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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 15:10

         Je suis bouleversée… Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman qui m’émeut à ce point. Je viens de finir Lignes de faille de Nancy Huston (Actes Sud) qui a reçu la semaine dernière le prix Femina.

         L’histoire s’inspire d’un événement historique peu connu : au cours de la Seconde Guerre mondiale, un vaste programme de « germanisation » d’enfants fut mis en place pour palier les pertes allemandes : deux cent mille enfants furent volés dans les pays baltes, en Ukraine et en Pologne.

          Nancy Huston s’empare donc de cet épisode historique et imagine le destin d’une de ces petites filles enlevées ainsi que celui de sa descendance. Ainsi, le roman est construit à rebours : c’est l’arrière petit-fils, Sol, qui commence le récit de sa vie. Comme les trois autres narrateurs, il a six ans car selon Nancy Huston, « c’est l’âge où l’on a toutes les raisons d’être angoissé » (Festival América, café littéraire « la littérature c’est la vie »). On est en 2004, c’est la guerre en Irak. Le petit américain Sol, anorexique, prend plaisir à reluquer les images ultra- violentes sur Google. Cet enfant est insupportable : il se prend pour « le président Bush et Dieu en même temps », tient des propos racistes contre les arabes, ne tolère pas d’être contrarié. Le deuxième narrateur est son père, Randall. Il a une mère extrêmement rigide et angoissée : elle passe son temps à faire des recherches sur l’Allemagne nazie afin de comprendre ses origines. L’enfant souffre de ne pas être considéré suffisamment par sa mère mais compense ce manque d’affection par la présence chaleureuse de son père. La famille vit quelque temps en Israël pour faciliter les recherches de Sadie, la mère. Là-bas, Randall découvre la violence et le racisme. Puis, Sadie nous raconte ses six ans auprès de sa mère, chanteuse à la voix exceptionnelle, mais quelque peu capricieuse. Enfin, Kristina raconte son enfance en Allemagne nazie.

           La construction du roman est ingénieuse : quatre narrateurs, du même âge, racontent leur quotidien, à travers leurs yeux et leur sensibilité d’enfants. L’auteur parvient à retrouver des réflexions que l’on a eues un jour, jadis. Ces narrateurs observent, cherchent à comprendre le monde qui les entoure. Au fur et à mesure de la lecture, des indices sont distillés pour recomposer l’histoire complète de cette famille. Non seulement on traverse le temps mais également les continents : les enfants grandissent en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Israël, ce qui nous permet de percevoir les conflits et les crises dans le temps et l’espace.

            J’ai vraiment été très touchée par cette histoire qu’il faut lire d’une traite afin de n’oublier aucun indice. Les narrateurs ont chacun leur façon de s’exprimer mais l’ensemble est homogène. On sourit à certaines de leurs pensées, on s’émeut de certaines scènes, on se scandalise aussi devant cet enfant qui se masturbe en regardant des images de viol, et on verse aussi une larme, à la fin lorsque tous les fils sont noués.

Publié dans : Vraiment bien !
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