Anne-Sophie Demonchy
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Depuis une dizaine de jours Le Magazine des livres 4 est en kiosque. En couv’, c’est Serge Joncour. Joseph Vebret l’a rencontré à l’occasion de la sortie en salles de l’adaptation de son roman UV (publié aux éditions du Dilettante). Le film n’est vraiment pas terrible. Le livre est dans ma PAL… autant dire que je n’aurais le temps de le lire avant les vacances… en août, au bord de la piscine, sous un parasol. Je serai ainsi en harmonie avec l’affiche du film où deux demoiselles sont dans des chaises longues, au soleil. Tout un programme… (qui je le répète fait un véritable flop).
Cet entretien avec Joncour est passionnant, non pas parce qu’on y apprend beaucoup sur son œuvre, mais sur sa conception de la figure de l’écrivain et sa place dans la République des lettres. Bien souvent, les entretiens sont convenus. L’auteur récite ce qu’il a dit des dizaines de fois à d’autres journalistes, veut donner de lui une image valorisante ou au contraire complètement déjantée (comme Paviot par exemple). En tout cas, il se cache derrière un masque. Or, Joncour apparaît en homme timide, complexé. Lui qui a publié sept romans au Dilettante et chez Flammarion estime « ne pas [être] encore à la hauteur (…). Je me dis parfois que j’ai fait des romans sympathiques, décoratifs, honnêtes… sauf un peut-être… voilà, ce n’est pas grave, on peut s’arrêter à ça, on n’est pas obligé de réinventer la littérature ». Des réflexions comme celles-ci sont rares parce qu’elles dérangent. En effet, l’écrivain devrait être celui qui, dans l’imaginaire collectif, réinvente le monde, la littérature et ses codes, du moins, est-ce son ambition. Sincérité ou fausse modestie ? Toujours est-il que Joncour espère écrire son Livre. En effet, selon lui, « l’écrivain est avant tout l’auteur d’Un livre. Il y a ceux qui trouvent dès leur premier roman et ceux qui ne trouveront jamais. Céline a écrit le Voyage au bout de la nuit ; vlan, premier roman, après le reste, c’est plus que des points de suspension ». Je ne partage pas cet avis car si c’est vrai pour Céline, peut-on en dire autant de Kafka, Genet, Brink, Flaubert, Gide, etc. ? Ce n’est sans doute pas pour rien que Dominique Gaultier (du Dilettante) fut le premier éditeur de Joncour, lui qui estime que le premier roman d’un auteur est son meilleur (Anna Gavalda doit sans doute faire exception à la règle...).
J’oubliais : parmi les projets à venir de Serge Joncour, l’adaptation de Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay…
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