Anne Sophie Demonchy
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Le 19 août prochain sort un très beau roman, Terre des Affranchis
d’une jeune roumaine francophone : Liliana Lazar. Sans vous révéler dès à présent la trame, je puis vous annoncer qu’il s’agit d’une sorte de conte initiatique très dépaysant. L’histoire se
passe dans un petit village en Roumanie, sous Ceauşescu. Il sera question de meurtres, de viols mais aussi de rédemption et de forêt merveilleuse. Je ne vous en dis pas plus pour le
moment…
Je vous propose d’entrer dans les coulisses de la publication de ce livre. Liliana Lazar et son éditrice, Susanne Juul (Gaïa) ont accepté de me raconter cette aventure.
Comment avez-vous eu l’idée de vous adresser aux éditions Gaïa ?
Liliana Lazar : En fait au début, comme presque tout le monde, j’avais tenté de m’adresser à de grandes maisons d’édition. Je n’avais pas fait de tri si bien que j’ai envoyé un peu mon livre à n’importe qui.
Susanne Juul : Nous, on publie peu de littérature française. Mais en recevant ce manuscrit, on a aimé le fait qu’il ne ressemble pas du tout aux romans à la française. On a envie de faire de la littérature française, mais pas comme tout le monde. On veut proposer des livres dépaysants.
L.L. : Ensuite, j’ai regardé sur Internet les différents catalogues des maisons d’édition… Mais j’ai fait ce qu’il ne fallait pas faire : imprimer quarante exemplaires et les envoyer comme ça sans vraiment savoir à qui…
S.J. : Est-ce que tu as eu beaucoup de réponses ?
L.L. : Une dizaine, mais seulement trois ou quatre réponses personnalisées. Elles venaient toutes de la part de petites maisons.
S.J. : C’est vraiment une grosse difficulté de répondre aux auteurs. Nous, au début, on se disait qu’on allait traiter le mieux possible les auteurs qui nous envoient un manuscrit. On leur renvoyait un courrier personnalisé. Mais très vite, on a été dépassés par les événements parce que les auteurs répondaient à nos lettres et attendaient une réponse puis commentaient … On ne pouvait plus suivre, donc assez rapidement on ne pouvait plus répondre. Maintenant, on envoie des lettres d’accusé de réception comme ça les auteurs savent que l’on a bien reçu leur manuscrit. Mais on ne s’étend pas du tout sauf, et ça a été le cas avec Liliana, lorsqu’on reçoit un manuscrit vraiment intéressant mais qui mérite d’être retravaillé.
Liliana, vous n’avez donc pas reçu une réponse positive tout de suite de Gaïa. Vous avez dû retravailler votre texte ?
L.L. : oui. En fait, j’avais envoyé comme ça mon manuscrit, en pensant que ça passerait… Et je n’avais pas compris que si je le retravaillais il avait des chances d’être publié.
S.J. : Quand on répond aux auteurs, on dit ce qu’on a aimé et on explique ce qui ne va pas, pourquoi on ne peut pas publier en l’état leur texte. Libre à l’auteur de faire ensuite ce qu’il veut.
L.L. : J’ai reçu deux réponses vraiment personnalisées. Mais j’ai laissé mon manuscrit dans un tiroir. Après je me suis dit que c’était dommage d’abandonner…
S.J. : Les réponses que tu as eues comportaient-elles les mêmes réserves que les nôtres ?
L.L. : Oui. En fait, on me reprochait d’aborder trop de thèmes à la fois. Le lecteur était un peu perdu. Mais j’ai retravaillé mon manuscrit me rendant bien compte que je voulais trop en faire. J’ai consulté pas mal de bouquins qui parlaient des manuscrits et des éditeurs. J’ai été attentive aux explications concernant le fait que l’on publie ou non des livres. Les erreurs à éviter. J’ai retravaillé la trame comme le style. Ca m’a pris des mois. J’ai réussi, en réécrivant mon texte à aller à l’essentiel. Ca ne sert à rien de vouloir écrire une page pour dire une chose. Parfois, quelques mots suffisent.
S.J. : En tout cas, quand Liliana a renvoyé son manuscrit, on l’a relu et on l’a dévoré. On a eu envie de le publier.
Une vidéo sur le site des éditions Gaïa : c'est
ici
Terre des affranchis, Liliana Lazar, Gaïa, 197 p., 19 août 2009
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