Anne Sophie Demonchy
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J’ai attendu quelques jours, histoire que la colère retombe avant de vous faire part d’une mauvaise expérience qui m’est arrivée il y a quelques jours chez un revendeur de livre parisien bien connu : Gibert Joseph.
Je reçois, comme vous le savez, un certain nombre de livres, c’est vrai. Mais j’en achète surtout. Des fictions comme des essais politiques (pour mon site) fraîchement parus, des poches, des ouvrages parascolaires, des classiques… Certains livres sont intéressants, d’autres nettement moins et mon appartement (c’est ainsi) n’a pas de murs extensibles. Il m’arrive donc quelques fois l’an de revendre les livres sans intérêt en échange de bons d’achat (je ne compte pas sur ce troc pour me faire de l’argent de poche !). Certains livres sont repris, d’autres non. En règle générale, je comprends la logique : les livres achetés d’occasion et les éditions vieillies sont refusées. Il en est de même pour les romans ou les livres politiques périmés au bout de huit semaines maximum. Pour ces ouvrages, il est donc préférable de les revendre le plus rapidement possible si l’on ne veut pas qu’ils encombrent ses étagères.
Tout fonctionnait parfaitement jusqu’à présent. Mais il semble que les règles aient changé. Lundi, je suis arrivée avec un sac contenant divers ouvrages. Le vendeur, très rapidement, me demande si j’ai une carte de presse. Je suis étonnée, ne comprends pas la question.
« Non, je n’ai pas de carte de presse, pourquoi ?
- Ces livres sont neufs, on ne peut pas les reprendre »
Je suis atterrée… Je demande des explications étant donné que les livres que je lui présente ont été achetés ces deux derniers mois chez Gibert Joseph.
« Nous n’avons pas le droit de reprendre des livres neufs. Nous avons des contrôles stricts. Si les représentants nous demandent des comptes, nous devons leur présenter les preuves que ces livres ont bien été achetés ou bien que la personne qui les revend possède une carte de presse.
- Puisque vous ne voulez pas me reprendre mes livres « neufs », prenez au moins mes poches.
- Impossible : on prend le lot ou rien. Puisque vous n’avez pas de carte de presse, et que vous avez des livres récents, nous ne regardons pas la suite.
Notez la mauvaise foi du vendeur qui n’avait pas envie de passer plus de temps à s’expliquer. Mais, j’ai voulu aller jusqu’au bout de cette histoire… J’ai donc rencontré le responsable qui n’était guère plus commode. Selon lui, il faudrait, si je souhaite vendre mes livres les plus récents, garder à l’intérieur de chacun d’eux, mes tickets de caisse.
- Et les pigistes, comment font-ils ?
- C’est la même chose : ils n’ont pas le droit de revendre ces livres s’ils n’ont pas de carte de presse.
Finalement, il n’y a que les journalistes, qui ne sont pas en situation précaire ou simples lecteurs, qui sont autorisés à vendre des livres récents. Les autres sont priés de s’adresser ailleurs. Alors tant pis, je ne dépenserai plus mes sous chez Gibert Jospeh. Vu la concurrence dans le quartier, je ne devrais pas avoir de difficulté à trouver mieux !
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