Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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Depuis que les médias ont dénoncé les copier-coller de Joseph Macé-Scaron dans plusieurs de ses romans, les langues, dans le petit milieu journalistique, ont commencé à se délier, en off bien sûr. Certains journalistes m’ont en
effet confié que le patron du Magazine littéraire était coutumier du fait, y compris en ce qui concerne ses articles de presse. Il se murmure pas mal
de rumeurs dans ce milieu qui ne sont pas toujours avérées. Je ne comprenais pas pourquoi, si leurs accusations étaient fondées, ces journalistes ne dénonçaient pas ces plagiats. Cela me semblait
en effet intéressant de montrer que ce super actif (sévissant dans les médias et trouvant en plus le temps d’écrire des romans) ne se gêne pas pour appliquer sa technique de
l’ « intertextualité » dans tous les domaines. J’ai continué donc de suivre cette affaire de plagiat de loin, estimant que les
dernières révélations de plagiat remontaient à plus de vingt ans et donc étaient quelque peu périmées : cela relevait plus du règlement de compte que de l’information.
Finalement, c’est le site de L’Express qui s’est jeté à l’eau en publiant un article titré « Plagiat : Macé-Scaron le journaliste aussi... ». Le voici l’article tant attendu, celui qui montre les véritables méthodes de travail d’un homme très occupé, qui n’a pas le temps de rédiger seul ses articles ! Et je journaliste, Jérôme Dupuis, de prendre un premier exemple tiré d’un article du 8 juillet 2006, dans Marianne et intitulé « Catulle, le Rimbaud de Vérone » qui correspond, mot pour mot à un article paru dans le magazine Lire en 2004, de la journaliste Laurence Liban. Selon Jérôme Dupuis, la journaliste n’aurait pas eu vent de ce copier-coller et l’affaire en est resté là.
Mais, Joseph Macé-Scaron, selon le journaliste de L’Express, aurait récidivé quelques semaines plus tard, le 16 septembre 2006 avec un article intitulé : « Le tiers état culturel ». Une fois encore, c’est dans le magazine Lire qu’il trouve son inspiration. Il s’agit d’un article de Delphine Peras au sujet d’un livre du sociologue Bernard Lahire sur la condition des écrivains. Il fait plus que s’inspirer du texte de la journaliste, il le reprend mot pour mot.
Jérôme Dupuis réserve l’exemple le plus pour la fin : une critique de Macé-Scaron sur l’œuvre de l’italien Antonio Tabucchi, parue dans Marianne, en mai 2006, recopiée d’un article du Matin (daté de 1987) qui se trouvait retranscrit sur la quatrième de couverture du livre de Tabucchi !
Ces nombreux exemples ne sont donc pas, comme veut nous le faire croire Macé-Scaron, une simple « connerie », c’est une méthode de travail. Incapable de consacrer le temps nécessaire à lire et à écrire des articles issus de sa propre réflexion, il préfère recopier ce qui a été écrit pas d’autres et qu’il juge assez bon pour être repris par lui, le directeur du Magazine littéraire.
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