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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 10:43

la-femme-du-metro.jpgPuisque le printemps se fait languir, découvrons la Grèce, Athènes plus particulièrement, dans les années 1970. Dans un décor étriqué (le métro), deux êtres que tout oppose (elle a quarante ans, elle est mariée et mère de deux enfants ; il est un playboy de 20 ans qui succombe au charme des femmes mûres) se rencontrent chaque jour, dans la même rame… Elle habite un coin de la ville huppé, lui vit chez parents mais a une garçonnière où il s’encanaille.

 

La Femme du métro (éditions Quidam) est le cinquième roman du grec Mènis Koumandarèas, écrit entre mai et novembre 1975. Ce petit texte a déjà 35 ans mais n’a pas pris une ride tout simplement parce que le style fluide et élégant ainsi que les thèmes abordés (l’insolence de la jeunesse et l’amour impossible) sont des plus classiques.

 

D’emblée, ce qui séduit, c’est la petite musique de ce texte qui, malgré ses 60 pages, se lit lentement. Le rythme impose cette lenteur. Le récit également. En effet, l’auteur raconte le quotidien bien mélancolique de Koùla. Tous les matins et tous les soirs, cette employée des impôts prend le métro, s’installant toujours dans la même rame. Elle n’attend rien de spécial ni de son boulot qu’elle n’est pas obligée d’exercer pour gagner sa vie (son mari a une très bonne situation), ni de sa rencontre avec le jeune et beau Mìmis. Mariée à un homme qu’elle n’aime pas, elle sait toutefois que cette relation est inenvisageable.

 

Pourtant, même si elle semble connaître l’issue d’une telle aventure, elle accepte de la vivre. Quand Mìmis s’adresse à elle et engage la conversation, elle se prête au jeu. Malgré les conventions et son éducation, elle accepte aussi d’être tutoyée et de boire un verre avec ce jeune étudiant. Lucide sur son couple, elle s’en accommode mais ne s’interdit pas non plus de commencer une liaison avec Mìmis. Très vite, la narration se concentre sur les confidences sur l’oreiller de ces deux amants et les incessants allers-retours en métro.

 

Les décors en sous-sol - la chambre, le café « bouiboui » et bien sûr le métro – semblent indiquer qu’aucune ouverture n’est possible. Les personnages ne peuvent entrevoir une issue, un avenir… Le quotidien, le poids des conventions et surtout la fatalité empêchent tout horizon.

 

La Femme du métro est un beau texte, lent et mélancolique. Pour l’apprécier à sa juste valeur, il faut prendre son temps, savourer ce rythme si particulier (balancement de phrases concises et longues, binaires puis ternaires),  écouter sa musique et se laisser charmer.

 

Publié dans : Pas mal...
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