Anne Sophie Demonchy
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Comme je vous l’avais annoncé, je suis allée hier soir à l’université de Paris II suivre deux exposés suivis d’un débat sur « la critique impossible ». C’est l’Institut Français de Presse qui propose des séminaires dans le cadre du Master de Journalisme, animés par les critiques Christophe Kantcheff (Politis) et Bertrand Leclair (La Quinzaine littéraire). Ce séminaire a lieu cinq fois par an et réuni à la fois des étudiants comme des journalistes, écrivains, bibliothécaires ou universitaires.
Cette séance était vraiment passionnante parce qu’elle a pointé des problèmes réels auxquels sont confrontés les journalistes : qu’est-ce qu’un véritable article critique ? Faut-il simplement rendre compte de sa lecture ou donner envie de lire ? Comment ne pas toujours céder à la concurrence ? Pourquoi les journaux nationaux traitent-ils des mêmes livres à la rentrée ?
Ce genre de réunion permet une véritable mise à distance de son activité et prise de conscience de ses pratiques. Divers journalistes comme Alain Nicolas, responsable des pages livres de L'Humanité, Ingrid Merckx, de Politis, Patrick Kechichian, du Monde des Livres, Bernard Leclair ou Christophe Kantcheff sont intervenus pour exposer leur point de vue, exprimer des difficultés au sein même de leur rédaction, leurs remises en question.
Quelque soit sa profession, réfléchir à ses pratiques, à l’évolution de la société, est nécessaire et permet d’exprimer ouvertement ses doutes, partager des projets, des souhaits. La séance n’a pas eu pour objectif d’apporter une réponse à la question : « la critique impossible ? » mais d’ouvrir des pistes et de constater que peu à peu les journalistes glissaient tous vers l’analyse psychologique des personnages et la critique impressionniste, tics, selon eux à corriger.
Cette séance était une véritable bouffée d’oxygène, une ouverture vers de nouvelles perspectives. Néanmoins, j'ai également l'impression, que la critique ne correspond plus aux attentes des lecteurs... Sûrement parce que justement elle n'est plus critique mais seulement prescriptive et n'encourage qu'à la lecture au lieu de proposer une analyse du livre.
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