Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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Les suppléments littéraires s’intéressent aujourd’hui à la littérature pour la
jeunesse et celle des ados en particulier. Cette après-midi, par exemple, les lecteurs de Libération pourront poser des questions à Sylvie Vassalo sur le sujet, en chat ; dans le
Figaro littéraire, on peut lire un dossier sur le Salon du livre de Montreuil. Un
article se demande si les ados, au vu de la production actuelle, lisent encore des classiques. Il semblerait que le journaliste s’inquiète du fait que nos chérubins ne lisent pas La
Princesse de Clèves… Un libraire explique : « Comme pour les adultes, seuls les gros lecteurs lisent de tout, y compris les classiques, reconnaît-on à la librairie Ombres blanches à
Toulouse. Les autres le font parce que cela leur est imposé par leurs professeurs. Pendant un moment, nous avons pris le parti de placer en rayon ado des poches qui étaient a priori destinés aux
adultes. Ils aimaient Amélie Nothomb, Laurent Gaudé, Paul Auster et Daniel Pennac… » C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux éditeurs jeunesse publient ces livres dans une collection dédiée
aux « jeunes adultes ». Souvenez-vous : mes élèves de 4ème qui m’ont offert un roman de Marc Lévy comme cadeau de
fin d'année, c’était chez Pocket, collection « Jeunes adultes ».
Pour répondre au journaliste qui s’inquiète du fait que « rares sont en effet les jeunes lecteurs qui choisissent spontanément un classique à la bibliothèque », je lui demanderai si lui-même fait la démarche de lire un classique, comme ça, pour le plaisir. Je me souviens d’une illustration de Sempé dans un canard : il montrait le rayon nouveautés empli de clients feuilletant des livres et le rayon classique complètement déserté.
L’école est le lieu propice pour découvrir et lire des classiques. Mais il ne faut pas s’imaginer qu’un adolescent de son plein gré décide de lire La Princesse de Clèves pour reprendre l’exemple de l’article, d’autant que c’est un roman d’une extraordinaire richesse, difficile à comprendre seul à 15 ans.
D’autre part, pourquoi l’ado lirait-il ce que ses parents ne lisent pas eux-mêmes ?
Contrairement à une majorité de collègues, je ne pense pas que lire un programme TV soit un bon début de lecture pour un jeune réfractaire qui saura apprécier peu à peu cette activité. Je crois au contraire que l’offre est si importante qu’il est possible de trouver un livre qui convienne à chacun sans tomber dans la lecture de notices.
Enfin, certaines personnes découvrent tard le plaisir de lire, souvent écoeurées par les lectures scolaires de classiques, justement, et d'autres resteront toujours éloignées de la lecture…
Il est des classiques plus accessibles qui demeurent très appréciés des jeunes ados : Kipling, Boris Vian, Stevenson, etc. car ils permettent l’évasion et sont écrits dans une langue moderne. Les ados sont souvent rebutés, quand ils lisent seuls, par un vocabulaire et surtout une syntaxe qui ne leur apparaissent pas évidents d’emblée.
L’article se conclut sur une remarque : Jules Verne n’a plus la cote auprès des ados. C’est vrai… Mais ce phénomène a plusieurs explications : d’abord les ados préfèrent voir les dessins animés adaptés de ces romans ensuite il existe pour eux énormément de romans contemporains de Science fiction qui posent des questions plus actuelles, en accord avec les problèmes actuels.
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