La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinettehttp://www.lalettrine.com/2006-08-21T16:38:12Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pngUn blog sans langue de bois sur la littérature. Pour me contacter : annesophiedemonchy
[@]hotmail.frhttp://www.lalettrine.com/article-19580185.htmlLes nouveaux rois du divertissement2008-05-15T13:40:13Z2008-05-15T13:35:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html
Les Français sont
moroses : la crise économique pèse sur leurs épaules, les réformes font peur comme le chômage ou la baisse du pouvoir d’achat… Alors pour retrouver un peu de baume au cœur, ils trouvent
refuge dans le divertissement. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Guy Lagache, présentateur sur M6 de l’émission « Capital ». Pour nous le prouver, dimanche il proposait une enquête sur
les nouveaux rois du divertissement qui eux, contrairement à vous et moi, arrivent à tirer leur épingle du jeu et à ne pas se soucier de leur pouvoir d’achat.
Je ne vous rapporterai pas ce qui s’est dit sur les humoristes ou les chanteurs, je vous laisse le soin de revoir l’émission
vous-mêmes sur M6 Replay, je me contenterai de vous faire part de l’enquête sur les coulisses de l’édition, enquête qui ne manquait pas d’intérêt. Bien sûr, une enquête sur les rois du
divertissement ne pouvait se faire sans Bernard Fixot. L’éditeur montrait ses stratégies pour ne publier que des best-sellers. J’avais donné quelques recettes il y a quelques jours ici-même mais
pour « Capital », Bernard Fixot a bien voulu en donner d’autres. Pour fabriquer un best-seller donc, il faut trouver des personnages symboles d’une grande cause : Ingrid
Betancourt, Souad, la jeune femme brûlée vive par sa famille parce qu’on l’a vue parler à un garçon … Ces femmes sont des héroïnes, selon l’éditeur, et notre société a besoin de ces personnes
porteuses d’espoir. Il ne suffit pas d’avoir une histoire exceptionnelle pour que les lecteurs aient envie d’acheter le livre, il faut aussi que les auteurs soient présents sur les plateaux télé
et sachent répondre aux questions des journalistes et susciter l’émotion. Bernard Fixot nous montre ainsi une vidéo où Ingrid Betancourt s’entraîne à parler devant une caméra…
Ce qui m’a particulièrement intéressée dans cette enquête ce ne sont pas les stratégies de vente des éditions XO, mais le
portrait de l’éditeur Bertil Scali. A l’origine, Scali est une petite maison d’édition, née il y a quatre ans à peine et ne comptant que 5 employés. Sa spécialité est la musique, rock et Folk en
particulier. Elle publie également des romans, des dictionnaires sur la littérature… Bref, des livres de qualité, réservés à un lectorat confidentiel. Mais depuis quelques mois, Bertil Scali,
pour faire vivre sa maison, a décidé de changer, en partie, sa ligne éditoriale. A côté des ouvrages spécialisés, Scali publie des livres grand public. Au moment du tournage de l’enquête, Claire
l’Hoër signait son livre humoristique sur les Ch’tis, surfant ainsi sur le succès de Danny Boon. Depuis, la mère de Michel Houellebecq, Lucie Ceccaldi a fait paraître un livre qui a fait couler
beaucoup d’encre et qui, sans doute, se vend comme des petits pains : L’Innocente. Grâce à ces sujets en plein dans l’actu ou fortement polémiques, Scali parvient à toucher un
public plus large, à faire parler d’elle dans tous les médias, y compris sur M6 ! Finalement, c’est avant tout cela que montrait cette enquête : comment une petite maison (fort prolixe
au demeurant puisqu’en 2007 déjà, elle publiait 4 livres par mois) parvient à survivre voire à prospérer dans un milieu difficile.
http://www.lalettrine.com/article-19465250.htmlKafka, Nabokov sauvés des flammes2008-05-11T14:05:11Z2008-05-11T13:57:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/41/26/83/ecrivains/livres.jpg" />
La publication posthume d’un
roman de Vladimir Nabokov relance le débat sur le respect ou non de la volonté des écrivains de savoir leurs manuscrits détruits après leur mort. Le Monde des Livres, du 9
mai, consacre une grande enquête sur la décision du fils Nabokov d’éditer L'original de Laura : mourir est amusant, roman que l’auteur a écrit au cours des dernières années de sa vie et
qui demeura à l’état d’ébauche. Avant de mourir, il demanda à sa femme de détruire son manuscrit se justifiant ainsi : « la tristesse d'une vie interrompue n'est rien
par comparaison à la tristesse d'une étude interrompue ». Par souci de perfection, il ne voulait pas rendre publique une œuvre inaboutie. On le comprend… Pourtant, la journaliste du
Monde montre que Nabokov, qui écrivait toujours ses ébauches sous forme de fiches, avait une idée très précise de son roman. Jusqu’à sa mort en 1991, Vera Nabokov respecta la volonté de son mari
en gardant pour elle les fiches, mais elle ne se résolut pas à les détruire. Dès lors, ce fut au fils Nabokov de porter le poids de l’héritage. Pendant 17 ans, il hésita à publier le texte et
finalement il s’y résolut estimant que son père n’aurait pas supporté que l’on supprimât l’un des livres qu’il jugeait indispensable. On ne sait encore quand le livre sera publié mais la décision
de Dmitri Nabokov est prise.
Pourtant, ce n’est guère une décision facile à prendre. Max Brod, par exemple, l’ami et exécuteur testamentaire de Kafka ne
respecta pas la demande de l’auteur de brûler ses manuscrits, persuadé qu’il n’était guère sérieux. Ainsi, non seulement Max Brod publia les grands romans de Kafka mais en plus il se permit
quelques modifications dans l’ordre des chapitres et la ponctuation. Si Max Brod n’avait pas désobéi à son ami, nous n’aurions pas connaissance du Château ni du
Procès.
Dans ses Souvenirs désordonnés, l’éditeur, José Corti évoque Sadegh Hedayat, l’auteur de La Chouette
aveugle ( José Corti, 1953) : « Pour tracer ces deux cents pages, il fallait être Hedayat ; cela veut dire être un homme qui souffre d’un mal moral sans remède avant d’être un
homme qui écrit. Être un homme hanté de démons qui ne se laissent pas prendre au leurre d’un récit… Les démons d’Hedayat n’ont pas lâché la proie pour l’ombre. La Chouette écrite, ils
ont continué à l’habiter jusqu’à ce que, n’en pouvant plus, il en vienne à demander à la mort de l’exorciser… Ce qui donne à son geste une dimension unique, c’est que, s’étant soigneusement
calfeutré chez soi, il a anéanti par le feu la totalité de ses manuscrits avant de s’étendre pour mourir ». Et de conclure que les écrivains comme Kafka sont des hypocrites : au lieu de
brûler eux-mêmes leurs manuscrits inachevés pour être certains qu’il ne restera pas de traces de ces ébauches, ils les confient à des proches qui, un jour ou l’autre, seront tentés de les
publier.
http://www.lalettrine.com/article-19338691.htmlL'âge de cendre - André Bonmort2008-05-08T15:18:43Z2008-05-06T16:41:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/41/26/83/ecrivains/9782351220153.jpg" />
Jusqu’à présent, les
éditions Sulliver se concentraient essentiellement sur les sciences humaines, depuis quelque temps, elles commencent à publier des fictions. C’est ainsi que j’ai découvert un texte d’André
Bonmort, L’âge de cendre.
Ce n’est pas un récit dont voudrait Bernard Fixot & Co, un récit qui emporte les foules, les faisant rire ou pleurer parce
que non seulement le style relève de la prose poétique mais en plus, il n’y a gère de trame narrative. Il s’agit, je le répète, d’un récit, celui que l’humanité ferait aux hommes si elle en avait
la possibilité. Elle observe ainsi ses enfants, devenus des êtres égoïstes, destructeurs, pollueurs et irresponsables. Les courts chapitres s’enchaînent dressant un constat catastrophique de la
situation actuelle de notre planète. Tous les thèmes sont abordés : de la passivité des hommes face aux injustices sociales au déni de l’engagement politique, de l’avachissement général
à la bêtise ambiante en passant par les guerres et la mondialisation. La colère gronde à travers ces pages véhémentes et poétiques. C’est un chant lyrique que nous offre l’auteur, exalté par ses
sentiments de rage et de désespoir. Dans une langue sophistiquée, il nous met en garde contre ce monde qui s’amollit, s’abêtit passivement, s’installe dans un discours fade et consensuel. Pour
résister à ce règne de la laideur, l’auteur a choisi un style propre à dire la beauté de la langue par opposition à l’enlisement des hommes dans la vilénie, la pollution et la destruction. Il
pèse chacun des mots, les fait rimer, compte chaque syllabe pour obtenir des structures de phrases bien balancées et faire de ce texte plaidoyer un moment de poésie :
« Chaque nuit le même rêve…
… Chaque nuit, à grandes enjambées, je cours à perdre haleine, implorante, implorée. Chaque nuit, quand je suis endormie,
je cours pour tenter d’exorciser la réalité ; je cours pour essayer d’arracher mes enfants au bourbier où ils sont enlisés… ».
http://www.lalettrine.com/article-19289519.htmlComment écrire un best-seller ? La méthode Fixot2008-05-04T21:30:14Z2008-05-04T20:07:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html
Je me suis beaucoup amusée
en lisant une enquête du Figaro littéraire sur la méthode Fixot, vous savez l'éditeur qui a pour devise : "Lire pour le plaisir".
D’abord, le gage d’un bon éditeur consiste, selon Bernard Fixot, à se consacrer pleinement à ses auteurs et pour cela ne
publier que dix à douze livres par an. Or, le journaliste rapporte quelques lignes plus bas qu’en huit ans, Bernard Fixot a publié 157 romans. Si je compte bien, on atteint presque les 20 livres
par an, soit le double du chiffre avancé ! Rendons justice à l'éditeur : je crois qu'il s'agit d'une coquille de la part du journaliste... Le catalogue conterait près de 100 romans publiés à ce
jour. Pour qu'un livre se vende bien, il faut faire une part belle à la com', faire des couvertures bien voyantes et une quatrième de couv’ accrocheuse. C’est le minimum…
Ensuite, l’ « école Fixot » consiste à écrire des histoires qui touchent le plus grand nombre. Quand certains
auteurs ou éditeurs daignent affirmer qu’ils ne savent comment naît un succès, Bernard Fixot a la réponse au point qu’il n’hésite pas à demander à ses auteurs de corriger plusieurs fois leur
manuscrit jusqu’à obtenir l’effet escompté, si bien que, pour cet éditeur, on ne naît pas écrivain, on le devient. Dans l’article, on ne nous donne pas vraiment les recettes d’une histoire
porteuse mais en lisant quelques romans publiés chez XO vous devriez les retrouver…
Enfin, pour susciter un certain engouement autour d’un livre, Bernard Fixot mise sur le capital sympathie de l’auteur :
« J'ai choisi le créneau des livres populaires, et pour cela il faut travailler avec des auteurs qui ont le goût des autres ». Si vous vous contentez juste d’écrire de belles histoires
mais que vous êtes bourru voire misanthrope, allez frapper à une autre porte.
A présent, vous avez les clefs pour faire un best-seller !
http://www.lalettrine.com/article-19229441.htmlA l'ombre des humains - Lalie Walker2008-05-02T11:12:48Z2008-05-02T11:04:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/41/26/83/ecrivains/--l-ombre-des-humains.JPG" />
Je reviens après huit jours
d’absence pour vous faire part d’un coup de cœur : A l’ombre des humains de Lalie Walker, un polar publié aux éditions Atelier in-8. Contrairement à La Théorie du
k.o. que j’ai lu dernièrement, le style ici tient une place de choix. : Lalie Walker mêle une intrigue complexe à une écriture nerveuse et poétique. J’ai particulièrement aimé la façon
dont elle évoque ses personnages, tous hantés par leurs démons… Que ce soit les enquêteurs ou les suspects, ils ont tous un grain de folie, une étrangeté inquiétante…
Albertini, l’enquêteur, se trouve un peu par hasard, dans un village perdu au milieu de nulle part, où la tête d’une morte a
été tranchée et remplacée par celle d’un autre cadavre : le tueur a voulu mettre en scène un enterrement qui horrifie les villageois. Tous ont l’impression d’habiter un lieu maudit, gouverné
par un être violent et malveillant : le père Carsov. C’est le corps de son épouse qui a été profané. Vengeance ou folie ? Carsov est autoritaire, inique, violent. Il a renié ses deux
enfants : Livia et Aurèle. Sa fille, d’un caractère fort, a déclaré la guerre contre lui tandis qu’Aurèle est un garçon très fragile, une sorte de doux dingue, qui a préféré se réfugier dans
un monde imaginaire plutôt que d’affronter la réalité. Lui aussi serait capable de faire un geste inconsidéré, juste par inconscience.
Mais il y a encore de nombreux suspects qui habitent ce village mystérieux et menaçant, et de nouveaux crimes abominables
s’enchaînent inéluctablement. De toutes parts, transpire une odeur morbide où la mort est partout… Chacun la sent rôder, s’approcher irrémédiablement.
Les personnages possèdent tous une psychologie complexe et minutieusement décrite dans un style soutenu. A l’ombre des
humains est un très bon roman que l’on classe traditionnellement parmi les thrillers mais qui a l’ambition de rendre compte d’un microcosme particulièrement angoissant et indéniablement
humain.
Si vous voulez en savoir plus sur Lalie Walker, consultez ici son site
Pour découvrir les éditions Atelier In 8, c’est là
http://www.lalettrine.com/article-18990605.htmlAnnuaire des agents littéraires2008-04-23T16:27:33Z2008-04-23T16:01:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html
Suite à l’enquête sur
les agents littéraires que j’ai faite pour Le Magazine des livres (publiée dans le numéro en kiosque actuellement), j’ai reçu des mails me demandant les coordonnées de ces fameux agents. Il est
vrai qu’il n’existe pas d’annuaire, et le guide « Comment se faire éditer » donne, sans les distinguer, les adresses des agents littéraires et celles des agents (« subagents »
plus exactement) qui s’occupent de vendre les droits des auteurs français à l’étranger. On peut citer Michelle Lapautre, La Nouvelle Agence, l’Agence Hoffman, Arabela Cruze… Inutile de s’adresser
à ces agences car elles ne travaillent qu’en collaboration avec les éditeurs, une fois que le livre est publié.
Si vous voulez passer par un agent afin qu’il s’occupe de placer votre manuscrit chez un éditeur, je vous propose quelques
agences sérieuses. « Sérieuses » signifie que celles-ci vont lire votre texte, l’accepter si elles pensent pouvoir le proposer à des éditeurs, et ne vous faire payer aucun frais avant
que le livre ne soit accepté chez un éditeur. A partir du moment où vous signez un contrat, vous partagez vos droits d’auteur avec votre agent.
Les deux agences les plus connues sont celles de Susanna Lea et de François Samuelson (Intertalent). Toutes deux travaillent
uniquement avec des grosses pointures de l’édition comme Tahar Ben Jelloun, Fred Vargas et Emmanuel Carrère (pour les droits audiovisuels), Marc Lévy, etc.
Pour contacter François Samuelson :
Intertalent 48, rue Gay Lussac 75005 Paris
Téléphone : 01.47.23.40.00
Email : info@intertalent.fr
Et Susanna Lea :
Susanna Lea Associates
28 rue Bonaparte
75006 Paris
01 53 10 28 40
Il existe depuis quelques années des agences plus modestes qui souhaitent travailler avec de jeunes auteurs. J’en connais trois (si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire
part) :
- Virginia López-Ballesteros. Elle est implantée à la fois à Madrid et à Paris. Il ne faut pas lui envoyer le manuscrit
dans un premier temps, juste un synopsis de l’histoire et un bref CV par mail. Dans un second temps, elle peut demander d’envoyer les trente premières pages. Enfin, si ces pages sont
satisfaisantes, il faut envoyer le manuscrit entier par la poste. Attention, Virginia López-Ballesteros n’accepte pas les recueils de poésie ni les pièces de théâtre.
Virginia López-Ballesteros a travaillé chez Gallimard et dans plusieurs maisons d’édition espagnoles avant de décider de monter
son agence littéraire en janvier 2005.
Agence littéraire Virginia López-Ballesteros
Avda. Menéndez y Pelayo 15, Escalera Dcha, 3º 4
28009 Madrid
agencelitteraire@vlopez-ballesteros.com
- Pierre Astier était éditeur au Serpent à plumes avant que la maison ne soit rachetée par les éditions du Rocher.
Depuis, il a décidé de devenir agent littéraire.
Pour s’adresser à lui, il faut d’abord lui envoyer par mail un CV, un résumé du livre et un ou deux chapitres. Si ça lui plaît,
il demande à recevoir le manuscrit. Enfin, il corrige les textes : « tout manuscrit que je soumets à un éditeur aura d’abord été retravaillé par moi-même : je peux corriger des
problèmes de structure, de rythme, de grammaire et d’orthographe. Or, c’est un travail que ne font pas les autres agents ».
Pierre Astier & Associés
Adresse:
4, rue Frédéric-Schneider, Hall 10
75018 PARIS France
Tél: 01 53 28 14 52
E-mail: contact@pierreastier.com
- Marie-Sophie Du Montant est agent littéraire depuis deux ans. Global Literary Management est dirigé par l’ancien
Directeur général des éditions du Masque, Didier Imbot. Il est parti s’installer aux Etats-Unis pour créer une agence littéraire. Marie-Sophie Du Montant s’occupe de la succursale à Paris,
c’est-à-dire des auteurs français à destination des éditeurs français. Elle accepte divers genres : romans, BD, cuisine, documents… Concernant le manuscrit, elle déclare : « Je ne
veux pas retravailler le texte alors que la maison le retravaillera avec l’auteur. Mais les éditeurs me demandent maintenant de leur rendre un manuscrit abouti. Mais pour moi, c’est à l’éditeur
de faire ce travail. Donc, je fais de mon mieux sans pour autant me substituer avec eux ».
Global Literary Management, llc
Marie-Sophie du Montant:
tél. : 01 76 00 59 75
e-mail: marie-sophie@globallit.com
http://www.lalettrine.com/article-18925333.htmlLa théorie du K.O. - Lilian Bathelot2008-04-22T11:03:21Z2008-04-21T11:50:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/41/26/83/ecrivains/la-th-orie-du-ko.gif" />
Je ne suis pas une
grande amatrice de polars pour la simple et bonne raison que la plupart du temps c’est l’intrigue qui est mise en avant au détriment de l’écriture. Très rapidement, même si je suis prise par
l’histoire, je m’ennuie parce que le style est trop relâché.
C’est un peu le reproche que je ferai à Lilian Bathelot, l’auteur de La Théorie du K.O. L’idée de départ n’est pas
très originale mais intéressante : un flic, Lopez, découvre les magouilles politiques de Sète et décide de les dénoncer dans la presse locale. Immédiatement, les politiques concernés se
mettent en branle pour éliminer le commissaire et ses complices par n’importe quel moyen, pourvu que ce soit rapide et efficace et que les rumeurs cessent de s’ébruiter.
L’histoire est haletante, c’est vrai, on se laisse prendre par la cavale de Lopez et de ses amis. Bathelot dépeint ses
personnages avec une certaine empathie si bien que le lecteur s’attache à eux et veut savoir s’ils vont parvenir à trouver une issue de secours. Mais, je n’ai pas été touchée par l’écriture
privilégiant la rapidité des actions, leur enchaînement… De même, il n’y a pas de recherche dans la construction du roman, linéaire et si différents événements ayant peu de rapport au premier
abord, se croisent, le lecteur comprend vite leurs enjeux et l’intrigue ne repose plus que sur cette course-poursuite entre Lopez et la police. En revanche, la fin du roman est surprenante,
révoltante et laisse un goût amer.
La théorie du K.O. a déjà été publié en 2000 aux éditions Climats et réédité en mars 2008 chez Jigal.
http://www.lalettrine.com/article-18817332.htmlCa se passe comme ça chez Gibert Joseph !2008-04-17T14:10:11Z2008-04-17T13:51:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html
J’ai attendu quelques
jours, histoire que la colère retombe avant de vous faire part d’une mauvaise expérience qui m’est arrivée il y a quelques jours chez un revendeur de livre parisien bien connu : Gibert
Joseph.
Je reçois, comme vous le savez, un certain nombre de livres, c’est vrai. Mais j’en achète surtout. Des fictions comme des
essais politiques (pour mon site) fraîchement parus, des poches, des ouvrages parascolaires, des classiques… Certains livres sont intéressants, d’autres nettement moins et mon appartement (c’est
ainsi) n’a pas de murs extensibles. Il m’arrive donc quelques fois l’an de revendre les livres sans intérêt en échange de bons d’achat (je ne compte pas sur ce troc pour me faire de l’argent de
poche !). Certains livres sont repris, d’autres non. En règle générale, je comprends la logique : les livres achetés d’occasion et les éditions vieillies sont refusées. Il en est de même pour les romans ou les livres politiques périmés
au bout de huit semaines maximum. Pour ces ouvrages, il est donc préférable de les revendre le plus rapidement possible si l’on ne veut pas qu’ils encombrent ses étagères.
Tout fonctionnait parfaitement jusqu’à présent. Mais il semble que les règles aient changé. Lundi, je suis arrivée avec un sac
contenant divers ouvrages. Le vendeur, très rapidement, me demande si j’ai une carte de presse. Je suis étonnée, ne comprends pas la question.
« Non, je n’ai pas de carte de presse, pourquoi ?
- Ces livres sont neufs, on ne peut pas les reprendre »
Je suis atterrée… Je demande des explications étant donné que les livres que je lui présente ont été achetés ces deux derniers
mois chez Gibert Joseph.
« Nous n’avons pas le droit de reprendre des livres neufs. Nous avons des contrôles stricts. Si les représentants nous
demandent des comptes, nous devons leur présenter les preuves que ces livres ont bien été achetés ou bien que la personne qui les revend possède une carte de presse.
- Puisque vous ne voulez pas me reprendre mes livres « neufs », prenez au moins mes poches.
- Impossible : on prend le lot ou rien. Puisque vous n’avez pas de carte de presse, et que vous avez des livres récents,
nous ne regardons pas la suite.
Notez la mauvaise foi du vendeur qui n’avait pas envie de passer plus de temps à s’expliquer. Mais, j’ai voulu aller jusqu’au
bout de cette histoire… J’ai donc rencontré le responsable qui n’était guère plus commode. Selon lui, il faudrait, si je souhaite vendre mes livres les plus récents, garder à l’intérieur de
chacun d’eux, mes tickets de caisse.
- Et les pigistes, comment font-ils ?
- C’est la même chose : ils n’ont pas le droit de revendre ces livres s’ils n’ont pas de carte de presse.
Finalement, il n’y a que les journalistes, qui ne sont pas en situation précaire ou simples lecteurs, qui sont autorisés à
vendre des livres récents. Les autres sont priés de s’adresser ailleurs. Alors tant pis, je ne dépenserai plus mes sous chez Gibert Jospeh. Vu la concurrence dans le quartier, je ne devrais pas
avoir de difficulté à trouver mieux !
http://www.lalettrine.com/article-18708195.htmlIris, c'est votre bleu - Ariane Dreyfus2008-04-13T22:12:37Z2008-04-13T20:00:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/41/26/83/ecrivains/iris-c-est-votre-bleu.gif" />
Comme je vous
l’avais signalé au moment de la fête du Printemps des poètes, je connais peu la poésie contemporaine. Une âme généreuse a entendu ma parole et a eu envie de me faire découvrir un très bel auteur en la matière : Ariane Dreyfus, qui vient de publier au
Castor Astral un recueil de poèmes intitulé : Iris, c’est votre bleu. La fleur, c’est l’homme, et plus précisément son sexe qui s’ouvre et qui éclôt au contact de son amante. L’amour
charnel s’inscrit dans le temps et l’espace. Il est à la fois union des corps et de union de l’être à l’univers. Il est enfin une réconciliation entre soi et l’Autre :
Je te serre dans mes bras la nuit commençant.
Serrer, mais non,
Trop sombre elle ne nous laisse même pas les arbres.
Je me rapproche. Je vois encore, peut-être encore un peu, je vois le dessin d’une feuille près d’une
autre.
Chacun existe, même par terre et je ne vois plus quoi, c’est ici.
La nuit donc, au cas où on aurait oublié.
Dans l’obscurité, je vais voir tes yeux ouverts
Très doucement et très vivants.
C’est nous pas engloutis, la montagne noircie garde une seule courbe,
Et la mer, quand le soleil descend la mer brille tellement
Si l’on reste près d’elle,
Pour voir encore.
Que ton sexe se détende ou se rende
-Fente infime, lueur soulevée –
Ta douceur demande ma douceur.
On a peur qu’il suffirait d’une seule fois,
Alors se coucher
Se coucher autant de fois qu’il faudra
Pour apprendre le mouvement de l’amour sur la terre.
Si l’Amour est au centre du recueil, d’autres thèmes sont abordés comme celui des maltraitances faites aux femmes dans certains
pays ou aux enfants. Ariane Dreyfus croque en quelques mots lapidaires un événement tragique, comme celle par exemple d’ Atefeh Rajabi, une jeune iranienne, exécutée pour avoir été violée à
plusieurs reprises par un ex gardien de la révolution de 51. Se sachant condamnée à mort et désespérée, elle retira son hijab et lança sa chaussure à la figure du juge qui la pendit
lui-même :
Atefeh Rajabi Sahhaleh,
Etre Iranienne. Avoir seize ans.
Pas eu le temps, sauf quelques pas,
Une porte qu’elle voulait ouvrir.
Pour vivre, quelques pas.
Le regard échangé serait la première clef qui tourne,
L’ouverture d’un baiser,
Une chambre amoureusement.
*
Le juge a rugi.
Sera pendue et très haut, d’une grue pour bien détacher de la terre. C’est parfait.
C’est quelque chose qu’on voudrait montrer à Dieu.
Dieu n’est jamais là. Pas besoin.
Il ne dit rien à une fille qui se débat
- si furieuse qu’elle crie, criant aussi.
*
Calmement bougent une corde, une grue, un ciel s’écartant toujours plus.
Qu’ils le fassent,
Un baiser est d’une lenteur plus haute.
Plus la mort commence, plus c’est la vérité seulement
Qui caresse le cœur.
Une jeune fille qui se balance,
La mort a lieu en dessous.
Pour en savoir plus sur Ariane Dreyfus et sa façon de composer ses poèmes, je vous conseille de lire l’entretien, en plusieurs parties, qu’elle a
accordé au site Poezibao.
http://www.lalettrine.com/article-18490632.htmlLes nègres littéraires : entrez dans les coulisses de l'enquête2008-04-06T11:40:08Z2008-04-06T11:26:00ZAnne-Sophiehttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-276549.html
Jeudi dernier, Le Figaro littéraire publiait une enquête sur les nègres littéraires (merci In cold blog de m’avoir avertie). Le sujet me passionne pour différentes raisons et l’an dernier j’ai eu l’occasion d’en savoir un peu
plus grâce à une enquête que j’ai menée pour Le Magazine des Livres. J’ai rencontré de nombreux nègres qui ont bien voulu me faire des confidences. J’espérais, un peu naïvement, apprendre
de nouvelles anecdotes dans Le Figaro littéraire mais j’ai été très déçue. Dans un premier temps. Mais en y réfléchissant, j’ai réalisé combien il est difficile de rendre compte d’une
enquête sur ce sujet : les nègres vous livrent toujours le même discours maintes fois répété.
Un nègre, normalement, est tenu par le secret. Il ne devrait pas avouer dans les journaux qu’il a
« collaboré » avec tel ou tel auteur. Il devrait se contenter de dire qu’il est nègre. Et encore… Selon Anne Carrière, les nègres, qui ont signé un contrat, doivent
respecter leur engagement. Ce ne sont pas eux qui doivent se mettre en avant, mais les auteurs qui signent les livres. Ce sont eux que l’on veut lire. L’an dernier, j’ai connu
deux déconvenues : deux auteurs ne voulaient pas témoigner parce qu’ils venaient de publier un roman et ne voulaient pas être discrédités en avouant qu’ils étaient ou avaient été nègres.
Finalement, l’un des deux a accepté de me rencontrer à condition que je parle de son livre dans Le Magazine des Livres et que je ne cite pas son nom dans l’enquête. L’autre a refusé,
voulant se concentrer sur la promotion de son livre (un best-seller).
Une enquête sur les nègres littéraires est à la fois passionnante et très frustrante. Passionnante parce que
l’on pénètre dans les coulisses de l’édition. On apprend ainsi comment fonctionnent certaines grandes maisons, comment se fabrique un best-seller, et l’on découvre aussi que certains doutes que
l’on avait à l’égard d’auteurs, très occupés, s’avèrent justes. C’est grisant, c’est scandaleux aussi parfois. Enquête frustrante surtout car si les nègres acceptent sans difficulté de parler de
leur travail ou de la relation qu’ils ont avec leurs collaborateurs, dès qu’ils vous glissent des indiscrétions, ils vous demandent de couper l’enregistrement.
Les nègres aiment jouer. Leur plus grand plaisir est de lancer des rumeurs, affirmer que tel auteur a un
collaborateur. On questionne un autre prête plume qui, la main sur le cœur, vous jure le contraire en vous avertissant que si vous écrivez cette révélation, vous risquez un procès. Même si vous
avez réussi à remonter à la source, en trouvant qui écrit pour cet auteur, jamais vous ne pourrez l’écrire dans votre enquête…
Un nègre, en particulier, m’a raconté des balivernes et j’ai tout gobé. A ma décharge, j’étais au début de
l’enquête. Il ne savait pas non plus que j’allais creuser tout ce qu’il m’avait dit et me rendre compte que c’est un véritable affabulateur. Il m’a raconté, par exemple, qu’il n’avait jamais
écrit et n’écrirait jamais de romans pour quiconque. Quelque temps plus tard, je me rends chez un grand éditeur qui me dit, en passant, que le nègre en question, vient de leur remettre le
manuscrit d’un roman signé par un autre !
Il faut savoir que les nègres sont censés ne rien dire de leurs activités. Ils peuvent, à la limite, avouer
qu’ils ont écrit pour Loana, Michel Drucker ou Jean-Marie Bigard, cela n’étonnera personne. On ne demande pas à Zidane de savoir écrire mais de remporter des matches. En revanche, qu’un nègre
avoue écrire des romans à la place d’un auteur est un sacrilège. Bien peu ont osé le faire et cela ne leur a pas porté chance. Les éditeurs d’ailleurs ne font plus confiance aux bavards puisque
c’est non seulement l’image de l’auteur qui est entachée mais également la leur. Jamais par conséquent un nègre ne vous avouera avoir écrit un roman pour un autre.
Finalement, les romans sur le sujet en disent peut-être plus que les articles qui sont toujours prudents.
Tout le monde étant tenu au secret, il n’y a que par le biais de la fiction que les nègres peuvent donner quelques révélations, même si jamais, aucun nom ne sera lâché.