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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 12:59

Impardonnables, le nouveau roman de Philippe Djian, pourrait être un roman vraiment bon… Hélas, à vouloir trop en faire, l’auteur rate complètement la fin et laisse son lecteur frustré…

 

Il est indéniable que Djian a du métier : tel un artisan, il polit des phrases incisives, percutantes, avec humour et dérision (avec un recours trop systématique à  la locution « etc. » au milieu de phrases laissant entendre, « débrouillez-vous avec la suite… » qui m’a agacée…). Mais force est de reconnaître qu’il sait nous prendre par la main et nous entraîner dans son univers noir et mélancolique.

 

Impardonnables est un véritable « page-turner », un roman qui tient en haleine du début à la fin grâce à un scénario fort bien étudié, où retours en arrière, chausse-trappes et fausses pistes maintiennent l’intérêt du lecteur.

Francis, le narrateur, a soixante ans. Ecrivain à succès, admirateur de Hemingway, il choisit de se retirer dans le pays basque pour tenter de refaire sa vie… Dix ans auparavant, sa femme et sa fille aînée sont mortes brûlées vives sous ses yeux. Depuis, il traîne sa culpabilité avec sa cadette, Alice, devenue une starlette du 7ème art. Pour tromper l’ennui, il s’est remarié avec Judith, s’occupe de temps en temps de ses petites-filles. L’histoire commence in media res : Alice a disparu. Une enquête est ouverte, son mari alerte la presse, accorde des interviews télévisés, ameute les médias pour que l’on oublie pas la comédienne… Francis souffre terriblement de cette disparition, craignant de revivre une seconde fois la tragédie familiale… Ne pouvant se résoudre à attendre les bras croisés le dénouement de l’affaire, il fait appel à un détective qui se trouve être une ancienne amie d’école… A partir de ce moment, les rebondissements se multiplient, les mises en abyme également (comme Francis, le fils de la détective a vu mourir l’un des membres de sa famille sous ses yeux – son père ; comme Francis, les malheurs le poursuivent…) ainsi que les fausses pistes (que j’ai hélas découvertes très vite…).

 

Le lecteur est donc pris par cette histoire où le narrateur, parallèlement à cette affaire se remet à écrire. Quelques réflexions sur l’écriture sont alors disséminées ici et là :

 «  (…) « Perdre un lecteur est pire que de recevoir cent coups de fouet. Perdre un lecteur est une terrible sanction. »

Il opina mollement. Il n’était pas facile d’expliquer comment l’on pouvait passer trente années devant une page blanche et encore moins que le moteur de cette folie était le style – ce gouffre, cette prison, cette tanière d’où l’on parlait de l’absolue nécessité d’une phrase, de sa beauté, de sa vibration secrète, sans ciller ».

On sait combien Djian est attaché au style, et l’on peut se douter que Francis est une sorte de double de l’auteur, lui-même grand admirateur de Hemingway. L’année dernière, Djian avait accordé une interview à Nathalie Crom pour Téléramaet avait déclaré : « Le chemin secret pour toucher l'autre, pour lui ouvrir les yeux, c'est la langue. La langue est pour moi un outil qu'on propose au lecteur, afin de l'aider à comprendre l'univers dans lequel il vit, donc à mieux vivre. Peut-être que je me trompe complètement, mais c'est ainsi que je vois la littérature. En tout cas, c'est comme ça que, moi, je l'ai reçue. Quand j'avais 20 ans, je ne voyais pas bien le monde autour de moi, il était comme flou et incompréhensible. En fait, je ne savais pas où me placer pour le regarder. Et ce sont des écrivains qui m'ont montré à quoi il ressemblait. Des gens comme Salinger, Kerouac, Carver ou Hemingway. N'importe quel écrivain un peu sérieux se doit de travailler à cela. (…)

Je pars du principe que toutes les histoires ont déjà été racontées. Adopter un certain point de vue, en littérature, cela signifie travailler sa langue - rien d'autre. Trouver une forme, une écriture. Comme le cinéaste cherche et trouve l'endroit où placer sa caméra. Inventer une histoire, cela m'amuse, bien entendu, mais dans n'importe lequel de mes romans je pourrais modifier à peu près n'importe quoi dans le récit sans que ça change quoi que ce soit. C'est sans importance. C'est la langue qui compte, et elle seule. La langue de l'écrivain doit être capable de capter cette sorte de vibration qui est dans l'air et qui est celle de l'époque, du temps présent ».

 

Impardonnables est bien sûr aussi un livre sur le pardon : peut-on pardonner ? Pardonner à sa fille, à sa femme, Judith ? Doit-on être exempt de tout malheur après avoir connu soi-même une tragédie ou bien le Destin ne nous accorde-t-il aucun pardon ? Cette thématique est finement traitée dans le roman grâce au croisement de plusieurs histoires, de plusieurs destins malheureux… Telle une tragédie, on pressent que cela va mal se terminer mais l’on se trompe de destinataire… Cette fin, comme je l’ai déjà évoqué, m’a beaucoup déçue car Djian a voulu frapper très fort, boucler la boucle, mais est allé trop loin…

 

 

Vous pouvez découvrir d'autres points de vue et axes de lecture ici :

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- Amanda Meyre

Publié dans : Sans intérêt
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