Anne Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
Mail : annesophiedemonchy
@ hotmail.fr
Twitter : @asdemonchy
Mieux vaut tard que jamais… Depuis 2003 l’éditrice Viviane Hamy met tout en œuvre
pour faire découvrir l’œuvre d’un des auteurs hongrois les plus traduits dans le monde et quasi inconnu en France, Magda Szabó. Pour son premier coup d’essai, elle édite La Porte, qui
obtient le prix Femina étranger. Forte de ce succès, elle continue en republiant un roman qui était déjà paru au Seuil dans les années 1960 mais qui n’avait alors pas trouvé son public :
La Ballade d’Iza. C’est avec ce roman que je suis entrée dans l’univers de Magda Szabó. Depuis, j’ai lu L’Instant et Le Vieux Puits (publiés en même temps)
mais je ne puis vous en dire plus car ils font l’objet d’un article à paraître prochainement dans Le Magazine des Livres, si ce n’est que l’auteur déteste la monotonie. Les trois livres en effet
proposent des thématiques ainsi que des univers très différents.
Concernant La Ballade d’Iza, nous débarquons en Hongrie, au cœur d’un village de la Grande Pleine. Un homme, Vince, est sur son lit de mort. Autour de lui, s’affairent doucement sa femme, sa fille Iza pour qui il a une tendresse incommensurable et à qui il adresse ses derniers mots, et l’ancien mari de celle-ci, Anta. Après l’enterrement de Vince, pour ne pas laisser sa pauvre mère seule dans cette atmosphère glauque et dépeuplée, Iza lui propose de s’installer chez elle à Budapest. Ainsi, en pleine ville, dans un appartement confortable, elle n’aura plus à se soucier de rien. Sans lui demander son avis, elle trie les affaires de famille, jette les vêtements, meubles et autres objets qui selon elle n’ont à présent plus de valeur. La mère, désoeuvrée et impuissante laisse faire Iza. Le texte de Magda Szabó est d’une extrême sobriété et pourtant, il parvient grâce à sa petite musique mélancolique, à nous vriller le cœur. On ressent une vive émotion en suivant le parcours de cette vieille dame complètement déracinée qui se retrouve dans un univers bourgeois qu’elle ne connaît pas, entourée de personnes aux mœurs d’un autre temps. Délaissée par sa fille qui de son côté ne comprend pas l’ingratitude de sa mère, elle décide de retourner dans son village retrouver ses souvenirs et vivre ses dernières années selon ses convictions.
Ainsi, à travers ses pages douces-amères, Magda Szabó décrit des personnages désespérément seuls et attachants. J’ai aimé cette écriture simple et sobre, quelque peu désuète aussi.
Derniers Commentaires