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Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 16:46

Mercredi, je mettrai ligne l’interview que Jonas Hassen Khemiri a bien voulu m’accorder, mais avant, je tenais à vous faire part de cette lecture magnifique de son roman : Montecore, un tigre unique (publié au Serpent à plumes). Vous tiquez, vous ne comprenez pas le titre, alors je vous explique : Montecore était un tigre blanc dressé par deux dompteurs à Las Vegas, un tigre rebelle qui blessa l’un des deux en 2003 au cours d’un spectacle. Jonas Hassen Khemiri a choisi ce titre, quelque peu long et très éloigné de l’histoire qu’il raconte, parce que Montecore est une sorte de métaphore du personnage qui se rebelle contre la langue, sa situation… Si vous n’êtes pas convaincus par ce titre, vous êtes comme Kadir, l’un des trois personnages principaux du livre qui prend régulièrement la plume pour aider son neveu, Jonas, à écrire l’histoire de son père. Lui non plus ne comprend pas l’intérêt de donner un titre pareil alors qu’il n’est guère question de tigre ni de Las Vegas dans ce roman. En effet, il est question d’intégration et de parcours initiatique !

Pour faire simple, Jonas souhaite raconter l’histoire de son père, celle d’un Tunisien qui a décidé de quitter son pays pour rejoindre la femme qu’il aime, une Suédoise. Là-bas, contrairement à ce qu’il croyait bien naïvement, la situation n’est pas si simple : il n’arrive pas à apprendre le suédois, ne trouve que des petits boulots subalternes. Rêvant de devenir photographe, il demande de l’argent à son ami Kadir pour lui financer son voyage en Suède puis l’achat d’un local photo. Malgré ses efforts pour s’intégrer, Abbas (le père) reste un marginal. Il demande à son fils de lui apprendre le suédois et Jonas se prête à ce jeu en lui inventant des règles linguistiques faisant des parallèles entre la langue et la mentalité des Suédois. C’est un passage savoureux, d’une très grande drôlerie.

Parce qu’il veut participer à la rédaction du roman, Kadir propose à Jonas son aide. L’un est en Tunisie, l’autre en Suède, l’un garde des souvenirs édulcorés de l’ami, l’autre une vision parfois déformée de la réalité. Kadir se donne pour mission de corriger le manuscrit de son neveu. A la manière des grands romans du 18ème siècle, comme Tristram Shandy de Laurence Sterne par exemple, Kadir propose de réécrire certains passages soi disant peu crédibles ou mal construits. A certains moments, Kadir, qui est un peu fou, est la mauvaise conscience de Jonas qui accuse son père de tous les maux. Kadir réécrit alors sa vérité et la confrontation des deux versions suscitent évidemment le rire.

Vous l’aurez compris, j’espère, ce roman est un véritable petit bijou de drôlerie mais pas seulement parce que l’auteur raconte avec une émotion retenue, son histoire, certes recréée, réinventée, mais la trame principale est autobiographique. Autobiographique mais pas nombriliste car ce n’est pas la vie de Jonas H. Khemiri qui est narrée ici mais celle de son père. Pour parvenir à ce projet ambitieux, celui de nous raconter à la fois l’histoire de la Suède des années 1980 et celle de son père, l’auteur a construit un roman à plusieurs voix – celle du père, du fils et de l’extravagant Kadir – dans une langue enthousiaste, drôle et émouvante !

Vous avez compris que c’était un excellent livre ou je développe ?

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Published by Anne-Sophie - dans Vraiment bien !
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commentaires

Milan 06/10/2008 09:51

12 octobre, 15h, à la Maison des Etudiants Suédois: rencontre avec Jonas Hassen Khemiri et Max Stadler (Traducteur)

Éric Poindron 12/06/2008 13:07

« Il faut s’entraider, c’est la loi de la Nature. » Jean de la Fontaine

« Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de « Bateau-livre »
n'ait dissipé. » Anonyme.


« Il était un petit navire qui avait déjà, ja, ja navigué

Mais comme les grands

N’aiment pas les enfants

Et ne savent pas lire, alors ils l’ont coulé… »


Reçu hier cette lettre de Frédéric Ferney animateur du « Bateau–Livre » Sur France 5.

Je vous laisse juge de réagir et surtout de soutenir cette JUSTE cause....

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et vos messages de soutien que nous ferons parvenir à Frédéric FERNEY.

Une émission littéraire qui disparaît, contrairement au train, n'en cache pas forcément une autre.

Alors restons vigilants et continuons de soutenir ceux qui donnent envie de lire ailleurs que sur les autoroutes culturelles...

MERCI DE RELAYER L’INFORMATION ET DE LAISSER UN MESSAGE SUR CE BLOG :

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites

Votre dévoué,

Eric Poindron

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Paris, le 4 juin 2008

Monsieur le Président et cher Nicolas Sarkozy,

La direction de France-Télévisions vient de m’annoncer que « Le Bateau-Livre », l’émission littéraire que j’anime sur France 5 depuis février 1996, est supprimée de la grille de rentrée. Aucune explication ne m’a encore été donnée.

Si j’ose vous écrire, c’est que l’enjeu de cette décision dépasse mon cas personnel. C’est aussi par fidélité à la mémoire d’un ami commun : Jean-Michel Gaillard, qui a été pour moi jusqu’à sa mort un proche conseiller et qui a été aussi le vôtre.

Jean-Michel, qui a entre autres dirigé Antenne 2, était un homme courageux et lucide. Il pensait que le service public faisait fausse route en imitant les modèles de la télévision commerciale et en voulant rivaliser avec eux. Il aimait à citer cette prédiction : « Ils vendront jusqu’à la corde qui servira à les pendre » et s’amusait qu’elle soit si actuelle, étant de Karl Marx. Nous avions en tous cas la même conviction : si l’audience est un résultat, ce n’est pas un objectif. Pas le seul en tous cas, pas à n’importe quel prix. Pas plus que le succès d’un écrivain ne se limite au nombre de livres vendus, ni celui d’un chef d’état aux sondages qui lui sont favorables.

La culture qui, en France, forme un lien plus solide que la race ou la religion, est en crise. Le service public doit répondre à cette crise qui menace la démocratie. C’est pourquoi, moi qui n’ai pas voté pour vous, j’ai aimé votre discours radical sur la nécessaire redéfinition des missions du service public, lors de l’installation de la « Commission Copé ».
Avec Jean-Michel Gaillard, nous pensions qu’une émission littéraire ne doit pas être un numéro de cirque : il faut à la fois respecter les auteurs et plaire au public ; il faut informer et instruire, transmettre des plaisirs et des valeurs, sans exclure personne, notamment les plus jeunes. Je le pense toujours. Si la télévision s’adresse à tout le monde, pourquoi faudrait-il renoncer à cette exigence et abandonner les téléspectateurs les plus ardents parce qu’ils sont minoritaires? Mon ambition : faire découvrir de nouveaux auteurs en leur donnant la parole. Notre combat, car c’en est un : ne pas céder à la facilité du divertissement pur et du ''people''. (Un écrivain ne se réduit pas à son personnage). Eviter la parodie et le style guignol qui prolifèrent. Donner l’envie de lire, car rien n’est plus utile à l’accomplissement de l’individu et du citoyen.

Certains m’accusent d’être trop élitaire. J’assume : « Elitaire pour tous ». Une valeur, ce n’est pas ce qui est ; c’est ce qui doit être. Cela signifie qu’on est prêt à se battre pour la défendre sans être sûr de gagner : seul le combat existe. La télévision publique est-elle encore le lieu de ce combat ? Y a-t-il encore une place pour la littérature à l’antenne ? Ou bien sommes-nous condamnés à ces émissions dites « culturelles » où le livre n’est qu’un prétexte et un alibi ? C’est la question qui est posée aujourd’hui et que je vous pose, Monsieur le Président.

Beaucoup de gens pensent que ce combat est désespéré. Peut-être. Ce n’est pas une raison pour ne pas le mener avec courage jusqu’au bout, à rebours de la mode du temps et sans céder à la dictature de l’audimat. Est-ce encore possible sur France-Télévisions ?

En espérant que j’aurai réussi à vous alerter sur une question qui encore une fois excède largement celle de mon avenir personnel, et en sachant que nous sommes à la veille de grands bouleversements, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

Frédéric Ferney


P.S. « Le Bateau-Livre » réunit environ 180 000 fidèles qui sont devant leur poste le dimanche matin à 8h45 ( ! ) sur France 5, sans compter les audiences du câble, de l’ADSL et de la TNT ( le jeudi soir) ni celles des rediffusions sur TV5. C’est aussi l’une des émissions les moins chères du PAF.


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POUR EN APPRENDRE D’AVANTAGE, MERCI DE LAISSER UN MESSAGE DE SOUTIEN SUR

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Anne-Sophie 09/06/2008 19:32

Je suis ravie que tu aies suivi mon conseil : tu vas voir, plus tu avnces, meilleur c'est ! Je trouve quon s'attache très vite à Jonas, Kadir et au père...

Kiki 09/06/2008 19:05

Je l'ai acheté sur tes conseils et ne le regrette pas! Je suis en plein dedans et je me régale!