C'était un vrai professionnel : malgré mon indiscrète insistance, il n'a jamais voulu me donner le nom de ces auteurs-imposteurs. Mais, à ma question "Ca ne vous frustre pas de ne pas vous sentir vous-même quand vous écrivez ?", il m'a répondu : "Je me sens plus moi-même quand j'écris pour eux que lorsque j'écris sous mon vrai nom. J'ai plus confiance en moi, je prends plus de risques..."
Commentaire n°18 posté par Georges F. le 22/04/2008 à 17h02
J'ai entendu, dernièrement, Dan Franck (que j'apprécie comme auteur !!) parler de son "métier" de nègre au cours d'une émission radio. Ton billet, très intéressant, m'a rappelé son discours et son dernier livre qui traite de cette fonction si demandée par certains "grands" écrivains du moment !!! Plutôt drôle et cocasse, mais parfois sinistre et affligeant ce mépris pour les nègres en littérature. Certains doivent oublier qu'ils ne seraient rien sans ces personnes-là !!!
Commentaire n°19 posté par Nanne le 22/04/2008 à 22h08
Merci Georges pour votre témoignage... et pour le compliment !
Je vais de ce pas visister votre blog.
Commentaire n°20 posté par Anne-Sophie le 23/04/2008 à 15h45
Anne-Sophie, avez-vous vu le dernier Lelouch, "Un roman de gare" ? Si pas encore, je vous le conseille car il est excellent et traite justement du problème identitaire du nègre en littérature.
Commentaire n°21 posté par Pascale le 30/04/2008 à 15h44
Bonjour ¨Pascale,
je l'ai vu et j'en parle là : http://www.lalettrine.com/article-7044474.html

Réponse de Anne-Sophie le 01/05/2008 à 17h29
Bonjour,

je découvre ce site en tombant sur billet et j'avoue que j'en reste pantois. Bien sûr, je savais que cette pratique existait mais à de telles proportions !
Je ne me considère pas (encore) comme un auteur, puisque je n'en vis pas, mais je comprends très bien que l'on puisse être "nègre". Simplement parce que, lorsqu'on écrit, c'est en tout cas mon cas, on devient un autre, voire plusieurs autres. Je ne parle pas de schizophrénie, mais de roles. On se met à la place de chacun de ses personnages.
Ainsi, je pense qu'il n'est pas difficile, par la suite de se mettre à la place d'un "personnage extèrieur", tout comme on écrirait sur un sujet particulier.
L'amour propre, ensuite ?
Et bien, on fait avec, comme souvent dans la vie, sans être "nègre", non ?

Merci pour ce billet et j'ajoute ce site dans mes favoris : c'est un joli coin pour de belles balades, on dirait.

Alainement,

Cordial.
Commentaire n°22 posté par Galindo Alain le 09/05/2008 à 18h30
Bonjour,

Ecrire est pour moi aujourd'hui une véritable passion. Réussir à gagner ma vie en le faisant est le but très très difficile que je me suis pourtant fixé. Ne pas être sous les feux de la rampe et assouvir cette passion me convient parfaitement - je suis plutôt introverti et aime simplement laisser vagabonder mon imagination pour le plaisir du lecteur. Le métier de "nègre" me conviendrait parfaitement. Si alors quelqu'un pouvait me signaler les bonnes adresses ou autres contacts permettant de proposer ses services sous contrat, je lui en serai très reconnaissant. Dans cette vive attente, cordiales salutations littéraires à tous.
Thierry
Commentaire n°23 posté par Thierry le 12/10/2009 à 13h39

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