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Anne-Sophie Demonchy
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 13:11

Comme nombre d’entre vous, j’aime passer du temps dans les librairies. Samedi, j’avais envie de flâner chez Gibert, pour me procurer des livres plus ou moins neufs.

Se balader dans les rayons de littérature est toujours très instructif. On note les livres qui n’ont pas tant plus que cela aux journalistes : de nombreux exemplaires y sont vendus d’occasion. Des exemples : Montecore, un tigre unique, était en pile sur l’une des tables. Plus un seul bouquin de première main. Idem pour le nouvel opus de Nathalie Reims… Et que dire du Fiancé de la lune ? Evidemment, La Vie en sourdine de David Lodge ou Là où les tigres sont chez eux de Blas de Roblès sont vendus à prix comptant…

 

Je ne saurais expliquer comment je choisis mes livres… Samedi, par exemple, je me suis laissée tenter par L’Amant des morts de Mathieu Riboulet (chez Verdier) sans savoir de quoi il était question. Je n’ai pas ouvert le livre, mais je me suis fiée à la couverture du Matricule des Anges et à l’interview de l’auteur que j’ai lue en octobre. J’ai éclatée de rire le soir en découvrant la quatrième de couverture, ne m’attendant pas du tout à lire un livre comme ça : « Jérôme Alleyrat avait seize ans quand son père prit l'habitude de coucher avec lui, et lui avec son père. La mère a décidé de s'enfuir. Quand il arrive à Paris, un matin de septembre 1991, il a vingt ans. À cette date, l'épidémie de sida bat son plein. Peu concerné par cet événement, tout entier concentré sur la quête d'un plaisir qui frôle l'anéantissement de soi, Jérôme est arrêté au beau milieu de son accomplissement par l'irruption sous son toit de la maladie, en l'espèce : son voisin de palier qu'il recueillera, soignera, accompagnera jusqu'à la fin. De cet épisode fondateur découlera l'orientation de sa vie tout entière. Sa trajectoire remet au centre de notre attention ce qui désormais a disparu derrière le rideau de fumée de la réification triomphante : le goût du sexe, l'élan vers l'autre, la tentation du bien... » Je l’ai commencé le soir même et l’ai quasi terminé. C’est un excellent roman, pas du tout graveleux comme je le craignais.

 

Ayant déjà choisi Lettrines de Julien Gracq et Aden Arabie de Paul Nizan, j’ai dû me contenter de lire, sur place, Sur la plage de Chesil de Ian McEvan. Dès les premières lignes, j’ai su que j’avais affaire à un très beau livre : «Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Un couple de jeunes mariés se retrouve dans une auberge pour passer leur lune de miel. Alors que ce devrait être un moment de plaisirs partagés, Edward et Florence ont peur de passer à l’acte, de partager leur intimité.

Dès les premières pages, le problème est posé et les narrateurs, Edward et Florence, évoquent chacun leur tour leurs appréhensions et leurs inhibitions avec beaucoup de pudeur et de douceur.

J’ai dû reposer le roman avant de l’avoir terminé, très frustrée… car j’avais envie d’en savoir plus sur cette histoire d’amour qui s’annonçait plus complexe voire tragique qu’elle n’y paraissait au premier abord. 

 

C’est fini, je n’entrerai plus jamais dans une librairie, c’est trop frustrant !

Publié dans : Chez Anne-Sophie
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