Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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Après avoir passé le week end au festival America, le bilan est mitigé… Une cinquantaine d’écrivains ont répondu présents à l’invitation et
ont participé aux différentes animations : débats, lectures, cafés littéraires… Il est toujours très intéressant de rencontrer des auteurs, de les écouter s’exprimer sur leurs
œuvres.
Pourtant, certains débats m’ont déçue : d’abord, parce que les auteurs ont eu peu droit à la parole en ce qui concerne leurs textes, ils étaient plutôt invités à s’exprimer sur des thèmes très généraux… Ensuite, parce que certains journalistes, censés animés les débats, n’ont pas lu tous les romans dont il était question autour de leur table, à savoir cinq ou six livres… Par conséquent, ces animateurs ont évité d’orienter les discussions autour des livres et n’ont pas été capables de présenter correctement les auteurs. Or, le festival America est un rendez-vous littéraire où des auteurs issus des quatre coins du monde, acceptent de venir à Vincennes pour faire connaître leurs romans, parler de leur travail et de leur conception de l’écriture…
J’aurais en effet voulu que les auteurs, lors des « Grands débats », puissent réagir aux thématiques proposées en
fonction de leurs livres et non donner leur point de vue en tant qu’individus… Il a été notamment question à plusieurs reprises des élections américaines. Lors des débats « l’Amérique,
l’Afrique et nous » et « USA : Black is beautiful » réunissant exclusivement des auteurs à la peau noire, on leur a demandé s’ils souhaitaient la victoire d’Obama. Il était en effet
très difficile de passer à côté de cette question étant donnée le contexte politique mais les écrivains, si engagés soient-ils, ne sont pas des philosophes ou des politiques. Du côté du
spectateur, on ne s’attend pas non plus à un développement sur la politique d’Obama lors d’un débat littéraire. On aurait pu demander aux auteurs de montrer la façon dont ils abordent ces
questions politiques dans leurs romans, ce qui aurait été plus convaincant… En relisant le programme, c'était d'ailleurs ce qui était prévu :
« 2008 voit le premier candidat noir investi par le parti démocrate ou peut-être tout simplement le premier président noir des Etats-Unis. Mais le destin de Barack Obama ne saurait masquer le fait qu'une large partie de la communauté noire est toujours exclue du rêve américain. Quarante ans après Martin Luther King et Malcolm X, peut-on aujourd'hui dialoguer, comme le souhaite Obama, sur la question raciale ? Des écrivains tentent d'y répondre à travers leurs œuvres ».
Voilà un premier billet quelque peu morose rendant compte du festival America, il rompt avec l’enthousiasme général… La suite, demain !
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