Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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Étant très occupée par diverses activités littéraires ces derniers mois, je prends moins le temps hélas,
de passer du temps, avec vous, sur ce blog. Mais aujourd’hui, il me semble important de sortir de ma tanière pour vous faire part de mon agacement… Eh oui, cela faisait longtemps ! En
septembre, j’ai lu le dernier roman de Virginie Despentes, Apocalypse bébé. J’ai trouvé une certaine énergie dans les premières pages, sentiment qui
remettait en cause un premier jugement que je m’étais forgé de cet auteur après avoir lu, consternée, Baise-moi il y a quelques années. Tout y était
pauvre, dénué du moindre intérêt. Provocation gratuite, style plat. Bref, je ne m’étais depuis plus attardée sur cet auteur. Cette année, parce que j’avais entendu les rumeurs positives sur ce
nouvel opus de Virginie Despentes, j’avais envie de dépasser ce jugement et de constater ce changement stylistique loué par la presse, quasi unanime.
Passé les premières pages assez vives et enthousiasmantes donc, qui évoquent le contexte de la disparition d’une adolescente à la sortie de son école et dressent un rapide portrait de la détective, je me suis vite agacée. La lassitude s’est installée car contrairement à ce que l’on pouvait s’attendre de la part d’un auteur qui se dit « rebelle », tous les clichés étaient là : les bourges sont des cons, les jeunes ne pensent qu’à fumer des joints et le sexe est fatalement graveleux et violent. Cette vision si stéréotypée de la société ne m’a pas choquée mais interloquée. Comment un auteur peut-il avoir une vision si étroite de ce qui l’entoure ? Son image de la banlieue est tellement cliché que l’on se demande si elle s’est intéressée au sujet, aux gens qui y vivent, y travaillent… Certes, Yacine, le jeune qui rencontre la disparue, existe. Il y a des jeunes en effet qui prennent toutes les filles pour « des putes » (dixit le narrateur) et ne méritent aucun respect. Des médiateurs, des éducateurs passent du temps avec ces jeunes pour ouvrir le débat, discuter des relations « garçons-filles » dans les cités. Il est vrai que ce regard misogyne et agressif existe mais Virginie Despentes ne donne que cette image négative dans son roman. Tous les personnages qu’elle présente reflètent un aspect de la société le plus médiocre. Prenons le cas du père de la jeune fille disparue. C’est un écrivain. Comme tout écrivain qui se respecte, il a de nombreuses conquêtes, passe son temps sur Amazon à vérifier son rang dans le classement des ventes… C’est, selon le narrateur, un pauvre type, pas très intéressant, qui n’est préoccupé que par son image d’auteur. Encore une fois, ce type peut exister. Mais qui ne se figure pas ainsi l’écrivain ? N’est-ce pas cette image que l’on retrouve dans les médias ? En quoi Virginie Despentes offre-t-elle, comme elle le souhaiterait (ou du moins comme les journalistes le laissent entendre), une image décapante de la société ? En quoi son regard est-il neuf ? Oui, c’est un monde crasseux, sans amour, sans rédemption. Et ? C’est tout ?
Je passerai sur la fin qui est complètement ratée. Ne voyant certainement pas d’issue à son livre, Virginie Despentes décide de tout faire exploser. Ce qui est, bien sûr, très crédible. Sur ce point, je ne contredirai pas ceux qui ont écrit que la fin est inattendue !
Quant au style, que dire d’autre que… rien de bien original.
Je m’étais tue jusqu’alors sur ce roman sans grand intérêt mais comme il revient à la une des sites et des médias et qu’on l’encense, je ne puis réprimer plus encore mon agacement. Voilà, c’est fait.
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