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Anne Sophie Demonchy
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 16:36

Il y a quelques jours, je me suis rendue au pub Saint-Germain rencontrer Abha Dawesar, l’auteur de Dernier été à Paris (éditions Héloïse d’Ormesson). Ce sont de jeunes étudiants qui ont organisé cet événement pour un journal en ligne : L’Interview. Il s’agit d’un hebdomadaire tenu par des étudiants et destiné aux étudiants. La spécificité de ce site est de traiter de l’actualité au travers d’interviews.

Non seulement la rencontre était intéressante mais surtout elle m’a permis de découvrir Abha Dawesar. Si vous allumez votre poste de radio, de télé ou simplement lisez les journaux, vous verrez cette semaine de nombreuses références à cet auteur indien : elle était ainsi sur France Culture, chez Fog et un portrait lui était consacré dans Le Figaro littéraire. Il faut dire que Abha Dawesar se prête avec beaucoup d’affabilité au jeu des interviews. La preuve sur Auteurs TV, là.

Lors de la rencontre avec les étudiants, je n’avais pas encore lu Dernier été à Paris et me suis montrée plutôt surprise que la plupart des questions portent sur le sexe. Depuis, j’ai compris : le roman raconte une histoire d’amour et de sexe entre une jeune femme, Maya et l’écrivain qu’elle vénère, un vieil homme de 75 ans, Prem. Même si leurs relations physiques ne sont pas au premier plan dans le livre, Prem se remémore toutes ses aventures érotiques avec ses différentes « maîtresses », y compris avec sa sœur… Les étudiants firent également remarquer à l’auteur qu’elle aime mélanger à son style maîtrisé des mots crus qui viennent briser un certain confort sentimental qui risquerait de s’établir entre les personnages. Amatrice de Jean Genet et de sa provocation, j’étais curieuse de découvrir ces ruptures sémantiques… C’était étrange… Loin d’être choquée, j’ai ri. Ainsi, Prem et Maya vont dans un restaurant déguster du vin et du fromage corse puis demandent à la fin du repas de goûter le fromage le plus fort :

[Prem] lui fourra son doigt sous le nez. 

-« U. Niolu. Fromage de brebis ». Le nom d’une vallée au centre de la Corse. Odeur d’anus. »

Le second point abordé fut celui de la relation entre la vie et l’écriture. En effet, le vieux Prem affirme ne plus vouloir écrire pour enfin vivre. En tant qu’écrivain, il ne peut concilier les deux. Ses relations amoureuses étaient de purs fantasmes, et le réel se mêle à l’imaginaire. C’est en les écrivant, qu’elles prennent vie. Abha Dawesar a avoué partager ce sentiment : quand elle est en période d’écriture, elle vit « dans un état un peu sauvage », à l’écart des autres, s’isolant dans le silence et la concentration. Prem a décidé de « prendre sa retraite » pour vivre le dernier amour de sa vie pleinement.

Enfin, au cours de la conversation sur le thème de Paris, j’ai appris que non seulement que Abha Dawesar est auteur mais encore fait de la peinture, de la vidéo et de la photo. En lisant Dernier été à Paris, on saisit l’importance de l’art pour ces personnages qui visitent les plus grands musées de la capitale (Louvre, Orsay, Rodin), écoutent de la musique… Les tableaux comme les sculptures sont source d’inspiration et surtout de désir érotique. Vous allez dire que je ne parle que de cela, mais Dernier été à Paris, c’est un peu Paris, un peu de culture et beaucoup de sexe !

 

Publié dans : Vite lu, vite oublié
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