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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /Août /2008 15:01

Dans les diverses émissions et articles rendant hommage à Alexandre Soljenitsyne, on a pu voir Claude Durand témoigner sur la vie et l’œuvre de l’auteur. Logique : le PDG de Fayard est son agent littéraire mondial, c’est-à-dire qu’il a mainmise sur l’intégralité des œuvres du Nobel !

 

Les déboires éditoriaux d’Alexandre Soljenitsyne

Ce n’est qu’en 1962 que Soljenitsyne s’est fait connaître en publiant Une journée d'Ivan Denisovitch, dans la revue Novy Mir qui évoquait la vie quotidienne dans un camp de concentration communiste. Dès lors, le monde tourne les yeux vers cet auteur et c’est Christian Bourgois, directeur littéraire chez Julliard, qui achète le texte auprès de l'Agence littéraire et artistique parisienne, représentant les droits exclusifs des écrivains soviétiques. En 1968, Julliard publie également Le Pavillon des cancéreux.


A cause des relations tumultueuses de Soljenitsyne avec le gouvernement soviétique, de nombreuses copies circulent clandestinement et sans son accord. En Angleterre comme en Italie, deux éditeurs se disputent le copyright du Pavillon des cancéreux ce qui provoque évidemment la colère de l’auteur qui ne veut céder les droits à personne… Le problème est différent aux Etats-Unis où il a une agent littéraire : Olga Carlisle. Alors qu’elle pense avoir fait son travail en trouvant un éditeur pour Le Premier cercle et L'Archipel du goulag, Soljenitsyne pense qu’elle a été néfaste à la publication de ces œuvres !


Parce qu’il n’a plus confiance en personne, Soljenitsyne décide de se prendre un avocat suisse, Maître Fritz Heeb qui devient par-là même son agent littéraire pour défendre ses droits à l'étranger. L’objectif de l’agent est triple : il doit veiller à ce qu’il n’y ait plus de publications pirates, vérifier les traductions et surtout interdire les adaptations cinématographiques. Pour mener à bien son travail, il est aidé par une maison d’édition russe YMCA Press, installée à Paris qui publie en 1973, le premier tome de L'Archipel du goulag, en exclusivité mondiale ! Dès 1974, les éditions du Seuil, sous la direction éditoriale de Claude Durand, traduisent le texte en français.

 

Claude Durand devient l’agent exclusif de Soljenitsyne

En décembre 1974, le PDG des éditions du Seuil, Paul Flamand ainsi que Claude Durand rendent visite à Soljenitsyne, en exil à Zurich. Ils parviennent à le convaincre de gérer ses droits mondiaux ! Dans une interview accordée au Magazine des Livres (mars-avril 2008), Claude Durand affirme qu’à cette époque Soljenitsyne a besoin d’un véritable professionnel pour s’occuper de ses droits mondiaux et non d’un avocat. L’accord est passé.


Mais en juin 1978, quand Claude Durand quitte le Seuil pour Grasset, Soljenitsyne, selon l’éditeur, a voulu poursuivre la collaboration avec lui.


Enfin, en 1980, Claude Durand est nommé PDG de Fayard : « J’ai deux ambitions : publier l’œuvre complète du prix Nobel russe et installer la gestion de ses droits chez Fayard où elle pourra bénéficier d’une logistique que ne possède pas un particulier ».


Selon le PDG, il est mieux placé que quiconque pour s’occuper de l’œuvre de Soljenitsyne. D’abord parce qu’il est parvenu à regrouper chez Fayard l’ensemble de ses titres (ou presque), ensuite, il connaît parfaitement son œuvre : il peut donc veiller à « restaurer » des textes qui ont souvent été piratés, copiés, censurés…

 

Fayard possède 99% de l’œuvre de Soljenitsyne en français

En mars 2007, Claude Durant a pu annoncer que Fayard détenait « 99 % de l'oeuvre de Soljenitsyne traduite en langue française ». Il est dès lors l’agent littéraire de l’auteur de L’Archipel du Goulag. Toutefois, le travail de Claude Durand commence dès 1974 quand il devient gestionnaire des droits mondiaux de Soljenitsyne.


Depuis son arrivée chez Fayard en 1980, l’œuvre intégrale est réunie hormis L’Erreur de l’Occident (chez Grasset dans la collection « Les Cahiers rouges »). Autrefois, ses textes étaient répartis chez quatre éditeurs : Julliard, Laffont, Le Seuil et Fayard.


Claude Durand est parvenu à récupérer l’intégralité de l’œuvre de Soljenitsyne. Tout d’abord, il a profité d’une clause dans les contrats de chez Julliard et Laffont qui prévoyait que l’auteur pouvait reprendre ses droits en cas de changement d'actionnaire de la maison d’édition. Or, en 1997, Havas (qui possède de nombreuses maisons et parmi elles Julliard et Laffont) devient à 100 % une filiale de Vivendi (puis Vivendi Universal Publishing en 2000), rachetée en 2004 par le groupe Editis. Puisque Julliard et Laffont ont changé d’actionnaires, Soljenitsyne peut reprendre ses droits. C’est vers Fayard qu’il se tourne et en mars 2007 paraît les trois livres publiés autrefois chez Julliard et Robert Laffont : Le Pavillon des Cancéreux, Une journée d'Ivan Denissovitch et Le Premier cercle. En échange, Claude Durant a autorisé Robert Laffont à exploiter ces titres dans sa collection « Pavillons poche » jusqu'en 2018.


L’archipel du Goulag est publiée en France en 1974, à l’époque où Claude Durand est directeur littéraire au Seuil. Depuis, Fayard a repris les droits, le texte n’étant plus exploité au Seuil. En échange et comme cela se fait souvent dans le milieu, Claude Durand a proposé une compensation en autorisant une version abrégée du livre dans la collection « Points ».

 

Dans un communiqué du 4 août, Claude Durand a annoncé le programme mettant à l’honneur Alexandre Soljenitsyne. Fayard avancera la date de parution d’un essai sur l’auteur : Alexandre Soljenitisyne, en finir avec l'idéologie de Daniel J. Mahoney d’ici la fin août. Le 25 août, sera disponible en librairie les textes les plus représentatifs : Le premier cercle, La maison de Matrona, Le pavillon des cancéreux et Une journée d'Ivan Denissovitch. Enfin, le Quatrième nœud, avril 1917, tome 1, dernier nœud de sa fresque autour de la révolution russe, paraîtra en novembre. Deux biographies sont également à prévoir dans ces procgains mois : l’une de Georges Nivat (l’un de ses traducteurs) et ‘autre de Lioudmila Saraskina, une historienne de la littérature russe.


 

Publié dans : Agents littéraires
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Commentaires

Je n'ai pas tout compris. C'est un peu confus.
Commentaire n°1 posté par LVE le 10/08/2008 à 23h51

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