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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 11:54

Au festival America, il fut aussi question de l’Amérique du Sud qui connaît guérillas, révolutions et dictatures. En temps de guerre, il est difficile de pouvoir s’exprimer librement et de publier ses textes. Horacio Castellanos Moya a payé cher sa liberté de parole. En 1977, il publie dans son pays, Le Salvador, Le Dégoût. Ce texte suscite une telle fureur de la part des Salvadoriens que la mère de l’auteur est menacée de mort. Pour échapper à la guerre civile, Horacio Castellanos Moya décide de s’exiler dans l’espoir de travailler dans de bonnes conditions et continuer d’écrire ce qu’il veut. Aujourd’hui, il vit aux Etats-Unis dans un programme d’écrivains mais avoue se sentir très isolé puisqu’il ne parle plus en espagnol, se sent loin de sa culture.

Wendy Guerra, que je découvre à cette occasion, est le seul auteur, parmi les invités, à vivre encore dans son pays, Cuba. Contrairement à ce que les autres ont pu affirmer sur le fait que l’Amérique latine est une abstraction, elle rappelle que « l’Amérique du Sud n’est pas une abstraction mais une réalité très crue. Nous sommes peu d’auteurs qui habitons encore notre pays d’origine. A cause des dictatures ». Les Etat-Unis sont complètement indifférents aux problèmes du Sud du continent. Ils ne publient que les auteurs qui se sont exilés voire qui, comme James Cañon, présent, ont décidé d’écrire directement en anglais afin de pouvoir être lus. Seuls trois auteurs cubains sont parvenus à se faire publier aux Etats-Unis.

La confrontation des différents points de vue, ceux qui sont partis (Moya, Cañon, Jordi Soler), des Américains qui s’intéressent au sujet (Nathan Englander et Doulas Unger) et celle qui est restée dans son pays, était vraiment très intéressante et aurait mérité un plus long développement où les auteurs auraient montré en quoi leur façon de problématiser cette réalité différait en fonction de la langue choisie (anglais ou espagnol), de sa propre situation (exil, intérêt pour le sujet, refus de prendre de distance…).

Publié dans : Festival America 2008
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Commentaires

Ah, encore une rencontre qui ne m'aurait pas du tout mais alors pas du tout intéressée.. ;)
Commentaire n°1 posté par Kiki le 09/10/2008 à 12h23
Jalouse !!! Très intéressante ton analyse sur James Canon, pas encore eu le temps de te répondre. A très vite !
Commentaire n°2 posté par Anne-Sophie le 09/10/2008 à 12h38
Juste pour info, je pense que le livre de Castellanos Moya a été publié plutôt en 1997.

cp
Commentaire n°3 posté par cp le 09/10/2008 à 15h54

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