Anne Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
Mail : annesophiedemonchy
@ hotmail.fr
Twitter : @asdemonchy
La rentrée littéraire commence officiellement jeudi 13 août, avec notamment la sortie du très attendu
Column McCann (Et que le vaste monde poursuive sa course, chez Belfond) mais dores et déjà, le trublion germanopratin, Frédéric Beigbeder, fait parler de lui : Un Roman
français (qui paraît le 18 août aux éditions Grasset) aurait été « censuré » !
Juin dernier, journalistes et libraires reçoivent les épreuves du roman. Il s’agit d’une autofiction dans laquelle l’auteur raconte cette fameuse nuit de 2008 où il avait été interpellé par la police pour avoir sniffé de la cocaïne sur le capot d’une voiture en pleine rue. S’en était suivie une garde à vue prolongée de 24 heures à la demande du procureur de la République, Jean-Claude Marin. C’est à lui que s’en prend directement Frédéric Beigbeder au chapitre 27 de son livre : «Personne ne parle jamais de Jean-Claude Marin. Normal, c’est chiant d’être Jean-Claude Marin» (ce qui n'est pas tout à fait vrai au vu des nombreuses polémiques dont il fait l'objet).
Ouh le méchant… L’éditeur de Frédéric Beigbeder, Olivier Nora, craignant des problèmes juridiques avec le procureur de la République a préféré demander à l’auteur de revoir sa copie. Cette petite phrase cinglante disparaît donc dans la nouvelle version, plus édulcorée : « Les mots : Jean, Claude, et Marin, pour les générations à venir seront le symbole de la Biopolitique Aveugle et de la Prohibition Paternaliste ».
Ce qui est amusant c’est que l’auteur de 99 Francs est un expert en marketing. Bourré d’imagination, l’année dernière il envisage de faire paraître son roman, Au Secours Pardon en juin et de n’accorder aucune interview télé réservant une unique vidéo à Thomas Clément reprise ensuite par les différents médias. Les ventes ne furent pas à la hauteur de ses espérances mais c’était une façon de faire parler de son bouquin bien avant le déferlement de la rentrée. Cette année, il récidive avec une idée plus ingénieuse encore : faire croire que son livre aurait été « (auto)censuré ». Pourquoi je ne crois pas à cette histoire ? D’abord parce que je suppose que l’éditeur de Frédéric Beigbeder est un homme sérieux qui a pris le temps de lire le roman avant de le mettre sous presse. Il n’a donc pas pu passer à côté de ce chapitre litigieux… Mais, Le Monde rapporte que l’éditeur n’aurait pas prêté attention à ce passage : « Je m'étais d'abord concentré sur une lecture littéraire du manuscrit de Frédéric Beigbeder et je lui ai fait des remarques de style », dit-il. « C'est en relisant à tête reposée le livre dans cette version que le caractère provocateur et grinçant de certains passages m'a sauté aux yeux », dit-il. Olivier Nora - dont l'avocat Jean Veil est aussi celui de Jean-Claude Marin - a convaincu Frédéric Beigbeder de procéder à des coupes, afin d'éviter « une promotion par le scandale » et surtout une menace de référé, en cas d'outrage à magistrat ». Ensuite, le magistrat a voulu répondre aux attaques de Frédéric Beigbeder dans un communiqué que l’on peut lire, entre autres, dans le webmagazine littéraire, Bibliobs…
En attendant, Beigbeder peut savourer sa « promotion par le scandale ». C’est lui qui inaugure cette rentrée « littéraire ».
La rentrée littéraire commence officiellement jeudi 13 août, avec notamment la sortie du très attendu Column McCann (Et que le vaste monde poursuive sa course, chez Belfond) mais dores et déjà, le trublion germanopratin, Frédéric Beigbeder fait parler de lui : Un Roman français (qui paraît le 18 août aux éditions Grasset) aurait été « censuré » !
Fin du printemps dernier, journalistes et libraires reçoivent les épreuves du roman de Beigbeder. Il s’agit d’une autofiction dans laquelle l’auteur raconte cette fameuse nuit de 2008 où il avait été interpellé par la police pour avoir sniffé de la cocaïne sur le capot d’une voiture en pleine rue. S’en était suivie une garde à vue de prolongée de 24 heures à la demande du procureur de la République, Jean-Claude Marin. C’est à lui que s’en prend directement Frédéric Beigbeder au chapitre 27 de son livre : «Personne ne parle jamais de Jean-Claude Marin. Normal, c’est chiant d’être Jean-Claude Marin».
Ouh le méchant… L’éditeur de Frédéric Beigbeder, Olivier Nora, craignant des problèmes juridiques avec le procureur de la République a préféré demander à l’auteur de revoir sa copie. Cette petite phrase cinglante disparaît donc dans la nouvelle version : « Les mots : Jean, Claude, et Marin, pour les générations à venir seront le symbole de la Biopolitique Aveugle et de la Prohibition Paternaliste ».
Ce qui est amusant c’est que l’auteur de 99 Francs est un expert en marketing. Bourré d’imagination, l’année dernière il envisage de faire paraître son roman, Au Secours Pardon en juin et de n’accorder aucune interview télé réservant une unique vidéo à Thomas Clément reprise ensuite par les différents médias. Les ventes ne furent pas à la hauteur de ses espérances mais c’était une façon de faire parler de son bouquin bien avant le déferlement de la rentrée et de sortir du lot. Cette année, il récidive avec une idée plus ingénieuse encore : faire croire que son livre aurait été « (auto)censuré ». Pourquoi je ne crois pas à cette histoire ? D’abord parce que je suppose que l’éditeur de Frédéric Beigbeder est un homme sérieux qui a pris le temps de lire le roman avant de le mettre sous presse. Il n’a donc pas pu passer à côté de ce chapitre litigieux… Mais, Le Monde rapporte que l’éditeur n’aurait pas prêté attention à ce passage : « Je m'étais d'abord concentré sur une lecture littéraire du manuscrit de Frédéric Beigbeder et je lui ai fait des remarques de style », dit-il. « C'est en relisant à tête reposée le livre dans cette version que le caractère provocateur et grinçant de certains passages m'a sauté aux yeux », dit-il. Olivier Nora - dont l'avocat Jean Veil est aussi celui de Jean-Claude Marin - a convaincu Frédéric Beigbeder de procéder à des coupes, afin d'éviter « une promotion par le scandale » et surtout une menace de référé, en cas d'outrage à magistrat ». Ensuite, le magistrat a voulu répondre aux attaques de Frédéric Beigbeder, réponse que l’on peut lire entre autres dans le webmagazine littéraire, Bibliobs…
En attendant, Beigbeder peut savourer sa « promotion par le scandale ». C’est lui qui inaugure cette rentrée « littéraire ».
Derniers Commentaires