Anne-Sophie Demonchy
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Pour tout vous dire, je suis restée
interloquée devant ce roman, publié dans la collection « Meduim » à l’école des loisirs. Il s’agit du second roman de Jean-Noël Sciarini qui m’avait réjoui avec Nous étions des
passe-muraille, histoire d’amour entre un garçon sensible et une jeune fille anorexique. Cette année, l’auteur publie
Le garçon bientôt oublié, histoire encore d’un adolescent en souffrance. Mais cette fois, la magie n’a pas agi. Le sujet, sans doute, m’a paru difficile à traiter en si peu de
pages. J’aurais aimé que l’auteur prenne davantage le temps de nous décrire l’évolution de son narrateur, Toni, qui cherche à savoir qui il est. C’est un sujet hautement philosophique, mais ce
n’est pas sous cet aspect qu’il est traité. Ici, il est question de transsexualité, sujet vraiment délicat, plus encore auprès d’un public adolescent. Mais pourquoi pas justement faire le pari
d’ouvrir l’esprit des lecteurs et leur proposer un sujet peu traité et tabou. Le problème, c’est que c’est délicat. J’ai apprécié la pudeur de l’auteur de ne jamais entrer dans des détails
scabreux. Mais malgré tout, je ne suis pas parvenue à adhérer à cette histoire. Celle d’un garçon qui se sent si mal dans sa peau qu’il va enquêter auprès de sa famille et de ses amis pour
comprendre qui il est. Je n'ai pas trouvé crédible non plus son voyage à Paris, pas plus que sa
rencontre avec Rose, la prostituée... Comme dans Nous étions des passe-muraille, la musique est très importante, comme elle l’est d’ailleurs dans l’existence de nombreux adolescents. Toni veut savoir quelle chanson a changé la vie de
ceux de son entourage.
Plusieurs chansons sont d’ailleurs retranscrites puis traduites par Blandine Longre. Pour devenir qui il est, « le garçon bientôt oublié », Toni prend ses distances, quitte pour quelques jours la Suisse. Le roman s’achève avant sa complète métamorphose. Ce sera au lecteur d’imaginer cette vie nouvelle, assumée par ce narrateur qui se découvre au fil des pages.
On retrouve dans ce roman toute la sensibilité de Jean-Noël Sciarini, son écriture simple mais efficace, son univers musical qui donne une sacrée envie d’écouter les artistes cités, en particulier, le chanteur qui a changé la vie de ce narrateur, Antony and the Johnsons, crooner androgyne, sorte de frère spirituel guidant le jeune adolescent dans sa quête.
Et vous, aurez-vous envie de faire connaissance avec « Le garçon bientôt oublié » ?
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