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Anne-Sophie Demonchy
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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 19:30

        Javais très envie de lire Fils Unique de Stéphane Audeguy : toute la presse en parle – Le Monde comme Le Figaro, Le Bateau Livre comme Vol de Nuit. Et puis, Audeguy, je l’ai rencontré il y a deux semaines, au théâtre de La Colline, lors d’une émission en direct sur France Culture en partenariat avec Télérama. Divers auteurs, sélectionnés par ces deux médias, étaient conviés pour lire un passage de leur roman nouvellement publié. J’avoue que la bobine d’Audeguy et son air bonhomme m’ont conquise ! Je ne suis pas tombée sous le charme de sa beauté, non… mais ce fut de sa voix.

             François, le narrateur, est le frère de Rousseau… Eh oui ! Jean-Jacques avait un frère, mais il n’évoqua son existence que très discrètement dans ses Confessions. Il affirme ainsi que son grand frère, de sept ans son aîné, « avait pris le train du libertinage » et qu’il « tourna si mal, qu’il s’enfuit et disparut tout à fait ». C’est ainsi que Jean-Jacques, le préféré de son père, demeura fils unique ! Audeguy a donc pris la plume pour « remédier à cette négligence » et inventer la vie d’un débauché, d’un libertin, celle de François Rousseau…

            Fils unique est un roman vraiment très subtile… Le plus épais, le plus profond que j’ai lu depuis la rentrée littéraire… Audeguy, pour mieux nous faire pénétrer dans l’univers de son personnage, reprend le style du XVIIIème siècle et s’en sort admirablement. Jamais il ne s’écarte de ce choix. Mais son narrateur est également un fin observateur de la société dans laquelle il vit : il décrit avec force détails et délectation les mœurs et les intrigues. En libertin, il est emprisonné à la Bastille et se retrouve voisin de cellule de Sade. Rencontre incroyable, permettant au narrateur de rapporter quelques anecdotes croustillantes sur la vie, surtout littéraire, du marquis.

            Si la littérature du XVIIIème siècle ne vous a jamais inspiré ou qu’elle vous rappelle de mauvais souvenirs du bac, je vous conseille de lire ce savoureux roman. Grâce à lui, vous vous précipiterez vers votre librairie préférée pour relire Rousseau, qui selon Stéphane Audeguy, témoignait de beaucoup d’humour dans ses Confessions.

 

 

L'avis de Cathe

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Published by Anne-Sophie - dans Pas mal...
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commentaires

Clémentine 27/11/2006

J'ai lu ce roman et j'ai trouvé qu'il était long : beaucoup de digressions, d'anecdotes... Le passage sur Sade est plutôt ennuyeux... Dans l'ensemble, j'étais très déçue.

Gilles 11/12/2006

Décidément j'ai lu tous les livres dont tu parles. Quel bon livre, vraiment drôle, intelligent, ingénieux. Un pur bonheur !

David P 31/12/2006

François est l'antithèse de Jean-Jacques. Lui, l' anonyme, dans l'ombre de l'Illustre. Lui, le libertin, ennemi de toute vertu. Il se construit à l'opposé du frère. Jean-Jacques légifère, il vit ; se mêle aux indigents, en partage les plaisirs et les débauches.
Or, l'intempérance de l'aîné souligne le prestigieux travail du cadet. A travers François, découvrez une époque, un siècle mais surtout redécouvrez une oeuvre, celle du frère.
Cette construction en miroir est admirable.

michael flame 10/01/2007

Moi aussi j'ai adoré ce roman! Cet auteur est à suivre, je me souviens l'avoir découvert dans Les Mots de minuit, et j'aimais bien sa façon lénifiante de parler, intelligente et calme, avec de faux airs de jeune Houellebecq (ce qui n'est pas du tout une vanne, de ma part ;) D'autant que Audeguy a d'intéressants passages sur le sexe des femmes! Miam miam
Sinon, juste un bémol dans votre analyse, vous dîtes que son style est celui du 18ième siècle, c'est faux à tout point de vue. Déjà génériquement, il me semble que les autobio fictives du 18ième siècles (Gil Blas, de Lesage ; les deux seuls romans-mémoire de Marivaux ; Moll Flanders de Defoe) ne reprenaient pas des personnages ayant réellement existé, pour narrateurs en "je". J'ai l'impression que cette liberté sur le passé est propre à notre époque, qui vit une sorte de crise de l'exemplarité, et puise ainsi dans cette appropriation fictive de perso du passé, plus d'un enjeu littéraire. Je veux dire que littérairement, un individu X qui écrit son autobio, ou un auteur Y qui écrit l'autobio fictive d'un personnage fictif, ce n'est pas tout à fait la démarche, ni l'enjeu, de Audeguy. Du coup, stylistiquement, ca n'est pas une reprise intentionnelle du "style 18ième", car il disait lui-même, dans le dossier Lumières du magazine littéraire de février 2006, alors qu'il écrivait son deuxième roman dont nous parlons :
"Quant à la question du style, écueil redoutable du roman d'époque : écrire un roman généalogique suppose, non pas de chercher à écrire comme les Lumières - prétention absurde qui ne peut engendrer qu'une horrible "copie d'ancien" - mais à écrire avec elles. Cela suppose une pratique de la joie, une célébration des puissances de la vie, une lutte contre toutes sortes de forces mortifères". FIN DE CITATION! Si avec ca, les quelques rétives et rétifs de votre lectorat n'ont toujours pas envie!
Bonne soirée Mademoiselle.
Respectueusement,
MF

Daniel Fattore 29/03/2009

Une bonne lecture, même si ça surprend au début. J'en parle chez moi, justement: http://fattorius.over-blog.com/article-29633344.htmlJ'ajoute que ça m'a rappelé de suaves récits contemporains du narrateur... Mais je ne savais pas qu'il en avait été autant question à sa sortie. Merci de votre papier!

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