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Anne Sophie Demonchy
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 12:31

Comme vous le savez à présent, le Salon du livre 2010 s’annonce très mal pour l’édition indépendante. 70 éditeurs, libraires et autres professionnels du livre se sont unis pour écrire un lettre ouverte au directeur du syndicat national de l'édition, Serge Eyrolles dans laquelle elles lui demandent des éclaircissements sur la hausse des stands "trampoline" dont pouvaient bénéficier, jusqu'à l'année dernière, les « petits » éditeurs.

 

Espérant que la situation se débloque enfin, je vous soumets la lettre

 

 

 

 

 

 

Monsieur Serge Eyrolles

Syndicat national de l’Édition

115, boulevard Saint-Germain

75006 Paris

 

 

Paris, le 12 octobre 2009

 

 

Copie à Monsieur le ministre de la Culture

Monsieur le Président,

 

Nous tenons, collectivement, à vous alerter sur l’orientation que semble prendre l’édition 2010 du Salon du Livre de Paris.

 

Depuis des années, le tarif « Trampoline », réservé aux éditeurs réalisant moins de 300 000 euros de chiffre d’affaires, leur permettait de disposer d’un stand de 9 m2 tout équipé pour la somme de 2 000 euros HT. Somme qui peut sembler dérisoire, mais est importante lorsque l’on connaît l’état de la trésorerie des petites maisons d’édition.

 

Au milieu du mois d’août, Reed, le concessionnaire du salon, a fait parvenir aux éditeurs sa proposition commerciale pour 2010. Et là, stupeur (mais stupeur étouffée par la chaleur estivale) : le tarif « Trampoline » est désormais exclusivement réservé aux primo exposants. Pour pouvoir bénéficier d’un stand équivalent, un petit éditeur ayant déjà participé au Salon devra dorénavant débourser plus de 4 300 euros HT, si l’on intègre au tarif de base toutes les « options » – obligatoires (assurance, inscription, compteur électrique, etc.).

 

Lundi 7 septembre 2009 : une réunion, initiée par Reed, s’est tenue au siège du syndicat dont vous êtes le président en présence d’une cinquantaine d’éditeurs et de l’équipe du Salon du Livre au grand complet.

 

M. Morisset, le commissaire du Salon, nous a expliqué qu’il avait décidé « d’accompagner davantage la petite édition » et que la suppression du tarif « Trampoline » pour les éditeurs ayant déjà exposé visait à simplifier l’offre commerciale.

 

Pourquoi cette augmentation de 115 % ? Nulle réponse ne nous a été apportée. Pourtant, il apparaît évident qu’en doublant le tarif des « petits » stands (il est à noter que le tarif des autres n’a, lui, pas évolué), le Salon du Livre risque très vite de se délester des petits éditeurs incapables de suivre cette inflation.

 

Lundi 20 septembre, Reed a mis au point une nouvelle grille tarifaire destinée aux petits éditeurs, en proposant le stand de 9 m2 à 3 519 €, ce qui « limite » la hausse à 1 519 €. Cette majoration, de 75 % tout de même, nous semble bien éloignée de la volonté annoncée par le

commissaire du Salon d’« accompagner davantage la petite édition ».

 

Inutile de rappeler que le Salon du Livre est pour tous les éditeurs – petits et gros – le moyen de nouer de nouveaux contacts avec lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes…

 

Nous souhaiterions connaître votre position sur cette augmentation et savoir qui en est l’initiateur. Est-ce le SNE, propriétaire du Salon, ou bien votre prestataire Reed ?

 

Depuis quelque temps se murmure que certains aimeraient voir le Salon retrouver le cadre prestigieux du Grand Palais. Hélas, le mètre carré y est plus rare qu’à la Porte de Versailles et tout le monde ne pourra être de la fête, comme vous le confirmiez dans un entretien à Livres Hebdo en février 2009 en affirmant : « Si on retire les stands marginaux, on peut peut-être y tenir. » Devons-nous en déduire que nous sommes ces « marginaux » qu’il faut commencer à éloigner ?

 

Dans l’attente de vos éclaircissements sur une situation que nous jugeons alarmante pour la politique du livre en France, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre considération la plus distinguée.

 

 


Valérie Millet, Les Éditions du Sonneur

Laurent Seminel, Menu Fretin

Francis Combes, Le Temps des Cerises

Edmond Janssen, Éditions Delga

Gérard Cherbonnier, Éditions Le Petit pavé

Jean Ferreux, Téraèdre publishing

Dominique Gibert, Diateino

Dominique Tassel, Éditions Albertine

Alain Gorius, Éditions Al Manar

Guillaume Zorgbibe, Éditions du Sandre

Michel Chandeigne, Éditions Chandeigne

Pascal Arnaud, Éditions D’un Noir Si Bleu

Émeric Fisset et Marc Alaux, Éditions Transboréal

Thierry Marchaisse, Éditions Epel

Laurence Teper, Éditions Laurence Teper

François Plisson, Éditions de La Fibule

Xavier D. de Casabianca, Éditions Éoliennes

Marie Kattie, Présence africaine Éditions

Thierry Boizet, Éditions Finitude

Pierre Picy, Éditions Kailash

Christophe Sedierta, Éditions de la Dernière Goutte

Yves Frémion, président du MOTif

Susanne Juul, Gaïa Éditions

Sylvie Vacher, libraire

Brigitte Bouchard, Les Allusifs

Samuel Seguin, Éditions Fata Morgana

Paule Martigny et Alain Vollerin, Mémoire des Arts

Jean-Luc A. d’Asciano, Éditions L’OEil d’or

Xavier Legrand-Ferronnière et Anne-

Sylvie Homassel, Éditions Le Visage vert

Sabine Bucquet-Grenet, Les Éditions de l’Épure

Arnaud Fournier, Stalker Éditeur

Claire Paulhan, Éditions Claire Paulhan

Frédéric Jaffrenou, Éditions Isolato

Pierre Marchant, Éditions Calleva

Catherine Desjeux, Éditions Grandvaux

Marjolaine Pereira, Éditions Millefeuille

Gérard Pourret, Éditions Mouck

Nicolas Gary, Actualitte.com

Pascal Pratz, Asphodèle éditions

Pascal Boulanger, bibliothécaire, auteur

Thomas Seurat, librairie Grangier (Dijon)

René et Alice Turc, éditions Grandir

Éliane Huber, libraire

Monique Subra, éditions du Carbardès

Étienne Galliand, Alliance des Éditeurs indépendants

Benjamin Jugieau, TDO éditions

Maryline Larret, bibliothécaire

Caya Makhélé, Éditions Acoria

Déborah Dupont-Daguet, librairie Gourmande (Paris)

Élise Milicevic, Éditions 1793

Évelyne Philippe, Éditions de Bourgogne

Valérie Marty, Éditions Créer

Gilles Seegmuller, Éditions de l’Onde

Patrick Lefrançois, Éditions Pascal

Marie-Hélène Alba, Éditions du Lys noir

Isabelle Drouin Soubrillard et Yves Soubrillard

Éditions Infrarouge

Martine Levy, La cause des livres

Raphaël Thomas, Éditions La ville brûle

Danica Urbani, Dadoclem

Jean-Luc Hadji-Minaglou, Éditions Lis et Parle

Philippe Raimbault, Les mots migrateurs

Jean-Christophe Pichon, Éditions Edite

Charles Merigot, Éditions de la Ramonda

Benjamin Lambert, Librécrit

Hugues Barrière, Autour du livre

Nicolas Bayart, Éditions Le Passager clandestin

Christian Sauvan-Magnet, Éditions Le Desk

François David, Éditions Motus

Gil Fonlladosa, Éditions In Octavo

 

 

 

 

Publié dans : Salon du livre
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Commentaires

On ne te remerciera jamais assez, Anne-Sophie, de relayer encore et toujours cette information si précieuse autour du Livre. C'est en lisant ton blog (comme souvent, d'ailleurs) que j'ai appris cette nouvelle concernant les "petits" éditeurs et leur éviction du Salon du Livre 2010 par l'économique ! Sincèrement, je trouve cette façon de faire, une fois de plus, des plus cavalières et des moins honnêtes. Toutes les maisons doivent avoir cette possibilité de présenter leur maison et leurs oeuvres lors de cette manifestation exceptionnelle. Les exclure de ce circuit, c'est les entraîner - à terme - à les faire disparaître du paysage littéraire français et nous condamner, lecteurs, à ne plus avoir d'autres choix que celui de lire les ouvrages proposés par les majors de l'édition. Cela ne peut pas et ne doit pas se faire ! Souvent, ces petites maisons d'éditions proposent des livres d'une grande qualité littéraire et d'une originalité exemplaire. Ils osent encore produire et traduire des auteurs peu ou pas connus, laisser leur chance à de jeunes romanciers talentueux. Je me demande où va l'édition française à force de vouloir créer des quasi-monopoles par des fusions, des absorptions, des acquisitions ? On risque de perdre notre exception culturelle et tout ce qui en fait notre saveur à force de vouloir ressembler au système globalisant ! Cela me fait peur et craindre le pire ...
Commentaire n°1 posté par Nanne le 24/10/2009 à 17h42
Comme Nanne je partage votre colère, les lecteurs passionnés que nous sommes ne peuvent qu'être interpellés par votre coup de gueule
Si je fais le compte de mes lectures bon nombre de découverte ou réédition sont le fait de petits éditeurs, c'est indispensable pour que le paysage littéraire français ne s'appauvrisse pas Qui en dehors des petits éditeurs publie des poètes inconnus du grand public ?
Déjà au Salon de l'an dernier j'ai cherché vainement certains éditeurs, le phénomène va s'aggraver 
Je viendrai suivre sur ce blog les réponses apportées  si il y en a
Commentaire n°2 posté par Dominique le 25/10/2009 à 09h13
À mon avis, c'est plutôt la grande chance des petits éditeurs : ils vont économiser le prix du salon, qui ne sert à rien, et voint être obligé de se retrousser les manches pour se rencontrer ailleurs. 

Évidemment, en France, on n'aime pas ça. Alors on écrit au syndicat.

Ce que je trouve curieux, c'est que tous ces éditeurs mécontents, s'ils sont syndiqués, ont eu leur mot à dire lors du dernier Conseil d'Administration du SNE ou, s'ils ne sont pas syndiqués, on tort et ne sont pas habilités à protester des dispositions décidées par les syndiqués.

Alors ? Hypocrisie ? On veut garder l'argent des cotisations syndicales et bénéficier quand même des avantages ? 
Commentaire n°3 posté par François Martini le 25/10/2009 à 11h57
François Martini, vous connaissez visiblement très bien le monde de la petite édition, ce troupeau de moutons plus ou moins syndiqué qui passe sa vie au bar en attendant que les subsides lui tombent du ciel. Comme le Visage vert a eu le plaisir de signer cette lettre, et qu'il est petit parmi les petits (pendant que les un peu plus grands s'arsouillent, il regarde le crachoir en attendant que tombe la pièce), il ne peut que confirmer vos impressions. Les éditeurs indépendants ne prennent aucun risque ; ils rémunèrent le moindre de leurs soupirs ; ils ne passent aucune de leurs nuits à faire les comptes et les paquets ; jamais on ne les voit errer de librairie en librairie avec un cabas roulant, bourré de bouquins jusqu'à la garde ; et vous ne les rencontrerez jamais les fins de semaine dans l'un des dix mille salons du livre, rencontres, lectures ou festivals que librairies, mairies et autres vils chasseurs de subventions organisent tous les ans. Trop occupés à pavaner dans les cocktails parisiens. Et, air connu (sounds like Lise-Marie spirit), ils n'attendent pour bouger que les sous du CNL. Allez, jeune homme, au fond je vous plains. Vous avez l'amertume, nous avons le plaisir.
Commentaire n°4 posté par Le Visage vert le 26/10/2009 à 09h10
Je copie colle ta lettre, et je pense de plus en plus à boycotter ce salon

a Paris je n'ai pas trop de mérite car il y en a d'autres et de très nombreuses librairies spécialisées
Commentaire n°5 posté par Michel le 26/10/2009 à 21h03
Visage Vert… c'est Zulma, ça. Éditeur sympathique, mais pas vraiment *petit*. 
Pourquoi Zulma n'apparaît-il pas dans la liste des signataires de la lettre à M. Eyrolles ? 
Commentaire n°6 posté par François Martini le 27/10/2009 à 23h08
Pour info, j'organise un nouveau challenge susceptible de t'intéresser car il répertorie les coups de coeur de la blogosphère...@ bientôt !
Commentaire n°7 posté par Theoma le 29/10/2009 à 16h10
Cher François Martini, la revue Le Visage vert est éditée par Zulma (éditeur de taille moyenne, encore indépendant) depuis le numéro 14. Mais existe depuis un an une micro maison d'édition financée et animée directement par l'équipe du VV, et qui n'a rien à voir avec Zulma. 
Commentaire n°8 posté par Le Visage vert le 30/10/2009 à 00h31

La censure économique

 

Un groupe des premiers signataires d'une lettre adressée à M.Mitterrand, Ministre de la Culture, serait reçu au cours de la semaine prochaine par Mr Serge Eyrolles du SNE. Au-delà des attentes, cette rencontre est la suite de la confrontation entre l'édition indépendante et les organisateurs du Salon du Livre 2010 qui prétendent imposer une hausse de plus 60% au prix des stands trampoline (9M2) qui passent de 2000 euros HT à 3519 euros HT.

 

Le gestionnaire de cette politique, le Commissaire Général Bertrand Morisset, de Reed Expositions, l'avait déjà manifesté le 7 septembre 2009 lors d’une rencontre avec quelques éditeurs indépendants.

 

"L'idée de ces trampolines, c'était de filer un coup de pouce. -soulignait à l'occasion Mr. Morisset--Mais là, ce n'étaient plus des tremplins, c'étaient des coussins. On arrête tout simplement de louer à perte. Pour autant, je comprends bien la situation de ces maisons indépendantes. C'est pourquoi nous avons décidé de faire cadeau des frais annexes, ce qui représente une remise de 1000 euros, et de mettre gracieusement à leur disposition un ensemble de services. On n'est pas des vendeurs de moquette."

 

Bertrand Morisset, qui avait été renvoyé de la direction du Salon du Livre en 2002 suite à une gestion sérieusement contestée, a été appelé à nouveau aux commandes en 2009, selon lui même, "pour faire plus de chiffre d'affaires, plus d'argent et plus de négoce." Il semble oublier que la création des stand trampoline en 2002 correspond à la tentative de Reed Exposition d’enrayer la décadence de la fréquentation en ouvrant l’offre à des éditeurs plus proches de l’intérêt du public.

 

Les données statistiques le confirment.

 

Année             Visiteurs         %rapport 2000            Chute dep 2000          %rapport année prec

2009                198000            82,16                          -17,84                         20

2008                165000            68,46                          -31,54                         -11,29

2006                186000            77,18                          -22,82                           6,89

2006                174000            72,20                          -27,80                         5,45

2005                165000            68,46                          -31,54                         -10,81

2004                185000            76,76                          -23,24                            0

2003                185000            76,76                          -23,24        &

Commentaire n°9 posté par Collectif Editeurs en Colère le 03/11/2009 à 19h25

Suite au courrier que nous avions collectivement adressé à Serge Eyrolles, le SNE et Reed Expo sont revenus sur les tarifs annoncés pour les stands Trampoline au Salon du Livre 2010 et nous ont fait une nouvelle proposition que nous estimons très satisfaisante. Nous aurons donc le plaisir de vous rencontrer au Salon.

En attendant, rendez-vous au Salon des éditeurs indépendants qui depuis 7 ans offre des stands 40 fois moins chers en plein centre de Paris... pour un salon toujours GRATUIT pour le lecteur.

L’association L’autre livre organise le 7ème Salon des éditeurs indépendants du 20 au 22 novembre 2009 à l'Espace des Blancs Manteaux, 48 r vieille du Temple, PARIS 4ème (M° Hôtel de ville). 
Ce salon permet de découvrir, sur 1 000 m² au cœur de Paris,
les livres de 150 éditeurs français ou étrangers dont la production
originale contribue activement à la « bibliodiversité ». 
 Un annuaire détaillé des maisons présentes sera distribué aux lecteurs avec un badge pour la défense de l’édition. Un marque-page de L'autre LIVRE sera offert pour chaque ouvrage découvert par les 5000 visiteurs attendus cette année.
Animations. Ateliers, lecture par des comédiens, jeux autour du livre, lecture en musique, rencontres, dédicaces… seront proposés par les éditeurs dans des espaces dédiés.
Débats. Lecteurs et professionnels du livre se rassembleront autour de journalistes spécialistes du monde de l’édition pour s’interroger sur « Le livre numérique » et «Quelle politique publique pour le livre ?». Boîte à idées. Chacun pourra ainsi contribuer à la défense de l’édition indépendante durant ces 3 jours...

Salon ouvert au public
vendredi 20 novembre   de 14h à 22h
samedi 21 novembre     de 11h à 20h
dimanche22 novembre  de 11h à 20h

ENTREE GRATUITE


Commentaire n°10 posté par L'autre LIVRE le 08/11/2009 à 19h28

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