Anne-Sophie Demonchy
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Depuis l’adaptation au
cinéma par Jean Becker de La Tête en friche, le grand public connaît Marie-Sabine Roger. Vous devez connaître l’histoire : un grand gaillard,
pas bien malin, fait la rencontre d’une vieille dame, bienveillante et généreuse, qui lui donne le goût de lire. C’était une histoire tendre qui a touché tous les cœurs sensibles. Eh bien
précisément, à l’instar de ce roman, Bon rétablissement (éditions du Rouergue) est un livre tendre et émouvant, qui met à l’honneur, encore une fois,
les rencontres amicales.
Marie-Sabine Roger, en effet, aime raconter des histoires d’hommes à part, quelque peu marginalisés, en tout cas, mal aimés. Le narrateur, Jean-Pierre, non seulement est sans doute mal aimé mais se définit comme un vieux misanthrope, veuf et sans enfant. Aussi, le lecteur naïf est-il bien obligé de le croire. Jean-Pierre se retrouve à l’hôpital après avoir été accidentellement mis à l’eau. Il ne se souvient plus de rien. Un policier ouvre une enquête et vient lui rendre régulièrement visite. Il lui apprend que c’est un jeune prostitué qui lui a sauvé la vie.
Le narrateur a perdu la mémoire si bien que son attention est portée sur son quotidien : l’hôpital. Avec beaucoup de dérision, il décrit son séjour à l’hôpital : la visite des spécialistes accompagnés de leurs hordes d’étudiants, le réveil aux aurores des infirmières parfois brusques, le manque d’intimité, la promiscuité… On s’y croirait presque !
Et finalement, alors que le narrateur s’attendait à demeurer seul, les visites s’enchaînent : son frère et sa belle-sœur (qui l’ennuient), une des ses voisines de chambre (qui l’agace chaque jour un peu plus), le policier et même le prostitué. Tous ces personnages se révèlent très différents de l’image que s’en faisait le narrateur.
Ne cherchez pas dans ce roman de grandes envolées lyriques : Marie-Sabine Roger choisit au contraire une écriture simple et efficace. L’humour constitue le sel de ce roman qui souhaite montrer le bouleversement du cours de la vie d’un homme qui pensait finir ses jours seul et tranquille. Grâce à son séjour à l’hôpital, il prend conscience qu’il s’est construit une carapace épaisse qui empêche tout contact avec l’extérieur. Peu à peu, il prend goût à cette aventure qui s’offre à lui.
Bon rétablissement n’est pas un chef d’œuvre mais il fait partie de ces livres que l’on prend plaisir à lire et à offrir parce qu’on sait qu’ils font du bien.
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