Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire

 

Mail : annesophiedemonchy[a]lalettrine.fr

Twitter : @asdemonchy

Mon CV : annesophiedemonchy.com

 

 

505 502 lecteurs et
219 livres chroniqués
depuis le 21 août 2006

follow-me-twitter.png

Recherche

Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 15:42

Après avoir passé le week end au festival America, le bilan est mitigé… Une cinquantaine d’écrivains ont répondu présents à l’invitation et ont participé aux différentes animations : débats, lectures, cafés littéraires… Il est toujours très intéressant de rencontrer des auteurs, de les écouter s’exprimer sur leurs œuvres.

Pourtant, certains débats m’ont déçue : d’abord, parce que les auteurs ont eu peu droit à la parole en ce qui concerne leurs textes, ils étaient plutôt invités à s’exprimer sur des thèmes très généraux… Ensuite, parce que certains journalistes, censés animés les débats, n’ont pas lu tous les romans dont il était question autour de leur table, à savoir cinq ou six livres… Par conséquent, ces animateurs ont évité d’orienter les discussions autour des livres et n’ont pas été capables de présenter correctement les auteurs. Or, le festival America est un rendez-vous littéraire où des auteurs issus des quatre coins du monde, acceptent de venir à Vincennes pour faire connaître leurs romans, parler de leur travail et de leur conception de l’écriture…

 

J’aurais en effet voulu que les auteurs, lors des « Grands débats », puissent réagir aux thématiques proposées en fonction de leurs livres et non donner leur point de vue en tant qu’individus… Il a été notamment question à plusieurs reprises des élections américaines. Lors des débats « l’Amérique, l’Afrique et nous » et « USA : Black is beautiful » réunissant exclusivement des auteurs à la peau noire, on leur a demandé s’ils souhaitaient la victoire d’Obama. Il était en effet très difficile de passer à côté de cette question étant donnée le contexte politique mais les écrivains, si engagés soient-ils, ne sont pas des philosophes ou des politiques. Du côté du spectateur, on ne s’attend pas non plus à un développement sur la politique d’Obama lors d’un débat littéraire. On aurait pu demander aux auteurs de montrer la façon dont ils abordent ces questions politiques dans leurs romans, ce qui aurait été plus convaincant… En  relisant le programme, c'était d'ailleurs ce qui était prévu  : 

« 2008 voit le premier candidat noir investi par le parti démocrate ou peut-être tout simplement le premier président noir des Etats-Unis. Mais le destin de Barack Obama ne saurait masquer le fait qu'une large partie de la communauté noire est toujours exclue du rêve américain. Quarante ans après Martin Luther King et Malcolm X, peut-on aujourd'hui dialoguer, comme le souhaite Obama, sur la question raciale ? Des écrivains tentent d'y répondre à travers leurs œuvres ».

 


Voilà un premier billet quelque peu morose rendant compte du festival America, il rompt avec l’enthousiasme général… La suite, demain !

 

 

Publié dans : Festival America 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Anne-Sophie,

Merci pour ce billet qui soulève un débat de fond. Et c'est sur le fond que je vais réagir : je n'ai pas pu aller au salon America, de sorte que je ne porterai évidemment aucun avis sur les débats que tu évoques.
Je crois effectivement que le court-circuit qui nous amène, parfois systématiquement, à considérer les opinions politiques des écrivains, est trop rapide pour n'être pas soupçonnée.
Les écrivains ne sont pas des "super-citoyens". Ce sont des artistes, des êtres d'un monde qu'ils pensent et questionnent, parfois des "intellectuels", dans sa définition première, lorsque le monde est "société" et qu'ils s'engagent. Ils nous apportent du sens. Ce n'est pas nécessairement un sens politique, ni un sens immédiatement traduisible dans une vision politique. Le sens qu'ils nous donnent est bien plus large, bien plus vaste que cela !
D'une certaine manière, donc, ramener ce sens au seul domaine social et politique - qui peut être légitime, mais pas toujours, cela dépend de la perspective singulière de l'artiste - appauvrit terriblement, il me semble, la richesse d'un travail esthétique, et dans ce cadre d'un travail d'écriture.
Dans leurs livres, ils nous donnent des outils... pour ensuite penser par nous-mêmes. Et je doute qu'un écrivain parle en écrivain lorsqu'il commente des enjeux politiques. Je ne l'attend pas là... et sans doute ne s'y projette-t-il pas lui-même !
Pour autant, les bons livres informent notre vision du monde, et partant, certainement, nos choix de citoyen. Je mettrais ma main à couper que des tas de livres ont pu modifier ma perception politique là où leurs auteurs, s'ils s'étaient contenté de discourir, ne m'auraient rien laissé...
A bientôt,

J.
Commentaire n°1 posté par JG le 01/10/2008 à 18h08
Je souscris au commentaire précédent...
... Et j'ajoute une mni-note : je ne trouve pas qu'il soit toujours intéressant d'écouter les auteurs parler de leur oeuvre. Je les écoute autrement depuis qqs années (on compare, on guette les mêmes doutes pour se rassurer, on cherche des nouveautés pour se dire Pourquoi pas, etc.), mais globalement c'est souvent assez décevant.
(NB- c'est aussi pour cela que cela peut nous passionner quand soudain une rencontre sort de l'ordinaire...)
 
(... et merci de faire nous partager tes enthousiasmes!)
Commentaire n°2 posté par second flore le 03/10/2008 à 10h14
C'est sur que quand on a assisté à l'indigence mémorable d'un plumitif comme Artus, on peut difficilement parler de littérature dans un festival de littérature...
Commentaire n°3 posté par ThomZ le 03/10/2008 à 17h31
Je vois que nous avons assisté au(x) même(s) débats... mais il n'était pas le seul...
Commentaire n°4 posté par Anne-Sophie le 03/10/2008 à 18h15
loin de là en effet, mais c'était peut-être le plus remuant...
Commentaire n°5 posté par ThomZ le 04/10/2008 à 15h34
Oui... les autres débats étaient assez calmes... il y avait en effet beaucoup de monde. Le oment le plus pénible fut le débat sur "Black is beautiful' : les auteurs furent à peine présentés, en 45 min, tout était dit... pas grand chose en fait. Les auteurs ne comprenaient pas vraiment l'objet de la discussion qui est partie dans tous les sens, comme ce moment où une femme leur a demandé ce qu'ils pensaient de la condamnation àmort d'un noir le 11 septembre. Grand moment de solitude pour elle: personne ne savait de qui elle parlait. C'était assez affligeant... et les auteurs étaient aussi embarrassés, je pense.
Commentaire n°6 posté par Anne-Sophie le 04/10/2008 à 15h55
j'ai pas pu être à ce dabt parce que j'étais à un autre truc en même temps, mais par exemple le dernier débat du café des libraires le samedi soir était non seulement déserté (ou presque), mais en plus quand on a lu les bouquins qui étaient évoqués (ce que j'avais en partie fait) et qu'on peut relever à la pelle le nombre de bêtises qui sont prononcées c'est assez pénible je dois dire....notamment de dire que Percival Everett est un écrivain "antiraciste" ou autres aneries journalistiques pareilles, pour tout cela un grand merci à Hubert qui n'avait rien trouvé de mieux pour se faire mousser que de sortir les épreuves du prochain bouquin de Everett à sortir dans deux mois....mais on pourrait bien passer quelques heures à discuter de cela, mais après une journée fatiguante entendre ce genre d'âneries...d'ailleurs Everett lui a bien rendu.
Commentaire n°7 posté par ThomZ le 04/10/2008 à 17h12
J'imagine ce que ça a pu donner, ayant vu Everett dans l'après-midi au débat "Balck is beautiful". C'est étrange de montrer les livres qui vont paraître avant même de parler un peu profondément des livres dont il est question. Une façon aussi d'occuper le terrain avec du vent...
Commentaire n°8 posté par Anne-Sophie le 04/10/2008 à 17h30
Disons que le problème avec ce genre de manifestations c'est que l'auteur prime sur son oeuvre et que c'est regrettable.
Commentaire n°9 posté par ThomZ le 04/10/2008 à 17h37
Dans ce genre de festival, c'est la personnalité de l'auteur qui est mise en avant ou sa vie, plus ou moins privée. Ainsi, j'ai beaucoup regretté la façon dont on a présenté Evenson. On a écarté son livre pour parler de lui, de son appartenance à la religion mormone, du choix qu'il a eu à faire pour continuer d'écrire, etc. Mais de son très bon livre, quasi rien. Les livres ont été trop souvent mis au second plan.
Commentaire n°10 posté par Anne-Sophie le 04/10/2008 à 17h54
Oui tout à fait d'accord avec toi sur Evenson, d'autant que j'ai eu la chance de discuter pas mal etr plus profndément avec lui et quand on voit à quoi on le réduit c'est assez triste en effet...
Malheureusement je crois qu'en fait il s'agit d'une tendance plus générale , les gens ne viennent pas tant pour les livres que pour leur auteur, voir ce qu'il a à dire, le renconter, le toucher on est presque dans un acte de fétichisme mais presque jamais il n'y aura de discussion sur le fond des bouquins, parce que étant donné que sur tout une salle peut être 5% des gens savent de quoi il est question et ont lu les livres en question et seraient à même d'alimenter le débat, de l'orienter. C'était assez hilarant de voir Richard Ford d'ailleurs le samedi quand il était avec Russo, la mégère Gaitskill et un 4e dont j'ai oublié le nom, le voir affecter un intérêt aux questions très peu pertinentes et ressassés dans toute la presse depuis un mois....(à ce titre l'interveiw de Ford dan l'émission de Busnel est aussi édifiante, mais c'est presque un autre sujet) et finalement se foutre royalement de la gueule du monde et notamment de la Gaitskill ce qui je dois dire était assez jouissif, mais trop rare...
Bref, la littérature disparait au profit de l'écrivain...
Commentaire n°11 posté par ThomZ le 04/10/2008 à 18h25
Je vois que nous portons le même attachement à l'ami Busnel... aussi passionné de littérature que moi de pêche à la ligne... Je n'ai pas vu son interview, l'homme m'agaçant terriblement avec ses questions rhétoriques... J'ai vu aussi l'engouement des gens sous le chapiteau pour Richard Ford, l'homme... et l'enthousiasme de certaines pour de jeunes auteurs américains dont j'ignore le nom... Parfois, "on" tire une satisfaction plus grande à rencontrer un auteur que de lire son livre.
En revenant sur les animateurs, cela n'aurait pu être autrement : pour parler d'un livre, du travail de l'auteur, etc, encore faut-il l'avoir lu...
Commentaire n°12 posté par Anne-Sophie le 04/10/2008 à 18h56
il est toujours plus facile de montrer que l'on a rencontré un auteur (dédicace, photo et le toutim qui reste) important ou non d'ailleurs, que de montré qu'on a lu son livre...de toute façon, très peu iront demander de quoi il est question, et là n'est pas l'intérêt...
Commentaire n°13 posté par ThomZ le 04/10/2008 à 19h03
D'accord avec toi... mais dans ce genre de manifestations, on est en présence de gens qui s'intéresent à la littérature et américaine en particulier, qui ont envie d'en savoir plus, de découvrir de nouveaux auteurs, romans...
Commentaire n°14 posté par Anne-Sophie le 04/10/2008 à 19h09
Tout à fait et heureusement !!!! (sinon je n'en parlerais pas ici...). Tout n'est pas perdu
Commentaire n°15 posté par ThomZ le 04/10/2008 à 19h20
on attend avec impatience les résultats des elections !!!
Commentaire n°16 posté par syboule le 07/10/2008 à 21h27

Infos









logo-lettrine-negre-litteraire.jpg






Association amie

skyscraper-partage.gif

Syndication

  • Flux RSS des articles

Interview




Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés