Anne Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
Mail : annesophiedemonchy
@ hotmail.fr
Twitter : @asdemonchy
Depuis quelque temps, en lisant
certains romans français, je note que les auteurs ont une idée derrière la tête : non pas écrire un texte abouti, qui vaudrait pour lui même, mais une sorte de synopsis qui sera développé
plus tard, lors de son adaptation cinématographique. On sait que les adaptations cinématographiques promettent des rentrées d’argent juteuses, bien plus intéressantes que celles de romans…
J’ai repensé à cela en lisant le dernier roman de Pascal Garnier qui sortira en janvier aux éditions Zulma. Je
n’avais encore jamais lu de romans de cet auteur mais on me l’a conseillé à plusieurs reprises sur ce blog et l’occasion s’est enfin présentée…
En découvrant le livre, je l’ai trouvé bien mince mais le titre, Le
grand loin m’a immédiatement séduit. Je me suis immédiatement plongée dans la lecture et ai trouvé l’écriture agréable. Pas révolutionnaire mais
plaisante. Simple. Les pages se laissent tourner. Mais, à la page 49, et déjà au tiers du roman, je me suis
demandé de quoi il pourrait s’agir car pour le moment il n’a été question que d’un certain Marc qui s’ennuie un peu dans son existence, adopte un chat pataud que sa compagne surnomme Boudu et
rend visite à sa fille internée en hôpital psychiatrique. Hormis le fait qu’elle s’appelle Anne, qu’elle est grassouillette et qu’elle est quelque peu étrange (mais vous vous en doutez un peu, je
suppose), nous ne saurons rien d’elle : pourquoi et comment elle en est arrivée à être internée, son passé… C’est le premier reproche que l’on peut faire : les personnages n’ont aucune
épaisseur. En refermant le roman, Anne et son père demeurent des étrangers. Certes, c’est un roman qui se veut étrange, effrayant mais un peu de psychologie n’aurait pas nui à sa profondeur.
Donc, à la page 49, je me suis décidé à lire la quatrième de couverture pour savoir ce qui devait m’attendre… Voici le résumé :
« Père placide et d’humeur conciliante, voilà Marc parti vers le sud avec sa fille Anne qu’il vient
d’enlever à son hôpital psychiatrique pour le week-end. Mais la petite escapade tourne bientôt à la cavale. Anne ne veut plus rentrer, surtout pas à l’asile. Elle veut aller loin, très loin, le
plus loin possible. Constellée d’incendies bizarres et semée de cadavres, la drôle d’équipée se transforme vite en un hallucinant road-movie ».
De quoi se mettre l’eau à la bouche : « cavale », « incendies »,
« cadavres », « road movie »… Tout cela promet d’être palpitant. Pourtant, un doute surgit : comment raconter autant de péripéties en si peu de pages ? Le livre est
fin et les pages blanches nombreuses… Mais, je ne me laisse pas abattre et poursuit donc la lecture du roman. En fait de road movie, un père et sa fille un peu limitée vont dans un premier temps
au Touquet puis à Agens. Deux êtres qui se connaissent mal et si différents l’un de l’autre, ensemble pour une virée, ça ne vous rappelle rien ? Bah voilà, vous êtes invité à lire et à
imaginer une fois de plus ces histoires mille fois racontées. Certes, il y a des meurtres et des incendies mais on est en compagnie d’une fille sortie sans permission d’un hôpital
psychiatrique…
Un autre élément m’a vraiment gênée et vous allez comprendre pourquoi j’ai commencé ce billet en évoquant les adaptations cinématographiques. Pascal Garnier écrit dans un style simple et fluide mais surtout met en scène des situations très visuelles. En lisant Le grand loin, j’ai eu l’impression de voir un téléfilm. En terminant le roman, dont je tairai la fin mais qui pour sûr ne m’a pas ravi parce que extrême, j’ai trouvé la bio de l’auteur dans le rabat de la couverture. On y apprend qu’il travaille aux scénarios de ses derniers romans : Comment va la douleur ? et Lune captive dans un œil mort. Ca vous étonne ? Moi, pas !
Derniers Commentaires