Anne-Sophie Demonchy
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Peut-être n’est-ce pas la
saison pour vous proposer ce très beau livre mélancolique mais tant pis, je tiens absolument à vous le faire connaître. Il s’agit d’un recueil de nouvelles de Georges Bonnet,
Chaque regard est un adieu (aux éditions Le temps qu’il fait). L’auteur est un vieil homme maintenant de 91 ans, qui a commencé à écrire à l’âge de 45 ans, des poèmes, des romans et
des nouvelles.
Chaque regard est un adieu réunit six nouvelles aussi abouties les unes que les autres. Toutes disent l’impossibilité d’être libre. La première, par exemple, Angèle, est le récit d’un brave homme qui se fait licencier du jour au lendemain et se sent soudain libre. Libre de se défaire de toutes ses attaches : ses vêtements de bon salarié obéissant, son appartement, son épouse si prévisible… Sur un coup de tête, « il allait rejoindre ceux qu’il avait un soir admirés en centre-ville, les S.D.F. qui se tenaient sans insouciance dans une vie sans contrainte. » Et d’essayer de devenir l’un de ces hommes, Joachim se rend compte pourtant qu’il est fortement lié à sa vie, si médiocre soit-elle.
Le besoin de fuir une réalité monotone, cruelle est perceptible également dans la nouvelle « Maria », histoire d’un couple amoureux mais persécuté. Il se dégage de ce texte une tendresse infinie malheureusement contrariée par le désespoir. Georges Bonnet, avec une plume élégante mais sans artifice, dépeint des sentiments profonds, justes.
La mort, la séparation, le renoncement sont les grands thèmes de ces nouvelles. Le bonheur semble à portée de mains et pourtant demeure inaccessible. Pourtant, Bonnet décrit avec une telle humanité des situations quotidiennes que l’on est touché et profondément ému.
Si vous souhaitez découvrir quelques unes de ces nouvelles, jetez un coup d’œil sur le site de Télérama.
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