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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /2009 18:46

Avant d’être un film, « L’étrange histoire de Benjamin Button » est une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, inspirée dit-on, d’une formule de Mark Twain : « La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos 18 ans ».

Les fictions portant sur le souhait de pouvoir remonter le temps, conjurer la mort sont légion. Au Moyen âge déjà, des alchimistes comme Nicolas Flamel (personnage que l’on retrouve même dans les aventures du célébrissime Harry Potter) avaient la conviction d’avoir découvert la fameuse pierre philosophale ainsi que l’Elixir de longue vie. De La Machine à  explorer le temps de H.G. Wells en passant par Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, les auteurs se sont interrogés sur des questions aussi fondamentales que l’évolution de la société moderne ou la question de l’identité opposant l’être au paraître.

On retrouve toutes ces réflexions dans cette nouvelle de F. Scott Fitzgerald écrite au début des années 1920. Avec une certaine ironie, le narrateur décrit la bonne société américaine au moment de la Guerre de Sécession : les conventions, la peur du qu’en-dira-t-on… En 1860, donc, les Button décident que Madame accouchera à la clinique, contrairement aux coutumes de l’époque. On précise que ce couple jouit d’une « situation sociale et financière des plus enviables. Ils avaient noué des liens avec les familles en vue, ce qui, comme le savent tous les gens du Sud, leur permettait de faire partie intégrante de la prétendue « bonne société », qui s’épanouissait à l’époque dans le Sud des Etats-Unis ». Mais hélas leur réputation se défait le jour de la naissance de leur fils qui a eu l’impudence de naître sous les traits d’un vieillard… Une véritable honte s’abat sur les Button qui ne peuvent admettre d’avoir mis au monde un être sénile. Pour tromper les apparences, le père habille son vieil enfant en culottes courtes et lui offre hochet et soldats de plomb en guise de distraction.

Les années passent, Benjamin, rajeunissant trouve l’amour, prospère grâce à la société de son père, fait battre le cœur des midinettes tandis que sa femme flétrit. Il connaît quelques années de bonheur mais la société qui elle ne change pas, malgré les guerres qui se succèdent (guerre de Sécession, guerre hispano-américaine), le condamne : son comportement est jugé choquant quoiqu’il fasse. Quand il épouse une demoiselle de 20 ans, il dégoûte car il en fait 30 de plus, quand il atteint enfin les 20 ans, il écoeure plus encore puisque sa femme en a 50… Ses parents le regardent avec mépris et son fils le rejette. On lui reproche d'aimer le scandale et de ne pas se fondre dans le moule.

L’auteur ne s’étend pas sur la psychologie des personnages, il brosse à grands traits les faits, l’époque et le destin de Benjamin Button mais développe davantage une réflexion sur l’hypocrisie de la bonne société de la fin du 19ème siècle hostile au changement ou à la rébellion.

Publié dans : Vraiment bien !
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