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Anne-Sophie Demonchy
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 11:27

lectrice-Picasso.jpg En avril dernier, Le Magazine littéraire consacrait une enquête aux quatrièmes de couverture. Quelque temps plus tard, In Cold Blog a proposé à la blogosphère un questionnaire pour connaître le rapport qu'elle entretient avec ce petit texte quasi omniprésent sur les livres. Le résultat officiel ainsi que la conclusion de ce questionnaire ne sont pas encore connus. Il en ressort toutefois que la quatrième de couverture « est lue, systématiquement ou souvent, par 85 % des répondants » et « « 92 %, des répondants n’imaginent pas devoir se priver un jour des 4e de couverture ». On l’aura compris, ce court texte est un atout majeur pour donner envie de lire.

Le Magazine littéraire commence par faire un bref historique de cette fameuse quatrième : «  Au Siècle des Lumières, celle-ci existait sous la forme embryonnaire – et ostensiblement publicitaire – du «prospectus» […] – un texte bref, incitatif et élogieux, que les directeurs de journaux du XIXe siècle se voyaient littéralement priés d’inclure dans leurs colonnes, dans le but d’informer le public de l’actualité éditoriale. Durant la première moitié du XXe siècle et l’entre-deux-guerres, ce libellé prendra la forme d’un encart, feuille glissée dans les seuls exemplaires de presse, mais destinée cette fois au lectorat plus ciblé des critiques littéraires. Il faudra attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour que ces feuilles volantes soient élargies à tous les exemplaires – et donc au public – et plus encore pour que celles-ci soient directement imprimées au verso des livres, pour des raisons bassement économiques. »

L’enquête se poursuit sur les choix éditoriaux des différentes maisons. Certaines, comme Minuit ou José Corti, se sont passé pendant longtemps  de ce petit texte promotionnel, souvent dithyrambique, ou faisant le résumé du livre. Comment évoquer en quelques mots Oh les beaux jours ! sans déflorer le texte ? Mais je ne suis pas de bonne foi. Les lecteurs connaissent, pour la plupart, l’univers de Beckett et n'ont pas besoin de lire un paratexte pour se décider ou non à ouvrir le livre.

Hélas, sans cette quatrième de couverture, certains livres n’auraient aucune chance d’être lus. Le lecteur a besoin d'en savoir davantage sur un livre complètement inconnu dont il ne sait rien ni de l'auteur ni de son contenu. Dans un entretien qui suit cette enquête, Dominique Gaultier, patron du Dilettante, affirme « je ne suis pas un grand partisan de la quatrième. Certes, elle permet de vendre davantage, mais cette langue de bois m’accable. On a toujours tendance à dire qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre, que l’on a découvert un merveilleux auteur, totalement inconnu mais extraordinaire… c’est un peu vulgaire, non ? » Il n’a pas tort : des éditeurs voire des auteurs immodestes se prennent à écrire des quatrièmes plus que pompeuses à leur propre gloire. Mais, Gaultier aussi a trouvé la parade pour vendre ses livres : le rabat de la couverture se substitue à la 4e. Voici comment il conçoit ce texte : « À mon sens, il faut quelque chose de court et de percutant. Neuf fois sur dix, on insère un bref extrait significatif, souvent en italiques mais pour le reste, il n’y pas de règles. Si on propose une notice narrative, elle dépasse rarement les cinq lignes, et on fait en sorte qu’elle soit un peu décalée, si possible plus amusante que ce qui se fait chez les autres. »

L’enquête ne fait pas allusion aux éditions Héloïse d’Ormesson qui poussent plus loin l’idée de la 4e de couverture en en plaçant une partie en 1ère ! En effet, un slogan, en bas de couverture, résume en quelques mots la portée du livre. Prenons quelques exemples : Boomerang de Tatiana de Rosnay – « Secrets de famille » ; Double je  de Jean-Marie Catonné – « Les éditeurs ne sont pas (tous) des chiens… Vous avez compris le principe ? Grâce à ce slogan, le lecteur sait d’emblée si le thème peut l’intéresser. Ensuite, il consulte la 4e de couverture pour avoir un résumé plus précis du livre.

Chaque éditeur a sa propre stratégie pour donner envie de lire… Les éditions Héloïse d’Ormesson parmi tant d’autres ont fait le choix de s’adresser au grand public. Le thème ainsi que le résumé du livre sont les critères déterminants de vente. D’autres maisons comme José Corti ou Minuit aimeraient se passer de cette 4e puisque, pour eux, le critère dominant est le style et leur lectorat se veut plus élitiste. Comme le dit clairement Dominique Gaultier, ces 4e promotionnelles peuvent apparaître vulgaires. Pourtant même sa maison d’édition (qui publie  des textes de plus ou moins grande qualité soit dit en passant) élabore des idées marketing pour vendre. Son choix premier se porte sur la couverture, sa marque de fabrique. Ainsi les rabats «  permettent de préserver l’harmonie des couvertures, qui sont très importantes chez nous. Elles ont pour spécificité d’être toujours illustrées avec, bien souvent, un jeu d’écho qui s’instaure entre le recto et la quatrième. »

Quant à moi, je dois avouer que je lis très rarement les quatrièmes de couverture voire jamais sauf si c’est pour un livre que je dois offrir, ou bien s'il ne s'agit pas d'un résumé. Quelques phrases bien senties suffisent. Mais, je me fie plus à la maison d’édition, à la renommée de l’auteur et aux échos que j’ai entendus ou lus sur tel ou tel livre. Et vous, vous laissez-vous tenter par la quatrième de couverture ?  

 

Pour lire l'enquête du Magazine littéraire, c'est ici !

Pour lire le compte rendu du questionnaire d'In cold blog, c'est ici !

Publié dans : La littérature en question
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Commentaires

Je ne suis pas parvenu à vous avoir par mail. Je m'adresse à vous au sujet de mon roman MONTER LA VIE A CRU que Mon Petit Editeur vient de publier. Il est disponible en ligne sur le site : www.monpetitediteur.com/librairie.

Comment pouvoir lui donner une audience maximum et le faire connaître?

Je vous remercie par avance de l'attention que vous voudrez bien m'apporter.

Georges Lautier

Commentaire n°1 posté par Georges Lautier le 21/05/2011 à 22h39

Certaines maisons demandent à l'auteur de rédiger sa quatrième de couverture...

En qualité de lectrice, je regarde la 4e, munie d'une certaine mise à distance pour ne pas dire méfiance...

Commentaire n°2 posté par flora le 22/05/2011 à 10h13

Pour moi c'est la même chose, je ne peux pas me passer du 4eme, mais je le lis avec distance, car j'ai souvent été déçue du résultat du livre.

Commentaire n°3 posté par Lily M le 23/05/2011 à 08h20

Bonjour,

 

Permettez-moi de vous faire découvrir un festival qui a lieu en région parisienne cet été. Ce festival intitulé « Nous n’irons pas à Avignon » est né en 1999 dans le but de proposer une alternative au festival off d’Avignon, mais aussi dans le but d’inventer une manifestation estivale en banlieue parisienne, notamment à Vitry-sur-Seine.

 

La 13ème édition du festival a lieu du 6 au 31 juillet 2011. En 4 semaines 16 compagnies se réunissent pour vous offrir 80 représentations. Au programme : théâtre, danse, musique, jeune public, débats…

 

Pour en savoir plus :

http://www.gareautheatre.com/spectacles_liste.php?type_requete=rendezvous&millesime=2011&rendezvous=nip

Commentaire n°4 posté par maeva le 23/05/2011 à 14h56

"Mais, je me fie plus à la maison d’édition, à la renommée de l’auteur et aux échos que j’ai entendus ou lus sur tel ou tel livre"

Donc, en gros, vous ne lisez que ce qui se lit déjà et ce(lui) dont on parle déjà...

Hum, heureusement que tous les lecteurs n'ont pas cette politique là car c'est exactement le genre de chose qui tuerai les petits éditeurs qui n'ont pas assez de puissance financière pour faire de "l'échos" autour de leurs publications et surtout, ce serait la fin des haricots pour tous les auteurs anonymes et qui n'ont pas leurs entrées auprès des Gallimards, Plon et autre Grasset (sic).

 

Concernant l'article, j'ai besoin que la 4e de couv soit un court extrait du livre. Je choisi mes lectures très souvent au hasard des rayons de libraires et toutes dithyrambes sur la couv 4 me fait fuir.

Commentaire n°5 posté par Joss le 23/05/2011 à 18h09

@Joss, on voit que vous connaissez l'esprit de mon blog... <vous avez tout faux : se fier à un nom ou une maison d'édition ne signifie pas lire Gallimard Grasset et Plon. Parcourez le blog, vous verrez que j'ai mis à l'honneur pas mal de petites maisons de très grande qualité comme Quidam ou le Temps qu'il fait pour ne citer qu'elles, et plus encore, je fais partie du prix de l'Inaperçu (et j'en ai été cette année la présidente...) récompensant un roman français et un roman étranger passés inaperçus auprès de  la critique et des lecteurs. Voyez comme je suis un mouton... 

Commentaire n°6 posté par Anne-Sophie le 23/05/2011 à 18h22

Je m'en défie comme de la peste. Je lis quelques pages au milieu du livre, ouvrant au hasard. Jamais le début, toujours plus soigné que le reste. Si, après cette lecture, je n'ai pas compris de quoi il s'agit, mais que le style me parle, je vais voie la quat' de couv' mais c'est généralement le signe que que vais reposer le livre sur la table… car j'estime que "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et [que] les mots pour le dire arrivent aisément". Si le roman n'est pas clair, il ne m'intéresse pas. Pour un essai, je suis moins intégriste.

Commentaire n°7 posté par François Martini le 23/05/2011 à 23h07

@Anne-Sophie: Croyez-moi je connais votre site, je n'y suis pas arrivé par hasard, je l'ai dans mes favoris, c'est dire...

Je ne faisait que reprendre cet extrait de votre post qui m'a quelque peu revulsé étant - un peu - concerné, et je ne portais aucun jugement global sur les orientations de ce blog. Sinon je me serai contenté de me la fermer et de me barrer

Commentaire n°8 posté par Joss le 24/05/2011 à 13h46

Pour ma part, la 4eme est importante. Elle permet de donner un résumé du livre, voir du parcours de l'auteur et certaines se démarquent clairement. Après, je détourne vite mon chemin des ouvrages pompeux où il est fait l'éloge de l'auteur. Article très intéréssant ;-)

Commentaire n°9 posté par Skelarh le 28/05/2011 à 08h50

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