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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 19:45

Zenith-hotel.jpg Faut-il encore préciser que j’aime le travail des éditions Finitude ? Leur catalogue (Jean-Pierre Enard, Paul Gadenne, Jean-Pierre Martinet, Georges Perros, H. D. Thoreau…), le choix de leurs couvertures, du papier, de la typographie… Tout est exceptionnel. Le livre relève du bel objet et le texte de l’œuvre littéraire. Tous ces textes ont un point commun : ce sont pour la plupart des rééditions.

En ce printemps 2012, les éditions Finitude, installées à Bordeaux, soufflent leurs 10 années. Pour fêter l’événement, la maison met à l’honneur un premier roman : Zénith-hôtel du jeune Oscar Coop-Phane.

J’ai d’emblée précisé que l’auteur était jeune parce que cela se ressent dans la manière de décrire les situations, les scènes crues… On perçoit, malgré la dureté du récit, une certaine fraicheur. La deuxième de couverture présente l’auteur comme un grand lecteur de Bove, Calet, Gadenne, Caleferte, etc., auteurs pour la plupart publiés chez Finitude. Or, c’est plutôt une bonne idée, en guise d’anniversaire, de proposer un texte qui rend hommage à ces auteurs, figures de proue de la maison d’édition.

Zénith-hôtel retrace les vingt-quatre heures de la vie d’une pute. On pourrait craindre une certaine vulgarité dans le récit, il n’en est rien. Ce qui intéresse Oscar Coop-Phane ce sont les portraits de cette Nanou et de ses clients, des gens simples, ordinaires, menant des existences tristes à pleurer. Certains passages sont assez crus et ce ne sont pas ceux que j’ai préférés car moins profonds que d’autres où l’auteur tente de montrer l’humanité de ces petites gens qui cherchent un peu de chaleur auprès d’une femme qui refuse tout affect. Et pourtant, Nanou apporte écoute, réconfort, consolation.

Le roman alterne les portraits des clients menés à la troisième personne et la carnet intime de Nanou dans lequel la prostituée évoque son travail, ses manies, ses clients.

Zénith-hôtel est un récit court, mais d’une grande tendresse. On s’attache à Nanou et à ces personnages fracassés comme ce pion qui se trouve seul auprès de sa femme peu compréhensive et de ses collègues je-m’en-foutiste. Tous ces clients sont des paumés qui espèrent trouver une bouée de secours en la personne de Nanou. 

A l’instar d’un Emmanuel Bove, le style est simple et il se dégage des portraits une certaine mélancolie qui n’est pas désagréable.

Pour faire un tour sur le site des éditions Finitude, cliquez ici !

 

Publié dans : Pas mal...
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