Quoique certains éditeurs puissent penser, les agents littéraires commencent à faire leur place, encore modeste c’est vrai, dans le monde de l’édition. Le métier d’agent semble attirer de plus en plus d’émules… Récemment, j’ai reçu plusieurs mails me demandant comment embrasser cette profession car, pour le moment, il n’existe guère de diplômes ni de filières spécifiques.
Connaître le système juridique lié à l’édition
Contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer, un agent littéraire ne se contente pas d’accompagner un auteur dans ses déplacements ou de le représenter… Il est un véritable intermédiaire entre l’auteur et son éditeur. Il se donne non seulement pour mission de trouver un éditeur à son client mais surtout de défendre ses droits. Or, pour négocier des droits (d’auteur et annexes), il faut avoir une bonne connaissance du système juridique. On n’est évidemment pas obligé de faire des études de droit pour devenir agent littéraire mais il faut prendre le temps de s’intéresser au sujet. Les agents sont souvent secondés, néanmoins, par des avocats spécialistes en la matière.
Connaître le monde de l’édition
Un agent littéraire est censé trouver l’éditeur qui correspondrait le mieux au manuscrit qu’un auteur lui confie. Pour y parvenir, il doit donc connaître parfaitement le monde de l’édition et ses différents acteurs. Un mauvais agent n’est pas introduit dans le milieu, il n’a pas de carnet d’adresses… Au contraire, un agent sérieux sélectionne quelques éditeurs susceptibles d’accepter le manuscrit dont il a la charge et ne s’éparpille pas en envois de textes… Aussi, qui de mieux qu’un ancien éditeur ou une ancienne attachée de presse par exemple pour devenir agent ? Susanna Lea, l’agent entre autres de Marc Levy, s’occupait des droits étrangers chez Robert Laffont avant de devenir agent ; Pierre Astier, l’agent de Yasmina Khadra, a créé et dirigé Le Serpent à plumes avant d’être remercié ; Didier Imbot était directeur général du Masque et son associée en France, Marie-Sophie Du Montant, était attachée de presse chez différents éditeurs comme Belfond ou Plon… Tous ces agents ont donc une parfaite connaissance du milieu et des attentes des éditeurs.
Connaître les marchés étrangers
Les auteurs, en faisant appel à un agent, souhaitent non seulement pouvoir être publiés en France mais également à l’étranger. Or, un agent sérieux connaît les systèmes d’édition à l’étranger et surtout le marché : il sait ce qui serait susceptible de plaire dans tel ou tel pays… Pour cela, il doit avoir voyagé et rencontré des éditeurs à l’étranger … Ainsi, Susanna Lea a exercé sa profession pendant quelque temps entre la France et les Etats-Unis, Didier Imbot s’est installé à New York et Virginia Lopez-Ballesteros est en Espagne et fait de fréquents séjours en France.
Toutefois, si un agent littéraire doit connaître les marchés étrangers, il n’est guère un sub-agent. La prochaine fois, je vous expliquerai la différence entre les deux professions…
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