La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette

 

    Encore un roman qui ne m'a pas séduit... A croire que je le fais exprès, que je me place au-dessus des autres, au-dessus des auteurs, moi qui ne me contente que de lire des livres pour le critiquer ensuite. N'ai-je rien de mieux à faire ? Un hobbie, un sport, de la poterie voire du respassage au lieu de m'attaquer aux romans de la rentrée... Mais croyez-moi mon hobbie est la lecture et mon objectif n'est pas de casser les romans. Pourtant, il se trouve que j'ai fait quelques mauvais choix... Cette fois encore, j'ai été déçue d'un roman qui parassait pourtant prometteur : Mémoires de porc-épicd'Alain Mabanckou (aux éditions du Seuil). Le roman de cet universitaire, Verre Cassé (en 2005), remporta en effet un vif succès et obtenu trois prix littéraires. Ce  livre était donc attendu avec impatience...

Dans ce dernier roman, l'auteur parodie les légendes et récits africains. Ici, un porc-épic prend la parole et raconte ses mémoires. Le roman débute avec la mort de Kibandi, son maître. En effet, selon la légende, tout être humain possède un double animal. En général celui-ci est bon et loyal. Cependant, il existe également des doubles nuisibles chargés d'accomplir divers crimes pour leurs maîtres. C'est le cas de ce porc-épic. Celui-ci dût, au cours de l'existence de Kibandi accomplir moult crimes avec ses piquants pour venger son maître d'une injustice voire simplement d'une taquinerie. Le porc-épic raconte ainsi sa vie de meurtrier zélé au service d'un maître inconséquent.

D'emblée, le lecteur est surpris de ne trouver dans ce roman aucune majuscule en début de phrase ni de point de ponctuation. L'auteur a certainement voulu imiter le souffle des conteurs. De même, il utilise un langage courant voire familier pour retranscrire au mieux la parole orale. Comme dans tout conte africain, le narrateur a recours à de nombreux proverbes pour justifier ses gestes ou amorcer une réflexion : « à force d'espérer une condition meilleure, le crapaud s'est retrouvé sans queue pour l'éternité » ou bien « le poisso qui parade dans l'affluent ignore qu'il finira tôt ou tard comme poisson salé vendu au marché ». Malgré ces différents ingrédients réunis et qui aurait pu faire le charme de ce livre, la sauce ne prend pas... L'histoire tarde à commencer et s'étire en longeur; certains propos manquent de finesse. Je n'ai pas retrouvé l'enthousiasme que j'éprouve en lisant Hâmpaté Bâ ou Kourouma...

Jeu 28 sep 2006 7 commentaires

C'est la deuxième fois que je prends connaissance d'un commentaire peu élogieux sur ce livre. L'amie qui m'en a parlé a également été gênée part le manque de ponctuation. Elle a trouvé la lecture essouffante et finalement épuisante !

sylire - le 28/09/2006 à 21h40
OUi... à chaque fois je m'en veux de présenter un livre qui ne m'a pas enthousismé... mais j'essaie d'expliquer pourquoi et laisse le champ libre au débat...
Anne-Sophie
Je réagis à ce commentaire, ce livre d'Alain Mabanckou n'est pas son deuxième roman. Certe il est dans la même veine que Verre Cassé. Livre que j'ai lu d'ailleurs, et j'ai été soulé je n'ai pas du tout adhéré à ce style. Mais il se trouve que depuis qu'il a changé de maison dédition avant il était au Serpent à plumes. Il est au Seuil maintenant, il est embarqué dans un style d'écriture marketing à mon goût car c'est avec ces deux romans qu'il est devenu très médiatique.
Moi, j'ai lu des livres de lui quand il était au Serpent à Plumes.
(voir mon blog pour : Les Petits fils de Vercingétorix roman violent dans la veine Kourouma (il est sorti en poche édition point).
Puis ensuite il a écrit un livre drôle African Psycho, un serial killer - looser. Puis il a changé de maison d'édition pour le Seuil et nous arrivons au point de départ.
Au paravant il a écrit de la poésie aussi, donc en un mot c'est loin d'être un débutant. Voilà le petit complément d'info concernant Alain Mabanckou
Alice - le 29/09/2006 à 11h13
Merci infiniment de ces précisions... En allant sur ton blog j'ai pu constater que tu donnais un lien avec le blog de Mabanckou. J'y ai évidemment jeté un coup d'oeil !

Au plaisir de te relire
Anne-Sophie

Tu évoqes Hampate Ba et Kourouma que j'ai beaucoup aimé si tu aimes la littérature africaine je te conseille Buchi Echemeta (sur mon blog) et surtout  Ben Okri et Nuridhin Farah

Hervé - le 01/10/2006 à 11h01
Eh bien, je ne manquerai pas de passer sur ta page et lire ton billet!
A bientôt, donc
Anne-Sophie

Bonjour Anne-Sophie,


Je suis plutôt attirée par les romans qui nous emmènent là où on a pas l\\\'habitude d\\\'aller. Mais, comme toi, ce "Mémoires de porc épic" que je trouvais plein de promesses m\\\'a laissée sur ma faim. Je crois que c\\\'est surtout une affaire de style. J\\\'ai eu du mal...


Par contre, je ne sais pas si tu as lu "Exil parole de carpe" de Bruno Pachent. Ce sont en quelques sortes ...les mémoires d\\\'une carpe. L\\\'histoire est envoûtante et j\\\'ai adoré le style très fluide. En attendant d\\\'avoir moi aussi mon blog (j\\\'y pense...) je l\\\'ai beaucoup conseillé autour de moi et je n\\\'ai fait pour l\\\'instant que des heureux...

paola - le 17/10/2006 à 17h48
Non, je ne connaissais pas ce livre, mais je vais de ce pas l'emprunter en bibliothèque. Merci du conseil!!
Anne-Sophie
Il faut croire que la famille Renaudot ne voit pas les choses comme nous !!
paola - le 06/11/2006 à 17h58
Exactement !
sylire - le 06/11/2006 à 18h54

Quel roman enthousiasmant... Il y a tout dans ce roman, humour, ironie, satire...


Prix largement mérité

Carine - le 12/12/2006 à 10h04