Anne-Sophie Demonchy
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C’est étrange comme parfois on peut se sentir complètement exclu d’un roman.
On a beau s’accrocher, continuer de tourner les pages, l’auteur ne s’adresse pas à nous. Il ne nous intègre pas dans son lectorat. Philippe Georget, l’auteur du Paradoxe du cerf-volant (éditions Jigal), m’a tenu loin de lui. Certes, le sujet ne me passionnait pas : un boxeur HS se retrouve malgré lui impliqué dans
une histoire de meurtres compliqués. Mais c’est avant tout le style brut de décoffrage qui m’a dérangé. Style pas désagréable, mais l’on sent bien que Philippe Georget a davantage peaufiné
l’intrigue que son écriture virile. En revanche, concernant l’intrigue précisément, je reconnais que l’auteur s’est creusé la cervelle.
Difficile de résumer cette histoire et d’ailleurs ce serait dommage de déflorer complètement ce qui fait l’originalité sinon l’intérêt du livre. Je puis révéler toutefois que Le Paradoxe du cerf-volant commence par une série de meurtres mettant en cause Pierre Couture, l’anti-héros. Après avoir été accusé dans un premier temps puis complètement dédouané, celui-ci décide de mener lui-même l’enquête et d’en savoir plus sur son passé et le premier homme tué de la série, un certain Lazlo. Ses recherches le mènent dans les Balkans, d’où serait originaire Lazlo. Parallèlement, il reprend poursuit la boxe, noue une amitié sincère avec une pervenche, tente de retrouver les traces de son père qui l’a abandonné enfant... Les rebondissements sont nombreux et l’on ne s’ennuie pas. Mais, en tant que lectrice, j’ai eu l’impression que l’auteur a gagné par K-O. Celui-ci a recours aux introspections pour partager les désirs et aspirations de Pierre Couture, mais je n’ai pas adhéré. Ce personnage m’est resté indifférent…
Pourtant, je n’ai pas abandonné cette lecture puisque Philippe Georget sait rondement mener son intrigue. Le Paradoxe du cerf-volant s’organise en trois rencontres de boxe, découpées en douze rounds chacun. Cette organisation méticuleuse permet de tenir en haleine le lecteur, même novice en boxe. Car, si la boxe est bien présente dans ce roman, elle n’a qu’un rôle congru parmi de multiples thématiques abordées.
Si je me suis sentie complètement exclue de ce polar, je reste sensible à cette volonté de composer une intrigue bien ficelée, qui ne manque pas de panache.
Bonjour.
J'ai déjà rencontré ce probllème : comment faire comprendre au lecteur qu'un roman n'est pas bon sans faire de trop de peine à l'auteur ?