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Anne Sophie Demonchy
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Dimanche 4 mai 2008

Je me suis beaucoup amusée en lisant une enquête du Figaro littéraire sur la méthode Fixot, vous savez l'éditeur qui a pour devise : "Lire pour le plaisir".

D’abord, le gage d’un bon éditeur consiste, selon Bernard Fixot, à se consacrer pleinement à ses auteurs et pour cela ne publier que dix à douze livres par an. Or, le journaliste rapporte quelques lignes plus bas qu’en huit ans, Bernard Fixot a publié 157 romans. Si je compte bien, on atteint presque les 20 livres par an, soit le double du chiffre avancé ! Rendons justice à l'éditeur : je crois qu'il s'agit d'une coquille de la part du journaliste... Le catalogue conterait près de 100 romans publiés à ce jour. Pour qu'un livre se vende bien, il faut faire une part belle à la com', faire des couvertures bien voyantes et une quatrième de couv’ accrocheuse. C’est le minimum…

Ensuite, l’ « école Fixot » consiste à écrire des histoires qui touchent le plus grand nombre. Quand certains auteurs ou éditeurs daignent affirmer qu’ils ne savent comment naît un succès, Bernard Fixot a la réponse au point qu’il n’hésite pas à demander à ses auteurs de corriger plusieurs fois leur manuscrit jusqu’à obtenir l’effet escompté, si bien que, pour cet éditeur, on ne naît pas écrivain, on le devient. Dans l’article, on ne nous donne pas vraiment les recettes d’une histoire porteuse mais en lisant quelques romans publiés chez XO vous devriez les retrouver…

Enfin, pour susciter un certain engouement autour d’un livre, Bernard Fixot mise sur le capital sympathie de l’auteur : « J'ai choisi le créneau des livres populaires, et pour cela il faut travailler avec des auteurs qui ont le goût des autres ». Si vous vous contentez juste d’écrire de belles histoires mais que vous êtes bourru voire misanthrope, allez frapper à une autre porte.

A présent, vous avez les clefs pour faire un best-seller !

 

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des éditeurs
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Mercredi 2 avril 2008

 


Certains, avec raison, m’ont rappelée que j’avais omis de parler du Salon du livre, de ne pas avoir raconté les dessous de l’événement. C’est voulu !  Si je n’ai pas boycotté ce rendez-vous incontournable, j’ai évité d’y passer le week-end, journées trop encombrées à mon goût et par conséquent, je n’ai, hélas, pas rencontré d’auteurs … Je me suis dispensée également de la cérémonie d’ouverture. Bref, pour les coulisses, je crois que Mandor et quelques autres blogueurs pourront mieux vous renseigner que moi.

En revanche, j’ai profité du vendredi, très tranquille, pour découvrir des maisons d’édition installées en province et trop peu représentées en librairie. C’est ainsi que je suis passée rendre visite à une maison que je ne connais qu’au travers du site Lekti : Finitude.

Cette maison bordelaise a été créée il y a six ans maintenant, en 2002, par un couple de libraires, Emmanuelle et Thierry Boizet. Leur projet, ambitieux, est de publier des textes méconnus du grand public comme Le Vieux Zack de Herman Melville, Représailles de Raymond Guérin ou J’habite près de mon silence de Georges Perros.

 


Le catalogue s’enrichit d’environ sept titres chaque année et compte aussi bien des textes fictifs que des essais, des auteurs du XIXème que des contemporains. Les éditeurs d’ailleurs ne revendiquent pas de ligne éditoriale à proprement parler mais fonctionnent au coup de cœur.

J’ai immédiatement été séduite par l’objet livre en lui-même : il y a une véritable recherche concernant la typographie et la beauté des couvertures. Les livres sont reliés, certains demandent mêmes à être massicotés. Le papier, couleur coquille, est velouté, très agréable à feuilleter.

Dans ces prochains jours, j’évoquerai deux livres vraiment intéressants : La Reine du Technicolor de Jean-Pierre Enard et Une grandeur impossible de Paul Gadenne.

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des éditeurs
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Mardi 11 décembre 2007

Sans-titre-3.gifJ’avais envie depuis quelque temps d’évoquer un livre que j’aime beaucoup, Un Couple infernal : L’écrivain et son éditeur (publié chez Bartillat), mais je ne savais pas encore sous quel angle l’aborder. Il traite des relations passionnelles et ambiguës entre ces deux protagonistes, flirtant entre la haine et l’amour. Un essai, très clair, bourré d’anecdotes, écrit par la journaliste Sylvie Perez.

 

Et puis, aujourd’hui, Ecaterina m’a demandé de plaider une cause, celle de Stefan Coïc, auteur de Contravention, publié chez Héloïse d’Ormesson. Quel rapport avec l’essai devenu mon livre de chevet ? Stefan Coïc s’est inquiété de ne plus avoir de nouvelles de son éditeur et a adressé une lettre hyper sensible, déchirante et paradoxalement pleine d’humour à Gilles Cohen-Solal pour lui demander des comptes, exprimer ses angoisses de jeune auteur délaissé par son éditeur qu’il croit déçu par les ventes médiocres de son livre. Alors, l’éditeur a répondu à Stefan Coïc par une lettre non moins sincère et plaisante pour s’excuser de son absence. Ce qui est touchant, c’est que Gilles Cohen-Solal a voulu rendre publique cet échange sur son blog alors qu’il aurait pu le garder confidentiel. Parce que Stefan Coïc n’a pas écrit ce mail pour lui passer de la pommade mais pour lui reprocher de ne pas être là, de ne pas le tenir au courant du parcours de son livre :

 

« Voyons... ... ça doit faire six mois que,

  – Écoute j'ai pas le temps là, je te rappelle !...

 

  et encore, ça c'est sur ton portable, sinon je n'espère même plus arriver jusqu'à toi, oulala, non...

 

  

 

 

Rends-toi compte, on ne s'est pas parlé depuis que Contravention est sorti !!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Oui oui, vas-y, repasse-toi la bande...!

 

Rien...

 

Rien de rien, je sais que dalle sur son parcours, que dalle de ton opinion sur son parcours "commercial", que dalle de comment il a été perçu, que dalle des retours que vous avez eus sur lui... (je t'avais prévenu au début pour le "vous", eh ben voilà, ça arrive, c'est malin).

 

Bonjour l'angoisse !

  Bonjour les encouragements !!

 

  C'est vachement engageant sur l'avenir !!

 

  C'est si pitoyable que ça, les retours sur Contravention ???

 

  Alors c'est fini, on fait plus un bout de route ensemble ? Tu crois plus en moi ??

  

Et viens pas me dire que t'es désolé ! parce que t'as forcément cinq minutes pour m'appeler !

  Et si tu les as pas, prends les !... »

 

 

L’auteur m’a fait sourire (je partage l'avis général sur cette maison) lorsqu’il remarque  : « Il m'arrive, hélas, de lire, malgré moi et par hasard — et de toi à moi, je préférerais pas lire ce genre de conneries — que chez Eho on choie ses auteurs, d'aucuns d'ailleurs s'en félicitent, ne jurent plus que par là, je lis même qu'ils angoissent dans un protable (non, un portable, pardon) tard le soir, mais c'est comme ça, un auteur, ça s'épanche à 22h, dit-on, mais moi qui me tiens bien — oui parce que je n'appelle pas à 22h, moi, j'appelle uniquement quand tu es à 6000 kms d'ici, moi ! —, je ne vois rien de tout ça — bon il se peut que ça n'existe pas, d'ailleurs... — et donc — d'ailleurs non, ça n'existe pas, la preuve —, et moi qui me tiens bien, donc, je me dis que je dois être banni. Ou indésirable, ou je ne sais quoi encore... »

 


Cet échange nous permet de percevoir la familiarité instaurée entre l’auteur et celui en qui il a placé toute sa confiance. Les deux hommes parlent librement de leurs doutes, angoisses et souffrances. Gilles Cohen-Solal évoque en effet des circonstances extérieures qui l’ont mené à ce mutisme et Stefan Coïc craint que Eho refuse son prochain manuscrit à cause des ventes passables de son premier roman. Il est question ici de rapports humains. L’auteur se sent délaissé par son éditeur, moins aimé parce qu’il a déçu et angoissé à l’idée d’être rejeté à l’avenir. De son côté, l’éditeur fait amende honorable pour reconquérir la confiance de son auteur.

 
 


par Anne-Sophie publié dans : Le coin des éditeurs
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Dimanche 25 novembre 2007

Gallier.jpgJimmy Gallier, le directeur de collection de polars chez Jigal, a eu la gentillesse de me transférer un dossier consacré à sa maison et publié sur le site Pol'Art Noir, dossier me permettant d’en savoir un peu plus sur cette toute petite structure qui existe depuis déjà 21 ans.

 
Que publient les éditions Jigal ?

Jigal s’est installée à Marseille il y a 21 ans. Tous les romans évoquent le Sud, Marseille en particulier et racontent des intrigues policières originales.

Les éditions Jigal, au départ, publiaient chaque année un Guide de la musique. Jimmy Gallier, pour varier les plaisirs, s’est lancé dans l’aventure du polar. C’est l’écrivain Gilles Del Pappas qui lui a apporté son premier manuscrit : Le Baiser du Congre. Comme le roman s’est bien vendu, Jimmy Gallier a développé cette collection en publiant d’autres auteurs, onze jusqu’à présent, tous originaires du Sud de la France, quasi tous fidèles à sa maison. C’est en effet une politique d’auteurs que l’éditeur essaie d’instaurer. Pourtant, s’ils évoquent tous leur région dans leurs polars, les auteurs ne font pas pour autant de polars régionalistes. Ils parlent du Sud, mais les thématiques qu’ils abordent dépassent largement le cadre de leur région. En effet, Train Bleu Train Noir aborde le thème des camps de concentration, Putains de Pauvres !, celui des SDF.

 
Quelle est la ligné éditoriale ?

 Une idée, au-delà du simple fait que ces polars racontent le Sud, réunit les différents auteurs : « Nous nous inscrivons dans la lignée du polar méditerranéen… Montalban, Camilleri, Khadra, Markaris, Sciascia et d’autres encore… Ces auteurs ont des tas de points communs, comme habiter sur les bords de la grande bleue, en aimer la lumière et les ombres, adorer les plaisirs de la vie, de la bouffe par exemple et à travers leurs écrits, avoir une grande gueule, être critique, toujours, pour le plus grand bien de la démocratie ! C’est dans cette direction que l’on souhaite se développer. Alors si des auteurs en herbe et originaires du bassin méditerranéen ont des choses à dire, qu’ils nous contactent sans hésiter ! Par ailleurs, nous essayons de publier des romans qui ont du « sens »… Tant qu’à couper des arbres, autant que cela serve à quelque chose. Alors polar social, polar politique, polar qui gratte où ça fait mal, je ne sais quelle étiquette « coller » là-dessus, mais l’important est que les lecteurs s’y retrouvent ! »

La réécriture des manuscrits n’est pas monnaie courante. Les auteurs sont libres d’écrire ce qu’ils veulent et comme ils veulent. Maurice Gouiran ajoute qu’il arrive à l’éditeur de demander à l’auteur de raccourcir un passage trop long pour rendre le roman plus dynamique.

 
Une politique d’auteurs ?

Maurice Gouiran et Gilles Del Pappas sont les deux auteurs-phares de la maison. Guoiran, il y a huit ans, a envoyé son premier polar à différentes maisons sans trop y croire. Jimmy Gallier s’est montré intéressé non seulement par son manuscrit mais par l’idée que l’auteur lui en présenterait d’autres. Il vise donc une collaboration à long terme.

 
Quelles sont les caractéristiques d’une petite maison indépendantes ?

Jigar publie entre six à huit romans par an ce qui leur permet  de maîtriser toute la chaîne du livre. C’est elle qui s’occupe du choix des livres, comme de la maquette et du marketing. C’est Jimmy Gallier qui lit les manuscrits et les sélectionne. Il effectue donc des choix subjectifs, parfois « injustes » mais c’est selon lui, ce qui constitue la « force » de la maison.

Jigal est diffusé et distribué par ses propres soins, ce qui présente l’avantage d’avoir un rapport direct avec les libraires mais l’inconvénient d’être peu représenté dans les librairies.

En ce qui concerne les stratégies marketing, Jigal s’invite dans des salons du livre, participe à des prix littéraires, propose des publications en format poche…


On pourrait simplement regretter le fait qu'une petite maison indépendante, qui fait du polar marseillais mais ouvert aux thématiques plus larges, soit réduite à une diffusion régionale...

 

Adresse postale :

Éditions Jigal

27, cours d'Estienne

13001 Marseille

 

Adresse Internet :

Site : http://polar.jigal.com

Mail : info@jigal.com

par Anne-Sophie publié dans : Le coin des éditeurs
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