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Anne Sophie Demonchy
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Vendredi 11 janvier 2008

pub-t--l--.jpgJe suis perplexe, mais peut-être allez-vous réussir à éclairer ma lanterne… Il y a quelque temps, je vous avais signalé que Nicolas Sarkozy avait reçu à l’Elysée les grands éditeurs parisiens pour leur demander au cours des deux prochains mois de réfléchir à des projets mettant en avant le livre à la télévision. Ces projets sous-entendent non seulement les émissions littéraires mais, et cela a causé une vive polémique au sein du milieu éditorial, aussi la publicité des livres. Sitôt partis, les éditeurs se sont mis au travail…

Mais, coup de théâtre hier : lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il compte supprimer la publicité sur les chaînes de télévision publiques ! Je ne vais pas m’offusquer d’une telle décision, mais… si les éditeurs ont encore la possibilité d’avoir recours à la publicité pour faire la promotion de leurs livres, cela sous-entendrait-il qu’ils la feraient sur TF1 et M6, chaînes où précisément la culture livresque est quasi voire totalement absente (sur M6) ?

par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine se mêle de politique
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Mardi 18 décembre 2007

tv.jpgComme vous le savez, la politique s’immisce partout, notamment dans l’édition… Et comme ces deux domaines me passionnent, je ne pouvais passer outre cette information qui me paraît quelque peu préoccupante. Il y a 8 jours déjà, le président de la République, Nicolas Sarkozy a reçu, pour un déjeuner à l’Elysée, le Syndicat national de l’édition et quelques éditeurs pour leur demander de lui faire des propositions d’ici à deux mois pour donner une plus grande place des livres à la télévision. Qu’y a-t-il de préoccupant ? On devrait se réjouir d’une telle proposition qui veut encourager la culture à la télévision. Le problème c’est que les éditeurs comme le SNE ne peuvent rien faire en ce qui concerne la programmation d’émissions littéraires ni même la présence d’auteurs sur les plateaux de talk show. En revanche, les éditeurs peuvent être présents à l’écran grâce à la publicité. Or, depuis de longues années, le SNE comme les éditeurs dans leur grande majorité sont opposés à la publicité des livres à la télévision expliquant que cela creuserait des écarts entre les groupes et les petites maisons indépendantes bien moins riches. Nicolas Sarkozy rejette cet argument en mettant en avant le fait que ce qui bon pour les best-sellers l’est également pour la profession du livre. Les éditeurs doivent donc selon lui se tourner vers plus de modernité. La modernité insinue-t-elle que l’on ne produise plus que les livres formatés ou à succès ? Parce que si les éditeurs veulent être compétitifs et assurer des plages publicitaires, ils devront produire des livres vendeurs.

 

C’est également la première fois qu’un président de la République prend part dans la polémique sur la publicité des livres à la télévision. Pour appuyer sa décision (parce que, vous vous en doutez, Nicolas Sarkozy n’est pas un homme à laisser traîner les choses…), il utilise l’argument des jeunes rejetant la lecture. Depuis de longs mois, on ne cesse de répéter que les jeunes ne lisent plus, préférant la télévision et les jeux vidéo. Alors si les jeunes ne vont pas vers les livres, les livres iront vers eux grâce aux spots publicitaires à la télévision ! A voir… J’aurais beaucoup de développements à faire sur les jeunes et la lecture mais je risquerais de m’égarer. Je  crois simplement que ce n'est pas en voyant une pub sur un livre qu'un réfractaire à la lecture aura envie  de  se  procurer en se disant qu'il va passer un bon moment...

 

Enfin, la presse est très frileuse quant à cette proposition. Déjà très affaiblie par Internet, elle craint de ne plus avoir de pages publicitaires achetées par les éditeurs qui préféreront, s’ils en ont les moyens, investir à la télévision.

 

Je suis bien consciente que ce projet bientôt mis à exécution est avant tout économique, il n’est que peu question de littérature. Je crains surtout que de plus en plus nous nous engouffrions vers l’image. On peut en effet imaginer que si les éditeurs font des spots publicitaires, les auteurs seront mis à contribution. Dès lors, ce sera leur apparence physique qui sera mise en avant plutôt que leur livre.

par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine se mêle de politique
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Jeudi 5 avril 2007
Je découvre une initiative audacieuse et vraiment nécessaire : La Maison des Ecrivains et la Société civile des auteurs multimédia font signer un manifeste demandant à l'Etat de prendre ses responsabilités en demandant de programmer, à la télévision, aux heures de grande écoude, des émissions littéraires dignes de ce nom. L'objectif est de redonner envie aux téléspectateurs le goût pour la culture et la lecture. Les émissions que nous propose depuis quelques années le petit écran ne nous engagent point à la réfléxion ni à l'ouverture d'esprit.

Ce manifeste doit être envoyé aux différents candidats à l'élection présidentielle, "
leurs réponses et leurs engagements, décisifs pour notre avenir, seront par nos soins, publiés dans la presse". On peut espérer que ce texte suscitera l'intérêt des candidats qui, pour le moment, demeurent discrets sur le thème de la culture. Nombreux sont ceux qui veulent une école de l'excellence (Royal, Sarkozy, Bayrou et même Besancenot qui repousserait à 18 ans, l'âge minimum de quitter l'école) mais ils sont rares ceux qui ont un programme sur le développement de la culture et des arts.

Je doute de la réussite de cette requête. Les candidats ne veulent pas se compromettre et risquent d'esquiver la demande. Mais l'initiative est bonne et si les candidats ne veulent évoquer ce thème, nous, citoyens et internautes, pouvons, à notre niveau plus que modeste, lancer le débat. Les émissions littéraires et culturelles à la télévision vous satisfont-elles ? Comment imaginez-vous l'émission idéale ?



par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine se mêle de politique
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Dimanche 25 février 2007

Je viens d’évoquer le dossier de Télérama dans lequel les candidats étaient appelés à s’exprimer sur la culture. Dans un des commentaires, je m’étais moquée de Ségolène Royal qui a non seulement demandé un délai de quelques jours pour réfléchir à ses goûts en matière de culture – parce qu’à ce moment-là, on la prenait à l’improviste – mais en plus, a renvoyé un fax pour déclarer qu’elle «ne déteste aucun livre et aime tous les films français ». Je me marre. Bravo les conseillers ! Mettre plusieurs jours pour souffler une idée pareille ! Ca donne aussi une piètre idée des intérêts de notre candidate pour la culture.

Mais il y a mieux, parce que celui-ci a des très bons conseillers : Nicolas Sarkozy. Le candidat UMP quant à lui a aimé Les Bienveillantes, qu’il a bien sûr lu d’un bout à l’autre. Quand l’équipe de journalistes tique, Sarko bondit et tire de son sac de voyage le bouquin. Je m’inquiète du degré de mégalomanie de notre pauvre candidat prêt à tout pour nous faire croire qu’il connaît et aime les « vraies valeurs ». Pourquoi a t-il dans son sac de voyage un pavé de 900 pages et de plusieurs kilos, s’il l’a déjà lu ? Non pas parce qu’il préparait la venue des journalistes et qu’il voulait avoir le livre sous la main. Sans doute pour relire ce « chef d’œuvre ». En effet, en octobre dernier, il était invité chez FOG sur France 5. A la fin de l’émission, auteurs comme invité politique doivent conseiller un livre. A l’époque déjà, Nicolas Sarkozy avait brandi Les Bienveillantes ! C’est plus de l’amour…

A agir ainsi, les politiques perdent tout crédit. Littell a obtenu le Goncourt, a reçu les éloges de la majorité des critiques littéraires, il a donc un certain aura en France. Mais le citer à chaque entretien culturel, c’est prendre les citoyens, attentifs, pour des autistes. 

par Anne-Sophie publié dans : La Lettrine se mêle de politique
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