Lalettrine.com

Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire

 

Mail : annesophiedemonchy[a]lalettrine.fr

Twitter : @asdemonchy

Mon CV : annesophiedemonchy.com

 

 

505 502 lecteurs et
219 livres chroniqués
depuis le 21 août 2006

follow-me-twitter.png

Recherche

Stats

Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 16:44

Comment ai-je fait pour passer à côté d’André Blanchard jusqu’alors ? En voilà un qui n’a pas la langue dans sa poche et écrit sans vergogne tout ce qu’il pense des littérateurs, des artistes en tout poil et de ses contemporains dans leur globalité. Il y a quelques semaines, par temps de neige, je me réfugie chez un  bouquiniste du quartier Latin et aperçois les deux volumes Contrebande et Entre chien et loup d’André Blanchard parus il y a deux ans aux éditions du Dilettante (en fait, il s’agit de la réédition des Carnets publiés en 1989). Il ne faut pas se fier aux couvertures hideuses car ces carnets recèlent des petites phrases cinglantes, ironiques sur les lettres et la culture que l’on picore chaque jour, sans suivre un ordre établi.

André Blanchard habite à Vesoul et mène une existence ordinaire avec sa compagne, sa fille et son animal de compagnie. L’agitation parisienne ne l’intéresse pas, ce qui ne lui interdit pas d’avoir la dent dure à l’égard des artistes qui cherchent absolument la notoriété. Ainsi dans l’introduction d’Entre chien et loup, il explique pourquoi il a choisi le carnet plutôt que le roman : « (…) proposer à la publication ce genre d’écrits par lesquels d’habitude on finit, c’était bien saugrenu, une idée de jeunot qui n’a pas froid aux yeux. Corrigeons illico le crâneur : si je pouvais faire valoir de la verdeur, celle d’une plume benjamine, j’étais de la branche vocation tardive, la trentaine déjà étrennée. Sans doute fut-ce la croyance que le style me donnait une manière de visa, qui me permit ce toupet, et pour le coup de bousculer l’ordre hiérarchique au nom duquel on voudrait que hors du roman il n’y ait point de salut; que si! tout juste n’y a-t-il pas d’amateurs, enfin, pas des masses. C’est pourquoi la quasi-totalité des candidats à la notoriété fondent sur le roman, fût-ce pour écouler, sous ce label, ce qui n’en est pas. Qui veut se demander ce que le roman est devenu ne saurait omettre parmi les réponses celle-ci : une compromission pour (se) vendre ». Je ne partage pas tout à fait ce point de vue mais remarque que cette observation tombe à point nommé puisque Bernard F. propose une réflexion sur l’écriture et la vision qu’ont les journalistes et blogueurs de cette activité à laquelle je vous propose de participer. C’est ici en commentaire.

André Blanchard, tout au long de ses Carnets, se montre très agacé quand on lui demande combien son livre fera de pages, combien de temps il aura mis pour l’écrire, etc. au lieu de s’intéresser au contenu, à la qualité des propos. Da  ns Contrebande, « pour les durs de la feuille », il expose de nouveau son projet littéraire : « Mes Carnets sont plus parents du recueil de moraliste et de chroniqueur que du journal, dont la raison d’être est de raconter des journées ; moi, par le truchement des Carnets, je tâche au contraire d’oublier les journées en leur substituant de quoi exister sans avoir à les vivre. (…) Bref, je vis dans un mouchoir ». Il ne décolère pas davantage quand des « artisans » lui demandent ce qu’il fait dans la vie et si écrivain « ça rapporte ». La chute (comme la plupart de celle que l’on retrouve dans ces Carnets) est bien tournée : « Moi, dans un cas comme le vôtre je n’insisterais pas si ça ne rentrait pas. Il y a dans la vie un devoir par-dessus tout  gagner de quoi nourrir sa famille.

Il était midi, ça m’a coupé l’appétit ».

Les aphorismes sur ses condisciples, l’art contemporain, les enseignants (hélas…), les courtisans, les hypocrites interrogent, titillent, agacent, ennuient, réjouissent et nous donnent furieusement envie de lire et relire les carnets tourmentés de cet écrivain solitaire. Certains pourront le considérer comme un ermite atrabilaire et réactionnaire, ils n’auront pas tout à fait tort mais la verve d’André Blanchard charme par ses traits d’esprit, son humour ravageur et son style tranchant.

J’aurais l’occasion de revenir sur ces Carnets mais en attendant je vous invite à les découvrir d’urgence !

Publié dans : Vraiment bien !
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Le cercle Reader

Infos









logo-lettrine-negre-litteraire.jpg






Association amie

skyscraper-partage.gif

Syndication

  • Flux RSS des articles

Interview




Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés